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Les Echos du Sud-Ouest

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PROTECTION DES DROITS DE L’ENFANT : le réseau des journalistes du sud-ouest en fait son cheval de bataille


Le Réseau des Journalistes pour la Protection de l’Enfance du sud-ouest (REJPE/SUO) en partenariat avec Health Focus, opérateur de mise en œuvre du champ 3 du Programme Pro-Enfant de la GIZ a organisé du 22 au 24 juillet 2020 une caravane de presse qui a sillonné différentes localités de la région. A travers cette sortie terrain, les journalistes entendent non seulement constater les réalités des enfants dans les communes d’intervention du projet, mais aussi et surtout assurer des productions journalistiques pour informer, sensibiliser et interpeller les communautés. C’est avec le sentiment du devoir accompli que cette caravane a pris fin avec l’étape de Gaoua.

Dissihn, Batié et Gaoua, ce sont les trois localités visitées par le réseau des journalistes pour la Protection de l’Enfance du sud-ouest (REJPE/SUO) . Cette caravane s’est déroulée du 22 au 24 juillet 2020. L’objectif de la caravane d’échanges et de production/diffusion est de contribuer à une meilleure protection des droits des enfants dans la région du sud-ouest.

Dans les localités visitées, les caravaniers se sont imprégnés des réalités de la violation des droits des enfants mais pas seulement. « Nous avons animé des sessions de sensibilisation allant dans le sens de la protection des enfants, nous avons fait des productions d’émissions en fonction des réalités de chaque localité. Nous avons également rencontré les autorités administratives et coutumières pour leur demander de s’impliquer davantage dans la protection de l’enfant dans la région du sud-ouest » a dit Ollo Daniel PALE Coordonnateur du réseau. Ce n’est pas la première fois que le réseau des journalistes du sud-ouest organise une caravane, mais celui a un goût particulier. C’est avec satisfaction que Monsieur PALE apprécie son déroulement. « Nous apprécions cette caravane de façon positive parce que nous avons pu toucher les cibles que nous avons souhaitées atteindre notamment les enfants victimes, les acteurs de lutte, les autorités coutumières et administratives. Cette année, nous avons mis l’accent sur les langues nationales dans les productions » dans l’espoir de toucher tous les acteurs.

Satisfaction du côté du partenaire

Le partenaire du réseau dans l’organisation de cette caravane partage également ce motif de satisfaction. Selon Damien FARMA Conseiller technique en communication à Health Focus pour la mise en œuvre du champ 3 du programme Pro-Enfant de la GIZ, « En suivant cette caravane que vous avez organisée, avant même de voir les produits qui seront issus de cette descente sur le terrain, nous sommes très satisfaits parce que nous avons vu des journalistes qui sont allés sur le terrain toucher du doigt certaines réalités. Il n’est pas évident de parler de la protection des droits de l’enfant sans pour autant voir la situation de l’enfant sur le terrain, dans les familles, dans les ateliers de formation et c’est ce que les journalistes aujourd’hui ont fait ».

 En seulement trois jours, une pléthore de sujets a été traité en français et aussi dans différentes langues nationales. Et cette performance réjoui Monsieur FARMA qui estime que la question de la protection des droits de l’enfant n’est pas suffisamment abordée dans les médias. « Si vous parcourez les colonnes des journaux, les questions de la protection de l’enfant ne sont pas abordés au quotidien » a-t-il regretté alors que de nombreux préjugés sur le terrain empêche les enfants de jouir d’un droit fondamental, celui d’exister légalement. « Ce qui m’a touché, nous sommes allés pour comprendre pourquoi les parents ne font pas les actes de naissance. Les réponses que nous avons eues nous ont beaucoup édifiées. Les gens nous ont dit qu’il y a des communautés qui n’établissement pas les actes de naissance parce qu’ils se disent qu’en le faisant à la naissance, l’enfant va mourir très tôt. Ça nous inquiète. Lorsque vous apprenez par ailleurs aussi, qu’il faut attendre que l’enfant ait fait l’initiation, initiation qui d’ailleurs se fait chaque sept ans, ça nous inquiète également. Avec le temps, ce n’est plus une priorité pour les familles et l’enfant aura l’âge d’aller à l’école sans son extrait » s’est inquiété Damien Farma. Il compte faire un plaidoyer pour qu’il y ait un mécanisme d’établissement d’acte de naissance. Et pour ce faire il a trouvé génial la proposition d’une association qui a souhaité qu’on associe les frais d’établissement des actes de naissance au coût de la maternité.

Les caravaniers ont été édifiés par ce qu’ils ont pu constater sur le terrain. Ils pensent avoir eu des armes de plus pour faire face à la violation des droits de l’enfant dont ils ont fait leur cheval de bataille. « Globalement la caravane s’est très bien passée au vu de ce qu’on est allé voir sur le terrain. Il nous fallait arriver à certains endroits pour comprendre que les enfants vivent des situations compliquées.  Ça nous permettra de faire comprendre à la société les difficultés que ces enfants traversent, leurs causes et leurs conséquences pour la société » a dit Sié Judicaël PODA de la RTB2 Gaoua. Il estime pour sa part que chacun a sa part de responsabilité dans cette question de violation des droits des enfants. « Sur le terrain, on a constaté que la majorité des enfants vivent ces difficultés à cause de leurs parents. Des décisions politiques peuvent être prises pour amener la population à adhérer à certains principes pour aller de l’avant » a-t-il suggéré.

 Kyria DOLLY, sa consœur de la RTB2 a été quant à sensible à la question des grossesses en milieu scolaire. « Cette initiative est à louer parce qu’au sud-ouest, il y a beaucoup d’enfants qui sont dans des difficultés surtout les jeunes filles. Assez de filles ne terminent pas leur scolarité pour cause de grossesses non désirées ». Elle espère que les thèmes abordés à travers les différentes productions qui seront réalisées vont plus sensibiliser tous les acteurs surtout qu’elles seront réalisées en plusieurs langues.

La collaboration entre Health Focus et le réseau des journalistes pour la protection de l’enfance au sud-ouest a de beaux jours devant elle. « Nous avons pensé à une nuit de la protection de l’enfance pour voir comment recommencer les productions journalistiques au cours d’une année, cela va permettre aux journalistes de se pencher davantage sur la question des droits de l’enfant. Nous avons pensé aussi à une formation des journalistes » a promis Damien FARMA.

Dar Flavien DA



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