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Les Echos du Sud-Ouest

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Anselme Tougninè Somé député MPP du Ioba : « Le député ne peut plus être permanent au village »


Dans notre série d’articles dédiée aux députés de la région du sud-ouest à l’assemblée nationale, Bafujiinfos est allé cette semaine à la rencontre de Tougninè Anselme Somé député MPP de Dano. Le pédagogue de formation et l’homme politique nous parle de son engagement politique et de son expérience à l’hémicycle dans cet entretien.

Parlez-nous de votre carrière professionnelle.

Je suis pédagogue de formation. J’ai fait mes premiers pas dans l’enseignement en 1988 dans la léraba comme instituteur adjoint certifié (IAC) . En 1996, je suis revenu à l’école pour la formation des instituteurs principaux. A la sortie on m’a affecté dans le Ganzougou. Trois ans après je suis retourné à l’école comme conseiller pédagogique à et j’ai été affecté à Bagassi. Deux ans plus tard je suis de retour à l’école pour l’inspectorat.  A  ma sortie j’ai été affecté à Batié en 2006 ou j’ai ouvert la circonscription d’éducation de Base de Batié. Un an plus tard, j’ai été nommé directeur provincial de l’éducation nationale du Ioba ,poste que j’ai occupé jusqu’en 2012. Au cours de cette année, j’ai postulé et j’ai été retenu pour le poste du directeur général de l’ENEP de Gaoua (appel à candidature) jusqu’en 2015. C’est en Mars 2015 que la transition  a mis fin à mes fonctions directeur général . J’ai donc quitter Gaoua afin de me préparer les élections. Dieu faisant les choses j’ai été retenu aux primaires et tête de liste dans ma province pour les législatives. C’est ainsi que j’ai bénéficié de la confiance des populations et je suis député MPP aujourd’hui.

Donc c’est dire que c’est à partir de 2015 que vous avez commencé à faire la politique ?

Non. Mes débuts en politique remonte en 1991 avec le renouveau démocratique sous la bannière de l’ADF-RDA d’Hermann Yaméogo. A l’époque il paraissait être l’opposant le plus crédible de Blaise Compaoré. J’étais assez jeune et j’étais subjugué par  ses prises de positions avec bien d’autres camarades. Mais à un certain moment, l’homme était devenu instable dans ses prises de positions. C’est ainsi que j’ai rejoint la CNPPFT de Joseph Ki -Zerbo devenu plus tard l’UDP/PS. Les bisbilles entre Joseph Ki Zerbo et Emile Paré a conduit à l’éclatement de ce parti. En ce moment-là j’ai observé un temps d’observation jusqu’en 2006. A cette année-là un cadre de la commune de Oronkoua m’a approché et me demandant de le soutenir pour sa candidature à la mairie. Il était CDP et moi je lui ai fait comprendre que je n’étais pas de ce parti. Il m’a demandé que nous devions aller en rang serré. C’est ainsi que je me suis engagé dans le CDP et j’ai été élu conseiller et conseiller régional. Malheureusement le cadre n’a pas été retenu dans son village. En 2012 j’ai été réélu conseiller municipal  et toujours conseiller de ma commune  au conseil régional jusqu’en 2014 ou les conseils ont été dissout. Je précise que lorsque les velléités de modification  de l’article 37 , des consignes ont été donnés à tous les élus de ne pas démissionner. Après la dissolution, nous avons rejoint officiellement le MPP même si on travaillait pour ce parti. J’ai été élu au primaire et par la suite tête de liste du MPP dans le Ioba et me voilà aujourd’hui, député.

Lorsqu’on vous écoute on a comme l’impression qu’Anselme Somé a fait du nomadisme politique ?

 Vous ne connaitrez pas un seul politicien qui est resté statique dans le même parti politique, tous ce que vous connaissez chacun a migré. La politique n’est pas une matière inerte c’est quelque chose qui évolue au gré des circonstances et des situations. Herman Yaméogo était radical à Blaise, lorsqu’il change sa vision, moi je suis obligé de changer de parti. Si un parti à un certains moments n’incarne plus mes convictions. Je change de parti.

Député à l’assemblée depuis 2015, qu’avez-vous fait de concret pour les populations de votre circonscription ?

Il faut savoir que le député ne présente pas un programme personnel pour être élu. Il présente et partage le programme de son candidat à l’élection présidentielle. La mise œuvre concrète des réalisations revient à l’exécutif, le député ne fait que voté la loi et consentir l’impôt. Je dirai le parti auquel j’appartiens a fait des réalisations telle que la construction des écoles, sanitaires et surtout la gratuité des soins. On retient également les infrastructures routières dans le cadre du 11 décembre.

De façon individuelle nous parrainons des activités, nous appuyons des organisations et des individus. Je ne peux pas le proclamer ici.

Le député est-il régulier au village comme pendant la période électorale ?

Pendant la campagne, le candidat est libre de tout engagement et peut aller battre campagne. Mais lorsque vous êtes élus, il y a des responsabilités. La preuve nous sommes actuellement en session et  je suis rapporteur de ma commission, je ne peux pas m’absenter. Je ne peux être régulier sur le terrain. Mais au moins toutes les deux semaines je rentre à Dano, il m’arrive parfois au cours d’un de rentrer 4fois dans ma circonscription. Pendant l’intersession, je suis résident.

C’est vrai que vous êtes régulier, mais est ce que ce n’est pas une forme de campagne pour 2020 ?

Vous ne pouvez pas tourner le dos aux populations et attendre les élections. Le député est un homme politique et quoique vous fassiez,  ça sera interprété. Souvent ce n’est pas qu’elles ont besoin de votre argent, ils ont besoin que vous vous intéressé à leur existence

Quelle a été votre contribution pour la réussite du 11 décembre ?

Le jour de la célébration, j’étais en Haïti. J’ai suivi l’événement en direct. Mais les témoignages que le 11 décembre dans notre région était un succès total. Il faut savoir que nous députés de la région avons initié des sorties sur le terrain pour suivre l’état d’avancement des travaux. Nous avons également soutenu la caravane de présentation du drapeau dans les différentes provinces lorsque le gouverneur nous a sollicité. Après la grosse pluie de février nous avons effectué une sortie pour voir les dégâts .

Vous êtes à votre premier mandat à l’hémicycle, allez-vous rebeloter en 2020 ?

Je ne saurai le dire. Ce sont les populations qui nous ont portés à l’assemblée nationale. 2020 n’est pas encore là. Je peux décider de céder ma place au profit de quelqu’un d’autre.

Quel regard portez-vous sur le développement de la région?

Notre région regorge d’énormes potentialités. Nous avons des terres riches, une bonne végétation et une bonne pluviométrie. ce qui reste c’est de nous organiser, faire en sorte que nos populations soient équipées. Il faut reconnaître que le monde rural ne travaille pas conséquemment. Ce qui s’adonne à la terre réussisse. L’exemple palpable, c’est Naondomon Palenfo. Il n’envie pas aujourd’hui un fonctionnaire.

A l’endroit des jeunes du sud-ouest ?

C’est de s’organiser, quitter l’alcool frelaté, abandonner les sites d’or et s’organiser en association pour mener des activités. A l’endroit de ceux qui sont sur les réseaux sociaux c’est de vérifier les informations qu’ils relaient .

Vous dites que vous êtes dagara, livré aux populations votre message dans cette langue si réellement vous la comprenez .

Dalou Mathieu Da



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