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Les Echos du Sud-Ouest

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SERVICE DE PHARMACIE DU CHR DE GAOUA : Des disputes sont fréquemment enregistrées au niveau du dépôt pharmaceutique


Le service de pharmacie comme la pédiatrie est un service transversal dans les centres de santé. Il pourvoit les autres services en kit d’urgence pour prendre en charge les cas urgents et fournit les produits aux patients qui sont pris en charge. Bafujiinfos est allé à la découverte du service de pharmacie du CHR de Gaoua avec son chef de service, le Docteur Pharmacien Moussa ILBOUDO.

Au nombre des services du Centre Hospitalier Régional (CHR) de Gaoua, on compte le service de pharmacie. C’est un service névralgique qui entretient des relations avec tous les autres services du CHR  car il leur fournit les produits nécessaires à la prise en charge des patients. Depuis le 4 janvier 2017, ce service est dirigé  par Moussa ILBOUDO, Docteur diplômé d’état en pharmacie. La pharmacie est divisée en 5 sous-unités dont trois sont fonctionnelles à savoir l’unité d’approvisionnement-stockage-distribution, l’unité de dispensation et  l’unité de technologie pharmaceutique. Quant aux deux unités non fonctionnelles il s’agit de  l’unité d’assurance qualité et l’unité de la pharmacovigilance. Pour ce qui est des unités fonctionnelles, l’unité d’approvisionnement-stockage-distribution, se charge de faire les commandes des médicaments, de les stocker dans les  magasins et de les distribuer aux autres services pour les cas urgents et au niveau du dépôt à la vente aux patients qui sont pris en charge dans ce centre.

En ce qui concerne  la dispensation, c’est ce qui se passe au niveau du dépôt. Cette unité met à la disposition des patients des produits qu’elle vend.  C’est aussi cette structure qui s’occupe des personnes vivant avec le VIH.  « On a le point focal qui s’occupe de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Là-bas on dispense des ARV aux malades » a dit le Docteur Moussa ILBOUDO. « Pour ce qui est de la technologie pharmaceutique, il faut dire que c’est une unité dans laquelle nous produisons pas mal de choses, on fait le mouillage d’alcool, on fait la confection des Kits pour la prise en charge en urgence des patients. Si vous prenez les cas d’accidents, il y a des kits qu’on donne rapidement aux services urgences pour qu’ils  puissent prendre  en charge les   blessés» a souligné Docteur ILBOUDO. En plus, cette unité s’occupe de la production des solutions hydro alcooliques et du savon liquide. Le personnel qui anime ce service est composé d’un Docteur Pharmacien qui est le chef de service, de préparateurs d’état en pharmacie (PEP) et de personnel de soutien. Ce personnel de l’avis du Docteur ILBOUDO est insuffisant. « On a un seul pharmacien, c’est insuffisant pour un hôpital. Il y a tellement de tâches, vous voyez, au niveau de la dispensation, il devait y avoir un pharmacien chargé de valider les ordonnances pour essayer de communiquer toujours avec les services cliniques. La pharmacie clinique n’est pas mise en œuvre simplement par manque de pharmacien. Avec 200 lits le CHR n’a qu’un seul pharmacien alors que dans les normes  il devait y avoir trois » regrette-t-il. Au niveau des PEP, pendant longtemps, la SUT (Surveillant d’Unité Technique) est restée seule mais l’équipe s’est vue renforcée avec l’arrivée de deux nouveaux agents fin 2018. C’est la même situation qu’on observe au niveau du dépôt pharmaceutique où toutes les attentions se focalisent.

«Pour ce qui est du dépôt vous-mêmes vous  constatez, les usagers le constatent il y a des rangs à n’en pas finir. Tout ça, c’est dû au manque de personnel. Au départ, les auxiliaires étaient six (6), il y a une qui est allée en disponibilité. Pendant la période où il n’y a pas de congés, ils arrivent à gérer.  On arrive à avoir deux auxiliaires par matinée c’est-à-dire que les deux postes sont fonctionnels. Le patient quand il arrive a le choix d’aller où il veut pour se faire servir mais quand surviennent les congés, l’autre poste est vide. Du coup tout le monde est obligé de passer par le même poste. En ce moment, nous sommes obligés de refaire le programme. Je félicite l’administration qui a accepté prendre des gens pour nous accompagner dans le but de résoudre le problème » a expliqué Docteur ILBOUDO. Il convient que le retard dans l’acquisition des médicaments constitue un enfreint à la bonne prise en charge des patients. Malheureusement cette situation s’est vue empirée avec la politique de la  gratuité des soins des enfants et des femmes enceintes. « Avec la gratuité, l’affluence s’est vraiment accrue dans les hôpitaux. Ce qui fait qu’au niveau du dépôt, il y a une caisse gratuité qui s’est implantée. Donc on a un seul poste de délivrance pour deux caisses. Ainsi toutes les deux caisses envoient les ordonnances et les bons chez une seule personne ce qui fait que c’est difficile pour la personne de pouvoir délivrer rapidement surtout que c’est la même personne qui doit facturer et c’est la même personne qui doit se lever encore pour servir les produits. C’est comme si c’était un double travail, encore qu’il faut prendre du temps pour servir les produits afin d’éviter les erreurs qui peuvent être fatales pour les patients ».

