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Les Echos du Sud-Ouest

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Lutte contre le travail des enfants sur les sites d’orpaillage : le bilan de mise en œuvre du PIC présenté à Gaoua


La coordination de mise en œuvre du Programme Intégré de Communication (PIC) a présenté le vendredi 29 décembre 2017 à Gaoua, le bilan de ses activités. Cette rencontre bilan qui a regroupé les autorités administratives locales, religieuses et coutumières a été présidée par le gouverneur de la région du Sud-ouest Tagsséba Nitiéma.

Les participants à cette rencontre bilan

Le travail des enfants sur les sites d’orpaillage est une réalité au sud-ouest comme dans les autres régions du pays. Chaque année se sont des millions d’enfants qui sont transportés clandestinement à l’intérieur du pays ou hors des frontières pour être vendus ou utilisés dans les sites d’orpaillages artisanaux. Face à l’ampleur de ce phénomène et les effets néfastes qu’il engendre sur le bien-être des enfants, l’UNICEF en partenariat avec les radios du Sud-ouest ont mis en place un PIC dans 50 villages de la région du sud-ouest. L’objectif de ce PIC est de contribuer à la protection des droits de l’enfant à travers la prévention et l’élimination du travail des enfants dans le secteur des mines et des carrières artisanales pour accompagner le processus de changement de comportement.

C’est Ollo Daniel Palé de Radio Evangile du Sud-ouest (ESO) qui a présenté le bilan. Il ressort de ce bilan que toutes les activités programmées ont été réalisées avec l’accompagnement des structures techniques soit un taux de réalisation de 100%. 50 jeux radiophoniques, 35 représentations de théâtres fora, 35 projections de films sur les pires formes de travail des enfants, des causeries débats, la formation  des noyaux relais et les plaidoyers dans les quatre provinces ont été entre autres les activités menées. Directement, ce sont 47 049 personnes qui ont été touchées par ces activités. Mais indirectement  à travers les différents médias de la région à savoir la RTB2, ESO, Aargouta, Manivelle et Unitas, ce sont plus d’un million d’auditeurs qui ont été touchés par cette campagne car ces radios couvrent d’autres régions du pays et même des pays frontaliers. Malgré ces résultats jugés satisfaisants, les acteurs de mise en œuvre du PIC ont rencontré des difficultés sur le terrain. La période d’activité a coïncidé avec la saison des récoltes ce qui n’a pas facilité la mobilisation de la population sur le terrain. On note également un conflit entre les acteurs locaux dans certains villages. Ainsi, des recommandations ont été faites à l’égard de l’UNICEF et du Ministère de la communication. Elles concernent notamment la reconduction du PIC, la formation des journalistes sur la problématique de la traite des enfants et  dotation des médias  en matériel de sonorisation et en matériel roulant pour plus d’efficacité.

Le gouverneur Tagsséba Nitiéma

Cet atelier bilan a été présidé par le gouverneur de la région du Sud-ouest, Tagsséba Nitiéma. Il a noté dans son discours que la lutte contre le travail des enfants dans les sites d’orpaillage et autres carrières artisanales est l’affaire de tous en ce que le sujet est transversal. Il a saisi l’occasion pour remercier tous les acteurs qui ont permis la mise en œuvre du PIC notamment les Hauts-Commissaires, les préfets, les maires, les autorités coutumières et religieuses, les services techniques déconcentrés et les populations des 50 villages pour leur accompagnement.

Pour Issouf Sanou, procureur près le tribunal de grande instance de Gaoua, il faut saluer le travail qui est fait en amont parce que la situation des enfants en conflit avec la loi est compliquée. Il ne se passe pas un jour sans qu’on nous envoie un enfant soit qui a volé, soit qui a agressé ou qui est victime d’agression. Il est parfois impossible de retrouver ses parents. Aussi, les centres d’accueil de ces enfants sont insuffisants a-t-il déploré.

Bonikoun Patrice DA est le Premier adjoint au Maire de Gbomblora, une commune qui regorge de plusieurs sites d’orpaillages artisanaux. « Nous louons l’action qui a été entreprise par les médias du sud-ouest. Les activités menées vont impacter positivement sur l’éducation des enfants de sorte que nous puissions recadrer les enfants qui sont laissés à eux-mêmes et qui se retrouvent sur les sites d’orpaillage. C’est une sonnette d’alarme pour que nous puissions regarder comment accompagner ces activités » a-t-il dit. La mise en œuvre du PIC a couté 51 250 000 F CFA selon le coordonnateur du PIC le Pasteur Daniel Narcisse Kambou.

Dar Flavien DA




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