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Les Echos du Sud-Ouest

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Terrorisme au sud-ouest : Attention aux prêcheurs qui harcèlent nos populations


Dans la semaine du 20 au 27 mars 2022, un groupe de personnes a sillonné certaines  localités de la province du Poni avec l’alibi de  prêcher l’islam.  Une action qui a inquiété plus d’un au regard du contexte national marqué par les actes terroristes.  Qu’en est –il exactement de cette supposée croisade ?

La rédaction de Bafujiinfos.com a été alerté plusieurs fois par des citoyens inquiets. Parmi les messages reçus, celui-ci «  D’après qu’une dizaine d’étrangers sont venus à ……(expressément nous enlevons le nom de la localité) et qui dormaient à la mosquée. Ils se sont promener connaître tout le village, longer le  fleuve, ils ont parcouru tous les pistes et routes qui mènent dans les villages environnants, ils faisaient des apparitions dans la brousse ».

En effet plusieurs mosquées des villages de la province du Poni  ont été visités par des  prêcheurs . Si l’on s’en tient à leur ordre de mission dont Bafujiinfos a obtenu copie ces individus ont été mandatés par une association basée à Ouagadougou. Il est mentionné que ces derniers devront faire des prêches dans les mosquées de la province. Si dans certains villages, ils ont été purement chassés, ils ont par contre réussi à prêcher dans certaines localités et faire du porte à porte. Dans certaines familles à l’occasion du porte à porte selon nos informations, ils ont été refoulés. Une réaction de ses populations qui a suscité de leur part une plainte auprès des autorités en l’occurrence des préfets.

Nos informateurs relatent également que ces missionnaires auraient sillonné les artères qui relient certains villages au chef-lieu de la ville. Il nous revient que certains ont débarqué dans des villages sans prendre attache avec leurs hôtes. Ces derniers une fois dans les villages se renseignent sur les familles musulmanes afin d’élire domicile chez ces derniers. Des familles ont affirmé à Bafujiinfos.com qu’ils n’ont jamais été prévenu d’une quelconque mission.

Cette démarche suscite un questionnement, pourquoi maintenant ? Quel est le contenu du message véhiculé ? Et quel en est le dessein ? Est-ce une façon de se trouver des adeptes dans le but de faire du sud-ouest une zone des terroristes.

Des interrogations sommes toute légitimes, quand on sait que cette stratégie de prêche a servi de paravent à l’incitation à la haine religieuse. Ce qui a eu comme conséquences l’expansion des activités terroristes dans certaines localités du pays.  Rappelons-nous de Malam Dicko à Djibo qui à travers ses prêches a radicalisé plus d’un et on connait aujourd’hui les conséquences. Bref eu égard de cette donne l’œuf ne devrait pas danser pas avec la pierre.

L’ordre de mission dont dispose ces porteurs de la parole d’Allah (du moins d’après eux) comporte des éléments qui méritent que l’on s’y penche dessus. Primo, il comporte une liste de 10 personnes tous originaire de la région du sud-ouest si on se fie à leur patronyme. Est-ce là une stratégie pour se faire accepter facilement ? deuxio notons qu’en lieu et place des dates d’expiration de la CNIB sur l’ordre de mission, ils y sont mentionné leurs dates de naissance. Autre faits troublants, dans les villages visités ils disent être venus de Gaoua pourtant l’ordre de mission indique qu’ils ont été envoyé par une association basée à Ouagadougou. Aussi, l’ordre de mission précise qu’ils sont dans la province du 27 Mars au 08 Avril 2022, alors qu’ils ont commencé leur mission avant cette date. Le comble cet ordre de mission a été visé par un commissariat de police, on se demande d’ailleurs comment on peut viser un tel ordre de mission truffés d’incohérence ?

