On ne parlait pas de football au Burkina sans entendre cette voix. Franche, directe, parfois coléreuse, mais toujours debout pour la dignité.
Victorien Marie Hien. Enseignant de formation, journaliste de conviction. Un homme pour qui chaque micro, chaque duplex, chaque mot pesait.
La voix de référence
Pendant des décennies à la RTB, à Radio Burkina puis à la Télé, il a été le grand reporter et le commentateur qu’on attendait avant les matchs des Étalons.
CAN, éliminatoires de Coupe du Monde, compétitions africaines : il y était. Visage et voix familiers, il a couvert le terrain, mais surtout il a couvert la vérité.
Il a aussi posé les bases du multiplex radiophonique à Radio Burkina. Pionnier. Mentor. Celui dont les jeunes journalistes sportifs du pays ont appris le métier.
Le style : limpide et perçant
Victorien n’enrobaît rien. Analyse pointue, phrase claire, jugement sans détour.
Il parlait football, mais il parlait surtout de gestion, de formation, d’exigence. « Dépasser l’ère des dirigeants traditionnels », répétait-il. Pour lui, la CAN 2013 en Afrique du Sud devait être un point de départ, pas un point d’arrivée. Il réclamait des structures modernes et des dirigeants qualifiés. C’était ça, son combat : la refondation.
Les moments qui sont entrés dans l’histoire
Bangui, 6 juillet 2003. Penalty raté de la République Centrafricaine face aux Étalons lors des éliminatoires de la CAN 2004. Et ce « Oh ! la ! la ! » lâché en direct qui a fait trembler les salons et la Fédération.
Des officiels l’ont critiqué. Il a répondu, cinglant, pour défendre une seule chose : l’indépendance du journaliste sportif.
Être consulté encore aujourd’hui alors même qu’il a passé le flambeau.
Partout, la même exigence. Après 36 ans de loyaux services il est admis à la retraite depuis 2020.
Pourquoi on l’aime
Parce que Victorien Marie Hien n’a jamais confondu passion et complaisance.
Coléreux ? Oui, quand la médiocrité gagnait.
Franc ? Toujours.
Professionnel ? Incontestablement. Et c’est pour ça que les auditeurs l’adoraient.
Il nous a appris qu’on peut aimer son équipe et critiquer son système.
Qu’on peut vibrer pour un but et exiger une formation pour le suivant.
Qu’on peut être enseignant, journaliste, et gardien de la dignité d’un métier.
Aujourd’hui figure aînée, il continue d’intervenir, de rappeler, de secouer.
Merci, Maître Victorien, alias JPP, pour les heures de radio, les analyses qui faisaient mal mais qui faisaient grandir, et pour cette leçon : dans le sport comme dans la vie, tout est question de dignité.
Tu n’as pas seulement commenté l’histoire des Étalons. Tu l’as aidée à ne pas se contenter d’elle-même.
#Ramongolaisement
Alexandre Le Grand Rouamba
Bafujiinfos.com







