Après un mois de formation, d’encadrement et de vie collective, les appelés à l’immersion patriotique obligatoire, session 2026, ont officiellement achevé leur séjour dans la région du Djôrô. La cérémonie de clôture, tenue le 27 août 2026, a été présidée par Siaka Barro, gouverneur de la région, en présence des corps constitués et de plusieurs acteurs ayant contribué à l’encadrement des jeunes.

Durant 30 jours, les 1 451 appelés répartis sur quatre sites à Gaoua ont suivi 13 modules de formation consacrés notamment à l’ordre et à la discipline, au patriotisme, à l’identité nationale, à l’histoire politique du Burkina Faso, à la construction de l’État et aux enjeux géopolitiques. Les enseignements ont également abordé les crises et l’extrémisme violent, ainsi que les techniques d’intervention opérationnelles rapprochées et les actes réflexes à adopter en cas d’attaque.
L’enseignement théorique a été associé à des exercices pratiques. Exposés, projections, études de cas et conférence en ligne ont ainsi été complétés par des activités destinées à renforcer la vigilance, la discipline, la maîtrise de soi et la capacité de réaction face aux situations difficiles.
Pour assurer l’encadrement des jeunes, militaires, forces de défense et de sécurité, personnels civils, formateurs et animateurs ont été mobilisés. Le commandant Farabé Gaston Kienou, chef de corps du 22e RIC, a salué le déroulement de la mission qui lui avait été confiée. « Nous avons été investis d’une mission dont les composantes ont été l’encadrement, la discipline, la formation des immergés », a-t-il expliqué.

Après 30 jours de vie commune, il estime que l’expérience a permis d’opérer une évolution chez les appelés. « Je pense qu’on a réussi à changer les esprits de ces appelés à l’immersion, à mettre la graine du patriotisme en eux », a-t-il déclaré, convaincu que le Burkina Faso dispose désormais de jeunes davantage sensibilisés aux valeurs citoyennes.
Du côté des appelés, le bilan est également présenté sous le signe de la découverte et de la transformation. Dans son témoignage, Wend-Raabo Synthiche Koanda la représentante des immergés a reconnu que le début du séjour n’a pas été facile pour tous. L’éloignement des familles, la rupture avec certaines habitudes et l’encadrement militaire avaient initialement été perçus comme une contrainte. Mais, au fil des semaines, cette perception aurait évolué. La vie en collectivité leur a permis, selon leur porte-parole, de mieux mesurer la portée du vivre-ensemble, de la solidarité, du respect et de la discipline. « Nous avons vécu des moments riches, mais il est temps de nous quitter », a-t-elle lancé à l’endroit de ses camarades, avant de les inviter à faire vivre, au-delà des sites d’immersion, les valeurs acquises durant cette expérience.
Elle a également exprimé la reconnaissance des appelés à l’ensemble des encadreurs, chefs de site, animateurs, forces de défense et de sécurité, personnels de santé, agents de sécurité, encadreurs de proximité et équipes chargées de la restauration.

Pour le gouverneur Siaka Barro, l’enjeu dépasse la simple fin d’un mois de formation. Il s’agit désormais pour les appelés de traduire dans leur quotidien les enseignements reçus et d’adopter des comportements compatibles avec les exigences de la citoyenneté, de la défense de la patrie et du vivre-ensemble. « Nous avons vu des jeunes formés sur tous les plans. Nous les appelons à mettre en œuvre ces formations reçues et aussi à former ceux qui sont autour d’eux afin que dans quelque année nous puissions avoir un Burkina Faso nouveau

Ils étaient 2 211 bacheliers à prendre part à cette session de l’immersion patriotique obligatoire dans la région du Djôrô. Depuis le 26 août 2026, ces jeunes, majoritairement issus de la session 2026 du baccalauréat, ont été répartis entre les centres de Gaoua et de Dano. Le contingent régional comptait 920 filles et 1 291 garçons, auxquels se sont ajoutés quelques bacheliers de la session 2025 éligibles au programme.
La cérémonie de Gaoua marque ainsi la fin d’une étape de formation, mais aussi le début d’une nouvelle responsabilité pour ces jeunes appelés, désormais invités à faire vivre dans leurs communautés les valeurs inculquées durant leur immersion patriotique obligatoire.
Antoine Bicaba ✍️






