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Les Echos du Sud-Ouest

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SERVICE DE GYNECO-OBSTERIQUE DU CHR DE GAOUA : les agents travaillent sous pression


Le service de la gynéco-obstétrique est l’un des services phares du CHR de Gaoua. Docteur Zénabou Boussini en est le chef de service.  Ce service accueille les malades venus des autres provinces de la région du sud-ouest mais aussi des Cascades et de la république de Côte d’Ivoire. Les agents travaillent sous pression ce qui engendre quelques fois des malentendus avec les accompagnants. Bafujiinfos est allé à la découverte de ce service avec le Surveillant d’unité de soins Toh Poda.

Bafujiinfos : Est-ce que vous pouvez nous présenter le service de la gynéco-obstétrique ?

Toh  Poda: Le service de gynéco-obstétrique est l’un des services phares de l’hôpital. Il est situé entre le service de la chirurgie et celui des urgences. Il est composé de deux bâtiments : le bloc des accouchements et le bloc du service d’hospitalisation. Le personnel qui y travaille est composé d’un gynécologue obstétricien qui est le chef de service, d’un médecin généraliste, d’un attaché de santé que je suis, de 35 sages-femmes et maïeuticiens d’état et 4 garçons et filles de salle.

Bafujiinfos : Quelles sont les prestations qu’offre le service de la gynéco-obstétrique ?

Toh Poda : Elles sont diverses à commencer d’abord par l’accouchement et les pathologies surtout celles liées aux grossesses. Je parle du paludisme, des anémies sur grossesse et bien d’autres et sans oublier les cas de désir de maternité qui sont de plus en plus récurrents dans nos contrées.

Bafujiinfos : Quand on parle de gynéco-obstétrique, on voit généralement les femmes. Est-ce que vous-vous occuper des hommes ?

Toh Poda : Le service de gynéco-obstétrique ne s’occupe pas que des femmes. Le commun des mortels pense que ce sont les femmes seulement qui doivent fréquenter ce service. Les hommes aussi ont des pathologies qui intéressent le service de gynéco-obstétrique. On parle aujourd’hui de cancer de sein chez la femme, l’homme également peut contracter cette maladie. Les cas d’infertilité des hommes sont pris en charge au niveau du service de gynéco-obstétrique.

Bafujiinfos : Comment est organisé ce service ?

Toh Poda : Il est organisé de façon continue. Le service fonctionne 24 heures sur 24 avec une équipe de garde qui est composée de 5 éléments, une équipe de permanence qui monte de 12 heures à 17 heures et composée également de 5 éléments. Dans la matinée, nous avons une équipe qui s’occupe de la visite et qui est composée de 4 éléments. Il y a  aussi un service de tri. Tous les malades qui arrivent passent forcement par là-bas et ce sont eux qui sont chargés de diriger ceux qu’ils ne peuvent pas gérer au niveau du gynécologue ou du surveillant d’unité de soin. Parmi les 4 éléments du service de tri, il y a un qui s’occupe du service de la planification familiale et un qui est chargé de la sensibilisation des malades.

Bafujiinfos : D’où proviennent vos malades ?

Toh Poda : Ils proviennent de divers horizons. Comme nous sommes un hôpital régional, nous recevons un peu de tous. Les malades nous viennent donc de toutes les provinces de la région du sud-ouest et de la province de la Comoé notamment les formations sanitaires  autour de Ouo. Ils préfèrent venir ici que d’aller à Banfora qui est plus loin. Il y a également beaucoup de malades qui proviennent de la Côte d’Ivoire. Quand vous prenez la ville de Gaoua, personne ne veut se rendre dans les CSPS car on se dit qu’on a un hôpital à côté pourquoi aller dans une formation sanitaire périphérique. Donc tout le monde accourt vers l’hôpital.

Bafujiinfos : Est-ce que vous les recevez tous quand ils viennent ou bien vous les renvoyez prendre les billets de référence ?

Toh Poda: La bonne formule c’est de venir avec un billet de référence ou d’évacuation. Mais comme nous sommes des humains, il est difficile de dire à quelqu’un qui est déjà arrivé à l’hôpital de retourner parce qu’il n’a pas ce papier. Notre rôle, c’est de les sensibiliser pour que prochainement ils puissent passer par les centres périphériques avant d’arriver ici. L’hôpital est un centre de référence et on  prend en charge le plus souvent les cas urgents qui nous viennent des autres provinces ce qui fait que les malades qui ne sont pas référés peuvent attendre pendant longtemps.

Bafujiinfos :  Comment est-ce que se gèrent les cas de césariennes ?

Toh Poda: Les cas de césarienne sont gérés par deux services : le service de bloc opératoire et le service de gynéco-obstétrique puisque la porte d’entrée du malade, c’est la maternité.  Comme  il y a un gynécologue, qui est là mais à elle seule elle ne peut pas tout faire donc elle travaille de concert avec les chirurgiens, les attachés de santé et les anesthésistes qui sont  au niveau du bloc opératoire. Donc, les indications de césariennes sont posées par le service de gynéco-obstétrique et les césariennes sont faites au niveau du bloc opératoire soit par le gynécologue soit par les attachés de santé qui sont là selon la gravité du cas. A la sortie du bloc opératoire, le malade passe par le service de réanimation et après avoir levé l’urgence, la terminaison c’est évidemment le service d’entrée du malade.

Bafujiinfos : Quelles sont vos difficultés ?

