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Les Echos du Sud-Ouest

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Campagne agricole 2020-2021 : Les producteurs semenciers du Noumbiel démoralisés


Ils ont fait de la production semencière leur spécialité. Pour la campagne agricole humide 2020-2021, les producteurs des semences améliorées de la province du Noumbiel ne veulent plus vivre les expériences amères des années antérieures. Cherté des intrants, méventes des semences, manque d’accompagnement ce sont les difficultés qui freinent l’élan des producteurs.

La production des semences n’inspire plus les producteurs agricoles de la province du Noumbiel. La raison, ils se sentent abandonnés à leur propre sort. Une situation à laquelle bon nombre n’ont pas pu résister. « C’est avec détermination que nous nous sommes lancés dans la production semencière mon père et moi. On pouvait cultiver 7 à 10 hectares et  on tirait notre épingle du jeu. Mais ces dernières années quand nous produisons, on n’arrive pas à les écouler. L’Etat nous fait produire mais il n’achète pas toute la production, les semences qu’il vient prendre, pour nous donner l’argent de la production il faut attendre des mois voire même toute une année. Le stock de l’année dernière est toujours là plus de 3 tonnes dans le magasin. Ça nous décourage vraiment.  Cette année je ne suis pas motivé à poursuivre» Se lamente François HIEN. Avant de poursuivre : « C’est parce que l’agriculture est une activité que nous avons hérité des ancêtres. Sinon ce n’est pas simple. On bénéficiait de la subvention pour les intrants dans les services de l’agriculture, mais maintenant nous sommes obligés d’aller au marché. Les engrais que le gouvernement met à la disposition des producteurs semenciers  n’arrivent pas au moment voulu et le coût n’est pas souvent à notre portée.  C’est l’engrais ghanéen qui est moins cher donc on se rebat le plus souvent à ça. »

« Nous étions 20 producteurs semenciers dans notre groupement au départ. A ce jour il ne reste que 02 producteurs les autres n’ont pas pu supporter les difficultés qui émaillent le secteur. Beaucoup sont endettés et sont poursuivis par la caisse. Cette année je vais réduire la superficie du champ.» regrette Koumbou DA producteur semencier du Noumbiel.

Pour faire face à ces nombreuses difficultés, les acteurs de la production semencière appellent le gouvernement à une intervention rapide. Sandow  DA est l’un des producteurs semenciers. « Les autorités doivent comprendre que tous les burkinabé se nourrissent de l’agriculture. C’est le domaine où on ne devrait même pas hésiter à investir mais ces 4 dernières années, nous regrettons vraiment ce qui se passe. J’invite le gouvernement à subventionner les intrants et les disponibiliser à temps. Actuellement, nous avons commencé à labourer nos champs, bientôt on va semer mais jusque-là pas de nouvelle. Pire on nous dit que cette année c’est par message téléphonique qu’on saura le nombre de sacs qui sera mis à notre disposition. »

En rappelle c’est le vendredi 22 mai 2020 à Boussouma, dans la commune de Koubri, région du Centre, que le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, a procédé au lancement officiel de la campagne agricole de la saison humide 2020-2021.

SIE MICHAEL DAH



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