Qu’à cela ne tienne, cette démarche peut être pavée de bonnes intentions mais il faut être prudent car des gens tapis dans l’ombre pourraient profiter de la situation pour tirer sur les ficelles et surtout radicaliser les populations.  Il n’est évidemment pas de notre intention de ne pas accorder le bénéfice du doute à ces prêcheurs, mais le contexte national recommande à la prudence et à la prévention. Il ne faudrait pas laisser le fantôme entrer dans la case avant d’entreprendre de l’en chasser.

 Le cas palpable c’est celui de 2019. L’activiste Djopapy avait alerté sur la présence d’écoles médersa qui se trouverait dans des forêts de Djigouè. Aujourd’hui cette commune n’appartient plus à l’Etat Burkinabè du fait des incursions terroristes.

Il est impérieux que les populations et les autorités ouvrent l’œil et le bon en cette période difficile de notre pays. La veille citoyenne pour rejeter et chasser tous ceux qui voudraient profiter de la situation. L’Etat ou les FDS n’y peuvent rien sans une véritable implication des populations. A Dano par exemple il   nous  revient que les autorités et les populations ont purement et simplement refoulées ces missionnaires. L’on doit être sans état d’âme pour ceux qui utiliseraient la religion, la famille ou l’ ethnie pour déstabiliser notre pays.

A la communauté musulmane, la FAIB , le CERFI et l’AEEMB qui sont des structures sérieuses, elles doivent prendre les devants pour recadrer et dénoncer tous ceux qui utilisent la religion à des fins personnelles ou pour des desseins inavoués. Que ce soit à Gaoua, Bouroum-Bouroum, Nako, Dapola ou Malba qu’ils ont sillonné, des musulmans vivent dans ces localités depuis plus de 50 ans. La cohésion entre musulmans, chrétiens et traditionnalistes est de mise. A Dapola par exemple lors d’un reportage sur la destruction de fétiches et des symboles du village  sur ordre d’un marabout , un traditionaliste disait ceci en substance « Nous allons à leurs funérailles et eux aussi viennent à nos évènements heureux et  malheureux. Nous leur apportons ce que nous avons de plus précieux ».

Ce dépositaire de la tradition Birifor ne comprenait pas pourquoi, les jeunes à majorité musulman sur ordre d’un marabout s’en prenait à leurs fétiches et symboles. Cet exemple pour illustrer les relations de convivialité qui existent entre les populations issues de différentes religions mais comment un petit fait peut détériorer les relations vieilles de plus de 30 ou 50 ans.

Dalou Mathieu DA



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7 thoughts on “Terrorisme au sud-ouest : Attention aux prêcheurs qui harcèlent nos populations

  1. Kambou Sié Elie

    Grand merci à Bafujiinfos pour ce formidable travail d’alerte, très bien élucidé.
    Vivement que les services de renseignement se mettent durement au travail et que nos populations soient au veille pour barrer la route à toute mauvaises intentions. Merci

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    1. PODA

      Merci bien à Dalou Da, pour ces informations. Vivement que nos autorités anticipé et vivement plus de vigilance de la part des populations.

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  2. Kambou Sie

    Merci beaucoup à Bafujiinfos.com pour cette alerte aussi importante. Vivement que la population comprenne ce message et se mette la main dans la main afin de chasser ses individus car ils constituent le canal d’infiltration des terroristes. Merci

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  3. BAZIE

    Nous sommes en état de guerre contre le terrorisme. On n’a pas besoin d’y réfléchir par deux fois au vue de ce que j’ai lu, ces terroristes sont en inspection. Ils doivent être purement et simplement renvoyés.

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  4. Victorien Sansan KAMBIRÉ

    Merci pour ce veille perpétuel, tout le Sud-Ouest ce doit d’être solidaire et regarder dans la même direction afin de bouter hors de notre espace toute idée ou action de nature xénophobe et terroriste.. en avant pour un mieux vivre de nos peuples.

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  5. DA

    C’est déjà difficile si les choses se sont déroulées ainsi, l’erreur est fatale et les conséquences seront à sa taille
    Quelle drôle de situation !!!!

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