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Les Echos du Sud-Ouest

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Maimounata WONI: « Le poisson est ma source de vie »


 « la participation de la femme à la gouvernance : Défis et perspectives « . Si ce thème a pour objectif d’inciter les femmes à s’intéresser à la gestion du pays, eh bien ! il ne concerne pas toutes les femmes du Burkina puisque la majorité d’entre elles n’ont pas eu la chance d’aller à l’école ou encore d’aller loin à l’école. Cependant leur combativité et leur courage sont remarquables et méritent une admiration et surtout un encouragement. C’est le cas de Maimounata WONI, une femme rurale, mère de 10 enfants pêcheuse de poisson à Toma-île. Localité située dans la commune rurale de Dî dans le Sourou.

 

 

Grande de taille, teint clair, calme et souriante, Maimounata est la première femme de SABO Drissa. Elle pêche le poisson, le fume avant de le livrer aux acheteurs à Toma-île, il y’a de cela trente (30) ans.

« Je n’ai même pas terminé une année scolaire. On m’a inscrite à l’école dans mon village à Dî quand j’étais petite, le maître nous maltraitait, c’est pourquoi j’ai fui pour venir rester chez ma grand-mère ici à Toma-île. Quelques années après je suis allée en Côte-d’Ivoire. J’y ai fais deux ans et je suis revenue. Pendant tout ce temps je ne savais pas pêcher. C’est exactement après mon mariage que j’ai commencé cette activité. Je ne suis pas la seule. Ici à Toma-île, il n’y a rien d’autre à faire, si ce n’est la pêche. C’est ce que tout le monde fait, nos maris, et nous, même les enfants pêchent. »

Si vrai que Maimounata est devenue pêcheuse par contrainte, aujourd’hui ce métier semble lui profiter énormément puisqu’avec ses revenus, elle arrive à subvenir à ses besoins élémentaires. Et selon les dires de son mari, elle contribue beaucoup aux dépenses de la famille.

. « Souvent, je peux être en voyage ou malade ou encore fauché ; en ce moment c’est Maimounata et sa petite sœur (la deuxième femme) qui prennent en charge toutes les dépenses de la maison. En fait nous sommes comme les deux cotylédons de la noix de cola, nous nous complétons »

Comme si c’était pour éviter que ses enfants ne soit dans la même situation qu’elle, Maïmounata aide aussi son mari à payer la scolarité de ces derniers. 09 d’entre eux sont actuellement des élèves à Gouran ou à Benkadi : deux villages voisins de Toma-île. La dixième est une fille de 04 ans. Elle pourrait rejoindre ses frères et sœurs dans quelques années. Après l’accouchement notre pêcheuse suspend son travail pour quelques mois. « Il faut que l’enfant ait trois mois. En ce moment, je l’emmène avec moi. Je le dépose dans la pirogue. S’il pleure je le tète et je continue mon travail ».  

Des difficultés, Maimounata en rencontre souvent, mais cela ne peut l’empêcher de se battre pour le bien-être de sa famille. « Dans le fleuve du Sourou, vivent des hippopotames qui nous font peur souvent, mais Dieu merci, nous ne nous sommes jamais croisés ». dit Maimounata. Après la pêche il faut fumer le poisson avant de le vendre. Malheureusement, il n’y a pas de bois à Toma-île. Ce qui amène souvent Mme WONI et ses camarades sont obligées de parcourir 13 km sur l’eau pour aller à « la pêche » du bois afin de fumer leurs poissons. Les difficultés que vit Maimounata sont comme une goute d’eau dans la mer par rapport à celles de son village en général.

En plus du manque de terres cultivables à Toma-île, les habitants n’ont pas accès aussi aux services sociaux de base. Pas d’école, pas de centre de santé. L’on est en droit de se demander si Toma-île est un village laissé à lui-même. Vivement que les autorités ou les personnes de bonne volonté viennent en aide à ces Burkinabés installés ici à Toma-île.

 

Oumarou Sidibé




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