En plus du manque de personnel, il y a des difficultés liées aux locaux. Le service de pharmacie est logé dans des salles du laboratoire transformées en bureaux et magasins. « Il faut dire que dans la construction de l’hôpital, le service de la pharmacie a été oublié. Vous voyez que le service de pharmacie est éparpillé. On a l’officine pharmaceutique au niveau de l’entrée, on a nos locaux ici et le magasin central qui est en bas alors que normalement selon la règlementation, les services de la pharmacie doivent être dans une seule enceinte pour faciliter la mobilité du personnel. Même mon bureau  est un local du laboratoire que la pharmacie a négocié pour pouvoir en faire un bureau » a dit le chef ce service.  Autres difficultés, il y a également l’espace de stockage qui est très insuffisant. Aussi au niveau du dépôt pharmaceutique, le magasin est dépassé a estimé Docteur ILBOUDO, ce qui fait que les commandes sont faites de façon mensuelle alors que dans les normes, c’est trimestriellement qu’elles devaient être faites ce qui éviterait les ruptures de stocks. En plus, le magasin central n’est pas adapté, pour le stockage des produits. Il a des ouvertures et la poussière entre. C’est compte tenu de l’insuffisance des locaux qu’il a été  transformé en magasin sans pour autant faire des réfections. Le pharmacien dit avoir transmis un plan de réfection à la direction pour qu’elle essaie de voir comment faire pour qu’il puisse répondre aux normes afin de  pouvoir permettre de faire de grosses commandes et de les stocker. Cela pourrait aider la population en améliorant la qualité de la prise en charge a souhaité Docteur ILBOUDO.

Le climat n’est pas toujours sain devant l’officine pharmaceutique. Aussi bien entre les clients eux-mêmes qu’avec les auxiliaires, il y a des disputes. « Il y a certains patients qui arrivent, qui voient le rang et qui pensent que leur cas est beaucoup plus urgent que pour les autres. J’ai communiqué avec les services cliniques tels que la maternité pour leur dire que quand c’est urgent, qu’ils envoient le personnel d’appui ou qu’ils aillent eux-mêmes prendre les produits ».

Françoise PALENFO est auxiliaire en pharmacie au dépôt. Elle assiste presque quotidiennement aux querelles entre clients devant son service. Eux-mêmes ne sont pas épargnés  des propos discourtois de certains usagers. Elle  les conseille de mettre un peu d’eau dans leur vain afin être mieux servi.   « Parfois, certains viennent trouver l’affluence et ça devient la bagarre dehors. Chacun veut passer avant l’autre. Des fois nous sommes obligés de sortir pour intervenir. Souvent, des vieux sont devant et des jeunes veulent  passer devant eux. D’autres, quand ils viennent et qu’on leur dit qu’il y a un produit qui manque, ils se plaignent. Ils disent que nous devons avoir tous les produits. Certains nous insultent. Il faut qu’il y ait le respect ». Le chef de service demande aux usagers de la patience et de suivre les conseils et les consignes que les auxiliaires leur donnent. «Nous sommes tous là pour leur bien. Ça ne sert pas de tempêter sur les auxiliaires » a dit Docteur ILBOUDO.  Il suggère que les usagers qui ont des différents avec l’auxiliaire puissent saisir le chef de service de la pharmacie qu’il est pour mieux comprendre ou pour expliquer leur problème.  Il  plaide pour que l’administration puisse recruter des auxiliaires rapidement ce qui va permettre de résoudre pas mal de situations que les gens constatent au niveau du dépôt. Aussi, il attend avec impatience que des collègues  pharmaciens viennent renforcer l’équipe qu’il dirige.

Dar Flavien DA



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