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Les Echos du Sud-Ouest

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Gaoua : Dans l’univers des vigiles au féminin


La sécurité privée n’est plus le seul domaine d’activité  des hommes.  Des femmes s’engagent de plus en plus dans la sécurité privée des biens dans les lieux publics et habitations à Gaoua. Elles se distinguent par leurs tenues de travail et ont toutes une raison de s’intéresser à cette activité. Des femmes dévouées pour le travail mais confrontées à une panoplie de difficultés. Bafujiinfos est allé à la rencontre de certaines d’entre elles pour comprendre leur quotidien.

Devenue agent de sécurité par la force des choses après son retour de la Cote d’Ivoire, Abigaël PALENFO élève inscrite aux  cours du soir exerce cette activité de vigile pendant ses temps libres. « C’est un jour, je partais à l’école avec une de mes amies.  Le responsable de la société de gardiennage nous a proposé le travail et j’y suis allée parce qu’en dehors des cours que je prends à l’école les soirs, je n’ai rien à faire et me lever m’assoir du matin au soir ne me plait pas. J’ai des besoins en tant que fille  et je ne veux pas être à la charge de quelqu’un » nous confie-t-elle.

Comme PALENFO, ce sont de nombreuses  femmes qui travaillent dans ces sociétés de gardiennage pour diverses raisons et dont le dénominateur commun est : « vivre dans l’intégrité et dans la dignité malgré les prédispositions de se faire du gain facile ». Ivette SOME est  à sa deuxième année d’agent de sécurité privé  au Centre Hospitalier Régional de Gaoua (CHR/G). A en croire cette femme, « Après une mésaventure avec mon époux, je ne savais plus quoi faire pour payer mon loyer. Mes parents vivent dans la pauvreté et ne peuvent pas se prendre en charge et s’occuper de moi. Je me suis donc mise à rechercher un travail. C’est ainsi que j’ai été informée de l’offre d’emploi de cette société. J’y ai travaillé deux années et je continue malgré les difficultés.

Un métier au cœur des préjugés

L’égalité entre l’homme et la femme demeure jusque-là une équation à plusieurs inconnues. C’est le cas ici de  Ivette SOME victime du mauvais regard de son entourage « Vous voyez, ici même à l’hôpital il y’a des  gens quand ils viennent et nous leur disons de respecter les consignes donnés par nos responsables, tels que l’interdiction des visites pendant les heures de travail ils nous insultent et menacent même de nous porter la main tout simplement parce que nous sommes femmes. Ce qu’ils n’osent pas faire aux collègues hommes ils le font avec nous. Aucun respect.» Des propos soutenus par Florence qui voit en cette activité son derniers recours. « Quand j’ai décidé de faire ce travail, mon frère avec qui je vis n’a pas voulu accepter, j’ai donc forcé pour ne pas rester dans l’oisiveté. Il a dit qu’être vigile n’est pas un travail de femme » explique Florence.

Des vigiles qui peinent à joindre les deux bouts

Présentes tous les jours et sans droit de s’abstenir au poste, les vigiles mènent des travaux non contenus dans les contrats de travail qu’elles signent avec les responsables des sociétés qui les emploient. Elles disent être obligées des fois à laver des engins, nettoyer des locaux et même vues comme des bois prêtes à tout faire  par certains  hommes. Toutes ces réalités pour un salaire dérisoire loin de satisfaire leurs besoins nous confient ces femmes à la matraque. « Je travaillais  dans l’entreprise d’un monsieur, mais pour des difficultés liées au salaire je suis venue ici dans l’espoir d’avoir mieux et changer ma situation ;  je suis vraiment déçue du traitement qui nous est réservé ici. Le salaire est vraiment maigre ‘‘35000f’’par mois et pour avoir même ton salaire  c’est un problème. Aussi entre nous vigiles, les hommes veulent nous exploiter souvent. Il y’a des activités qu’on confie aux hommes mais quand ils nous voient assises ils nous menacent ». a laissé entendre Victorine HIEN. « Avec  toutes les souffrances que nous rencontrons dans ce métier on  peut faire 2 mois sans être payée » regrette Ivette.

Des conditions de travail difficiles, un maigre salaire, de la non considération, bref l’univers du travail laisse à désirer,  mais il n’y a pas d’autre choix. Le seul espoir auquel ces femmes s’accrochent c’est de trouver un jour une belle opportunité d’emploi plus rentable ou un financement pour ranger définitivement la tenue de vigile.

SIE MICHAEL DAH



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