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Les Echos du Sud-Ouest

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Culture lobi: Le djokhabinan 2019, un pari réussi


Les lampions de la troisième édition du djokhabinan ou la fête du mil se sont éteints ce 13 avril 2019 sur une note de satisfaction. Il faut dire que quarante-huit heures a juste suffit pour que la culture lobi dans toutes ses couleurs soit célébrée à Bouna en république de Côte d’Ivoire.

C’est déjà fini pour la troisième édition du djokhabinan ou la fête du mil à Bouna. Cette manifestation culturelle qui se veut un tremplin de promotion de la culture lobi a tenu ses promesses.

Pour le président du comité d’organisation Sié Jean PALE, c’est un pari réussi en ce sens que les activités prévues ont été réalisées dans de meilleures conditions. Il a par ailleurs ajouté que ce festival sera pérennisé afin que la culture lobi soit connue de tous. Dans les années à venir, le comité d’organisation dit mettre les petits plats dans les grands afin que le djokhabinan soit un véritable label d’intégration, de cohésion sociale et de promotion de la culture lobi. Dans une ambiance festive, les participants à ce djokhabinan n’ont pas manqué d’apprécier à sa juste valeur la tenue de cette activité culturelle. Marie SIB pense que si ce festival n’existait pas, il fallait la créer car cela met véritablement du boom aux cœurs des populations de Bounkani. Et à Sansan Donald Hien de renchérir que c’est un facteur non seulement culturel mais aussi économique car cela permet aux populations de Bouna de faire  économiquement de bonnes affaires.

A cette cérémonie de clôture, danses, prestations d’artistes, contes, remise de prix aux participants au tir à l’arc et au concours d’art culinaire étaient au rendez-vous. Et pour clore dans la culture cet évènement, Tchotounoté SIB, représentant du chef central de Bouna a imploré les mânes des ancêtres de bénir et raccompagner tous les participants dans la paix chacun dans son milieu de vie.

Le djokhabinan et le mil quel histoire ?

Le mil est une céréale indispensable dans la gestion de la vie sociale, religieuse et économique chez les Lobis. C’est une denrée alimentaire qui contribue à lutter contre la faim en tant que produit de base de l’alimentation des populations. Célébrer donc la fête du mil, c’est reconnaître toute son importance dans la vie de l’être humain. Le mil, dans la tradition lobi sert à faire beaucoup de choses. Comme mets faits à base du mil, on a entre autre, le tô, la bouillie, le couscous, les galettes, le dolo qui est une  boisson tant prisée par les Lobis etc. On distingue alors plusieurs variétés de mil dont les plus connues sont le petit mil, le sorgho rouge et le sorgho blanc. Dans certains rites traditionnels, le mil répond aussi présent. Quand un lobi meurt, on jette le mil par terre pour dire que c’est un cultivateur mais aussi  une provision pour l’accompagner avec afin que dans l’au-delà, il puisse s’en servir pour ne pas avoir faim. Le mil fait partie des richesses qui accompagnent le défunt. Chez la plupart des Lobis, le mil intervient beaucoup dans l’économie et dans le mariage. Car pour acquérir la femme chez les Lobis, il faut payer la dot. Or pour payer cette dot, il faut avoir des bovins. Et ces bovins, il faut du numéraire pour les acheter ; pour obtenir cet argent, il faut avoir des produits à commercialiser, le mil notamment. C’est dire que le mil a une valeur importante dans la société lobi. Il convient donc de se donner à fond dans la culture de mil car sans le mil, la société serait en manque. En attendant, c’est fini pour la troisième édition du djokhabinan. Rendez-vous en avril 2020 pour la quatrième édition et que vive toujours la culture lobi.

L’envoyé spécial à Bouna

Sansan Bertin SIB

tinosbs@gmail.com



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