Toh Poda: Les difficultés n’en manquent pas. La plus part du temps, le service de maternité est un service qui est décrié parce que la plus part des agents qui y travaillent sont des femmes. Ce sont des femmes aussi qui consultent le plus souvent et la relation entre femme n’est pas facile. La plus part du temps, il y a des préjugés qui sont là. On critique trop le service de gynéco-obstétrique. On se dit qu’on ne s’occupe pas trop des agents, des usagers. Voilà, les sages-femmes sont hautaines elles sont ci, elles sont ça. Mais ce que nous avons à dire, c’est que la plupart du temps, c’est peut-être nos clients qui ne nous rendent pas la tâche facile. Si chacun de nous reconnaissait l’hôpital comme un centre de référence, cela allait le désencombrer. Le service de gynéco- obstétrique est restreint. Il n’y a plus de lit vide. Tous sont occupés. Si chacun par exemple,  doit se lever comme ça pour arriver, il va s’en dire qu’il y aura des malentendus.  Ces petits couacs qui arrivent, font dire que les agents accueillent mal. Ce n’est pas toujours évident que ce sont les agents de santé qui accueillent mal parce que nous sommes nous-mêmes encombrés par les visiteurs. Quand vous prenez un seul malade, vous avez plus de 10 accompagnateurs. Comment l’agent peut-il faire son travail sans hausser le ton ? C’est difficile. Vous prenez une femme qui veut accoucher, il y a parfois 5 femmes qui veulent l’assister en travail dans la salle d’accouchement. Comment  veut-on  que l’agent de santé ait un ton courtois ? Quand on arrive avec un esprit agressif, parce qu’on a des préjugés sur le service pour peu qu’on n’ait pas dit bonjour, c’est un problème. Pour faciliter la tâche, je pense qu’il faut qu’il y ait moins d’accompagnants et il faut que quand on arrive qu’on laisse l’agent fauté d’abord avant de commencer à l’agresser. Si non au cours de nos gardes, il y a beaucoup de gens qui viennent avec des idées arrêtées. Aujourd’hui avec le service de gratuité, on a beaucoup de difficultés parce qu’on pense que c’est l’agent de santé lui-même qui a les médicaments et qui les bloquent. On parle également de la corruption. Nous sommes critiqués mais si vous-mêmes n’avez pas donné l’argent est-ce que l’agent de santé peut vous obliger à le faire ? Les responsabilités sont donc partagées.

Bafujiinfos : Parlant de la gratuité des soins, qu’est qu’on vous reproche ?

Toh Poda: La difficulté majeure, c’est la rupture des médicaments. Quand vous faites une ordonnance et il n’y en a pas dans le dépôt du CHR et qu’il faut aller dans les grandes pharmacies, certains pensent que ce sont les agents de santé qui sont allés placés les médicaments dans ces pharmacies pour avoir des bonus. Vous prenez les champs opératoires, il peut arriver qu’ils manquent et il faut aller les acheter dans les pharmacies en villes qui coûtent autour de 30 000 F CFA. La gratuité est mal comprise ce qui fait que même celui qui a l’argent ne veut rien acheter quand ça manque.

Bafujiinfos : Vous avez dit que tous vos lits sont occupés. Est-ce que l’insuffisance de place ne constitue pas une difficulté ?

Toh Poda : C’est vraiment une difficulté majeure puisque je disais tantôt que l’hôpital est construit depuis 1972, donc la capacité actuelle n’arrive pas à couvrir les besoins des usagers. Donc il va falloir qu’on fasse une extension mais l’espace est restreint. On nous a promis un nouvel hôpital je pense que si ça voit le jour, j’espère qu’on aura une capacité d’accueil un peu plus importante surtout que les malades de la Côte d’Ivoire viennent nombreux ici.

Bafujiinfos : En matière de personnel, on voit que vous êtes mieux lotis que d’autres services. Est-il suffisant ?

Toh Poda : C’est l’impression que les gens ont  si non en réalité, le personnel est toujours insuffisant. Quand vous prenez 4 ou 5 agents de garde, il suffit que deux femmes seulement viennent pour accoucher et il y a manque de personnel. Il faut 4 agents pour s’occuper d’elles alors qu’il y a  le service d’hospitalisation qui est là, les femmes qui viennent d’accoucher qui ont besoin d’une surveillance régulière. Il faut administrer des traitements aux malades qui sont hospitalisés. Malheureusement si on augmente à ce niveau, la journée vous n’aurez pas d’agents.

Bafujiinfos : un dernier mot

Toh Poda : Nous pensons que présenté de cette façon, les usagers vont désormais avoir un meilleur regard et essayer aussi de comprendre le personnel qui travaille nuit et jour sans relâche et sous pression parce que il y a deux vies qui sont engagées en même temps : la vie de la mère et celle de l’enfant. C’est une pression quand nous recevons une femme en travail, une femme qui vient de sortir du bloc ou qui est anémiée et qui porte un bébé. Nous lançons un appel à la population de tout faire pour comprendre ces agents. Nous ferons également de notre mieux pour satisfaire les usagers.

Dar Flavien DA



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One thought on “SERVICE DE GYNECO-OBSTERIQUE DU CHR DE GAOUA : les agents travaillent sous pression

  1. Sié Elie Kambou

    Merci à l’Attaché PODA pour cet éclairage de leur service. Il faut accompagner une patiente dans ce service pour comprendre qu’ils abattent un boulot formidable, sous parfois des propos peu catholique de certains accompagnants ou même patientes.Cependant, il y a parfois quelques mauvais agissement de certains agents qu’il faille travailler à corriger.

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