Face à la dégradation avancée de la Route nationale n°11 (RN11), reliant Batié à Kpuéré, les populations de cette commune de la province du Noumbiel ont décidé de prendre leur destin en main. Ce vendredi 4 septembre 2026, elles se sont massivement mobilisées pour réhabiliter, de manière artisanale, ce tronçon vital pour la circulation des personnes et des biens.
Munis de pelles, de dabas, de haches et de brouettes, les habitants se sont relayés sur le terrain pour tenter de rendre la voie à nouveau praticable. Au programme : évacuation de la boue accumulée, pose de cailloux et de morceaux de bois afin de fermer les passages les plus dégradés et permettre aux usagers de circuler.
Cette mobilisation n’est d’ailleurs pas une première. « Chaque année, à cette même période, les populations se mobilisent pour réparer le tronçon », confie Kipo Somé, fils de la localité.
Selon lui, l’état de la route affecte particulièrement les activités commerciales de la localité. Les véhicules en provenance de Bouna et de Batié peinent désormais à accéder à Kpuéré, notamment les jours de marché. « Ça fait deux marchés auxquels les véhicules de Bouna et de Batié n’ont pas pu accéder », déplore-t-il.

Une situation qui pèse lourdement sur les populations, mais également sur les finances locales. « Chaque année, nous dépensons des millions pour réhabiliter ce tronçon », explique Kipo Somé, soulignant ainsi le caractère récurrent de cette difficulté.
Une route devenue un véritable parcours du combattant
À cette dégradation s’ajoute une situation devenue particulièrement préoccupante pour l’accès aux soins. Une vidéo récente, devenue virale sur les réseaux sociaux, montre notamment une ambulance en grande difficulté pour évacuer un malade sur l’axe Kpuéré-Batié. Les images illustrent les conséquences concrètes de l’impraticabilité de cette voie, notamment pour les évacuations sanitaires.
Face à cette situation, les populations locales en appellent désormais à une intervention durable des pouvoirs publics. « Nous ne demandons pas beaucoup. Nous connaissons les difficultés du gouvernement. Mais notre souhait est que Faso Mêbo puisse nous aider afin qu’on puisse évacuer paisiblement nos malades, pour que nous ne soyons pas coupés du reste du monde. Cela va permettre d’écouler nos productions agricoles », plaide Kipo Somé.
Cette mobilisation citoyenne traduit donc l’urgence de trouver une solution durable à l’état de la RN11. En attendant une intervention pérenne des autorités compétentes sur cette artère stratégique, les habitants de Kpuéré ont, une fois de plus, démontré leur capacité à se mobiliser pour préserver leur principal lien avec les autres localités.
Une mobilisation qui sonne surtout comme un appel : celui de populations qui ne veulent plus voir leur route se transformer, chaque année, en obstacle à leur économie, à leurs soins et à leur ouverture sur le reste du pays.
Somé Sansan ✍️
Bafujiinfos.com







