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Les Echos du Sud-Ouest

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Gouvernement Dabiré I: Les Gaoualais apprécient


Les membres du gouvernement du Premier Ministre Christophe Dabiré, sont connus depuis l’après midi de ce jeudi 24 janvier. C’est une équipe composée de 32 membre qui doit faire face aux nombreux défis auxquels le pays fait face. Bafujiinfos a promené son micro à travers la ville de Gaoua. Acteurs politiques, syndicalistes, simples citoyens, chacun a donné son point de vue sur ce nouveau gouvernement et ses attentes.  La question sécuritaire et la crise de l’éducation sont les les chantiers sur lesquels le nouveau gouvernement est est attendu.

Macè Victor HIEN, 2e Adjoint au Maire de la commune de Périgban

« D’entrée de jeu, il faut dire qu’au regard du nombre de portefeuilles qui s’élève à 32, nous nous gardons de tout commentaire. Nous allons les prendre aux mots.  Nous allons voir véritablement s’ils ont  une ligne de conduite déjà bien tracée. Le nombre de portefeuilles montre qu’on n’est pas encore sorti de ce qu’on a vécu. On leur souhaite bon vent et que Dieu les bénisse, qu’il les aide à aller de l’avant. Si certains Ministres ont été reconduits, c’est que le président a trouvé toujours en eux des qualités qu’il peut exploiter. Mais nous, ce qui nous intéresse, c’est ce qu’ils vont faire sur le terrain. Pour le cas de l’ex Ministre Simon Compaoré, il aurait dû se retirer depuis fort longtemps. Néanmoins comme il a décidé cette fois ci de ne pas faire partie du gouvernement, il sera une personne ressource non seulement pour le pays mais aussi pour son parti ».

Sami  TIOLE Agent à la DREPPNF Sud-ouest

« Pour moi je pense que c’est bien le fait qu’il y ait eu un peu de changement, c’est ce que le peuple attendait. Il y a changement au niveau de la défense, de la sécurité, de la santé, … Je me dis que le Président et son Premier Ministre se sont bien entretenus avant d’opérer ces changements. Pour moi, il était temps pour le Ministre Simon Compaoré de partir parce qu’à travers les réseaux sociaux, les gens souhaitaient son départ. Ils ont un gros défi devant eux mais on ne peut pas les juger d’abord. On dit que c’est au pied du mur qu’on connait le vrai maçon. Ce gouvernement doit beaucoup œuvrer pour que le pays ait la paix ».

Sansan Jonas HIEN à l’ENEP de Gaoua

« Effectivement, je viens de prendre connaissance de la composition du gouvernement du premier Ministre Christophe DABIRE. Tout de suite je constate qu’avec le gouvernement THIEBA, il y avait certainement quelques deux ou trois personnes qui faisaient en sorte qu’on n’arrivait pas à appliquer le programme du président Roch KABORE et certainement aussi à juguler la crise sécuritaire. Je vois que ceux qui sont partis, c’est surtout Rosine Coulibaly l’élément clé sinon tout ce qu’on voit dans ce gouvernement, il n’y a pas du neuf. C’est la continuité. Cette continuité ne nous arrange pas. C’est vrai que Simon n’est pas dans le gouvernement mais il n’avait pas de portefeuille. L’autre Ministère clé, c’est celui de la défense, nous constatons que c’est Chérif SY qui vient. Il était le Haut représentant du chef de l’état donc, il n’y a pratiquement pas de nouveau. Ce gouvernement doit essayer de recoller le tissu social. A la place du nouveau premier Ministre, ma première action serait de me rendre à Nafona et à Orodara. Il y a aussi les revendications des travailleurs. Après l’insécurité, il faut faire face à la question de l’éducation parce que j’ai constaté qu’à Ouagadougou c’est un débrayage total. C’est une question vraiment préoccupante ».

Sasnsan Christian DA, responsable provincial de l’UNIR/PS du Poni

« Nous avons constaté un peu de changement, nous pensons que ceux qui sont restés ont la confiance du président certainement qu’il y aura une amélioration de leur part. Les nouveaux doivent avoir les consignes nécessaires pour bien travailler. Tout le monde le sait, nous sommes dans une insécurité totale, chacun doit mettre la main dans la pâte pour qu’il y ait une cohésion sociale d’abord. Vue l’ampleur que le terrorisme est entrain de prendre, il faut que nous mettons certaines querelles de côté  et en tant que frère et sœurs travailler main dans la main pour une paix au Burkina Faso. Tout le monde sait que dans l’éducation, ça ne va pas. Personnellement, j’attire l’attention du gouvernement pour examiner les doléances du gouvernement afin que nous puissions sauver l’année scolaire. Une année blanche dans un pays n’honore pas ce pays ».

