Immersion patriotique des journalistes: Cette nuit du jeudi, j’ai failli faire ma dernière prière

Du 9 au 14 août 2026, nous étions 44 professionnels des médias venus des quatre coins du Burkina Faso à prendre part à l’immersion patriotique des professionnels des médias à l’Académie de police de Pabré. Une initiative du ministère de la Sécurité, en collaboration avec le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. Je suis appelé à l’immersion patriotique des professionnels des médias Somé Sansan, journaliste à Bafujiinfos.com. Je vous raconte.

Pendant six jours, nous avons rangé nos micros, nos caméras et nos smartphones pour enfiler la tenue militaire et nous familiariser avec l’univers des forces de défense et de sécurité.

À l’Académie de police, nous avons été formés au civisme, aux symboles de l’État, au secourisme, aux exercices d’ordre serré et à la gestion du stress. Et ce n’était pas tout. Le vendredi, nous avons également été soumis à des exercices de tir au pistolet automatique, à la Kalachnikov et à d’autres armes plus lourdes.

Je ressors de cette immersion avec une énergie nouvelle, mais surtout avec un autre regard sur le métier de soldat.

À l’école de l’ordre et de la discipline

Durant notre séjour, les hommes de sécurité ont renforcé en nous le sens de la discipline. Tôt le matin, il fallait se lever pour le sport. Motivé ou pas, il fallait y aller. Ici, le résultat comptait davantage que l’envie du moment.

Pourtant, dans ma vie quotidienne, il m’arrivait parfois d’attendre d’être motivé avant d’accomplir certaines tâches. À l’école de l’ordre et de la discipline, j’ai compris qu’on ne peut pas toujours attendre la motivation pour agir.

Les appuis faciaux, les tours du carré d’armes, les flexions et extensions ont été autant d’épreuves qui nous ont poussés à dépasser nos limites. Chaque exercice était une petite leçon de persévérance.

Mais parmi toutes les expériences vécues durant cette immersion, il y en a une que je ne suis pas près d’oublier.

Séance de tir à Badnogo. Somé Sansan en essai

La nuit où j’ai failli faire ma dernière prière

Le jeudi 13 août, nous avons reçu un cours sur le secourisme en zone hostile. La nuit tombée, il fallait mettre à l’épreuve les professionnels des médias afin de vérifier si les enseignements reçus avaient été assimilés. Nous n’étions pas informés de ce qui se préparait.

Devant nos dortoirs, nous avons chanté des chants militaires. L’ambiance était totale. Puis les monos ont donné la consigne : pas de chambre ce soir. Chacun devait dormir dans le rang, à même le sol.

La journée avait été longue. Épuisé, je dormais profondément.

Très tard dans la nuit, un premier coup de feu me réveilla.

Pam ! Pam !

Puis, presque immédiatement, le bruit des rafales se rapprocha. Des tirs retentissaient de gauche à droite, en passant par le milieu. Nous étions pris en embuscade. La peur m’envahit. Dans mon esprit, une seule pensée s’imposa : l’Académie était attaquée.

À cet instant, j’ai crié dans mon cœur : « Oh Seigneur ! »

Je me suis dit que ce n’était pas normal de mourir si jeune. Puis, progressivement, la situation s’est éclaircie. Ce n’était qu’une simulation.

Personne n’était mort. Mais nous venions de vivre une expérience qui, elle, était bien réelle dans ses émotions.

J’ai compris, ne serait-ce qu’un instant, ce que peut ressentir un soldat lorsqu’il est pris sous le feu de l’ennemi. J’ai mesuré davantage la bravoure de nos Forces de défense et de sécurité qui vivent, elles, avec le bruit des balles et la menace permanente.

Cette nuit-là, j’ai compris qu’entre le calme d’un dortoir et le chaos d’une attaque, il n’y a parfois que quelques secondes.

Des journalistes satisfaits et fiers

Au terme de notre séjour à l’Académie de police, la satisfaction était visible sur les visages des 44 participants. Si demain nous sommes rappelés pour une deuxième immersion, nous repartirons, j’en suis convaincu, volontairement et avec beaucoup d’enthousiasme.

Nous sommes fiers d’avoir constitué la première promotion de professionnels des médias à participer à cette immersion patriotique.

Cette expérience nous aura permis de mieux comprendre l’environnement dans lequel évoluent nos forces de défense et de sécurité, mais aussi de renforcer notre propre sens du devoir, de la discipline et du patriotisme.

Motion de reconnaissance

Je voudrais adresser ma profonde gratitude aux ministres chargés de la Communication, Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, et de la Sécurité, Mahamoudou SANA, pour cette initiative.

Mes remerciements vont également au Directeur général de l’Académie de police, aux commissaires, aux capitaines, aux officiers, aux conférenciers et à tous les encadreurs.

Une mention particulière à nos très chers « monos », qui ont su nous pousser dans à aller au delà de nos limites, parfois avec fermeté, mais toujours avec un objectif : nous faire grandir.

Six jours ont suffi pour nous apprendre beaucoup.

Nous sommes arrivés journalistes. Nous sommes repartis avec un peu plus de discipline, de courage et surtout, une meilleure compréhension de ceux qui portent l’uniforme pour défendre la patrie.

Somé Sansan, Appelé à l’immersion patriotique des professionnels des médias. Participant du média Bafujiinfos.com ✍️

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