Balélé dit Antoine BAKO coordonnateur provincial de la F-SYNTER section du Poni.

« Nous venons d’apprendre que le nouveau gouvernement a été mis en place. A notre niveau ce gouvernement pose déjà problème en ce sens que nous nous battons pour la réduction du train de vie de l’Etat. 32 ministres pour la situation actuelle du Burkina, c’est trop. La deuxième remarque que nous faisons, il y a des Ministres dont des scandales ont éclaté dans leur Ministère et certains ont été reconduits donc c’est encore une prime à la mauvaise gouvernance. Et cette gouvernance par l’exemple qu’on demande tant, ce n’est pas évident qu’on puisse l’avoir. Beaucoup de ces Ministres étaient là depuis trois ans, les résultats étaient décevants dans l’ensemble. Reconduire les mêmes est-ce que le président a l’intention d’aller vers la rupture tant souhaitée ? Ce n’est pas ce qui était souhaité avec l’insurrection en octobre 2014. Je m’attendais à un changement radical, beaucoup de têtes devaient tomber surtout réduire le nombre de portefeuilles ministériels. Les chantiers sur lesquels nous attendons ce gouvernement sont énormes. Il y a la bonne gouvernance, il faut une gouvernance vertueuse. Il faut une meilleure gestion, une meilleure répartition des ressources nationales. La question sécuritaire est aussi un défi à relever. Est-ce que les hommes qui sont mis seront à la hauteur, c’est vrai que le président n’a pas voulu de militaires mais mettre un journaliste à la tête du Ministère de la défense, c’est vrai que politiquement, il a été important pendant la transition mais est-ce que ça suffit pour reformer l’armée ? Notre armée a sérieusement besoin de réforme. Est-ce que ce monsieur sera à la hauteur ?  nous l’espérons. Nous ne souhaitons pas que ce gouvernement échoue mais il y a des prédispositions qui peuvent nous amener à espérer ou à être déçu. Pour ce qui est des négociations gouvernement CNSE, ce n’est pas la personne du Ministre qui pose problème que ce soit un Bako ou un Ouédraogo, les problèmes demeurent, donc, c’est le système. C’est la détermination des acteurs qui nous intéresse, nous voulons aller jusqu’au bout de l’application de notre protocole d’accord. Le Ministre Ouaro a commencé le dossier depuis janvier 2018, il n’y a plus de raison qu’il dise qu’il doit chercher à mieux comprendre. Il n’y aura pas de répit. Je pense que les élèves ont donné le ton ce matin, ils réclament les évaluations.  Pour nous aussi, il n’est pas question de lever le mot d’ordre tant qu’il n’y a pas un minimum de garantie de la part du gouvernement parce que l’année passée, on a été dupé par le gouvernement ».

Crépin Poda élève en classe de terminale A1 au Lycée provincial Bafuji de Gaoua

« Je vais féliciter les membres du gouvernement. Le pays est en difficultés, je pense que le gouvernement qui vient d’être mis en place pourra relever ces défis. Nous attendons que ce gouvernement qu’il règle rapidement le  problème des syndicats afin que nous puissions sauver l’année scolaire en cours. Il doit surtout s’appesantir sur la sécurité surtout ensuite la santé et l’éducation. En tant qu’élèves nous sommes tellement inquiets. Nous allons continuer la lutte jusqu’à ce qu’ils nous entendent »

Emmanuel Farma Assistant d’éducation au Lycée provincial Bafuji de Gaoua.

« Pour moi, le Burkina Faso n’a pas un problème d’hommes mais plutôt un problème de gestion. Il n’y a pas eu grand changement. Comme on le dit on les attend au pied du mur. Prioritairement, il doit s’attaquer à la question sécuritaire et à l’éducation. Tout est prioritaire comme on aime le dire mais c’est sur ces deux secteurs qu’on les attend le plus ».




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