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Les Echos du Sud-Ouest

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Le jardinage hors sol à Gaoua : la trouvaille de Mahamadou SOMBIE


Mahamadou SOMBIE est Conseiller en gestion des ressources humaines. Il habite au secteur N°3 de Gaoua. C’est là qu’il entretient dans une cour commune un petit jardin potager qui sort hors du commun. Du matériel utilisé à la disposition des planches, rien n’est ordinaire pour le commun des professionnels du jardinage de la région du Sud-ouest. Avec ce petit espace, il produit  divers légumes. Bafujiinfos est allé à la découverte de ce jardinier d’un genre nouveau qui nourrit l’espoir que cette pratique inspire la jeunesse et soit répandue.

Le jardinage est une passion pour Mahamadou SOMBIE. Malgré l’insuffisance de l’espace dans sa cour, et le manque de temps,  il a réussi avec dextérité et art à mettre en place un jardin potager dans sa cour au secteur N°3 de Gaoua. « C’est l’amour du jardinage qui m’a amené à faire ce jardin.  Ce petit truc (jardin) me permet de m’occuper si je ne suis pas au service, de me retenir à la maison » a-t-il expliqué. Après cette motivation primaire, plusieurs autres raisons ont poussé monsieur SOMBIE à réaliser ce jardin. Il y a d’abord la cherté des condiments à Gaoua. « Vous savez qu’à Gaoua le coût des légumes est assez élevé. Souvent, il y a l’indisponibilité de ces produits. Si vous avez un jardin potager chez vous à la maison, ça vous permet d’avoir les légumes frais, surtout la salade à portée de main. » a-t-il soutenu.

Un jardin à moindre coût

Ce jardin est aussi l’occasion pour Mahamadou SOMBIE de sensibiliser les populations sur la  protection de l’environnement. Il utilise à cet effet des matériaux usagés pour repiquer les plants. « Ce sont des matériaux de récupération : des sacs de riz, des sacs de ciment, de vieux canaris percés, des bidons d’eau, les bouteilles d’eau minérale, les vieux seaux, des boites, des récipients qui peuvent retenir un substrat, ce sont ces matériaux qu’on peut recycler pour pouvoir utiliser » au lieu de les laisser polluer les rues. Il compte également sensibiliser la jeunesse sur les possibilités qui s’offrent à elle dans ces temps où l’emploi se fait de plus en plus rare.  « L’utilisation du matériel de récupération est un moyen de protection de l’environnement mais aussi un moyen de sensibilisation des jeunes. Quand on regarde on voit qu’il y a beaucoup de jeunes qui sont au chômage alors qu’avec du matériel qu’on trouve à côté, on peut faire beaucoup de choses. Quand j’ai fait les premières images de mon jardin, j’ai essayé de les  publier sur les réseaux sociaux. Il y a eu beaucoup d’échos. Il y a eu beaucoup de gens qui m’ont appelé pour savoir comment j’ai fait pour réussir cette prouesse. C’est un peu ça que j’attendais, c’est d’inciter les gens comme je suis enseignant, un formateur, c’est aussi notre rôle d’attirer nos petits frères, d’attirer les jeunes, de montrer qu’il y a d’autres opportunités » a soutenu Monsieur SOMBIE.

La technique du jardin suspendu méconnue

A cause du manque d’espace, certaines planches sont suspendues. Cette technique peu connue et utilisée permet de disposer de plus d’espace pour mieux rentabiliser.  « C’est un système qui n’est pas encore développé ici : les jardins hors sol, pourtant c’est un vieux système. On parle des jardins suspendus de Babylone. Les jardins suspendus de Babylone, c’était des jardins hors sol où on utilisait le système hydroponique.  Ce sont  des systèmes qui ne sont pas encore arrivés ici mais je pense qu’on peut les développer. Et comme vous le voyez, sur un  petit  espace, on peut produire beaucoup. Il suffit de savoir ménager cet espace et on va avoir des légumes frais à portée de mains » a-t-il confié. Grâce à cette technique, il produit de la salade, du poivron, de la menthe, des aubergines, des ananas mais aussi des pépinières d’anacardiers et cocotiers sur une petite superficie. Le système mis en place permet d’économiser l’eau à la maison rassure Mahamadou SOMBIE. « Les eaux usées qui ne contiennent pas de l’huile ou du savon peuvent être utilisées. Au lieu de les jeter, on les récupère pour arroser le jardin. En quelque sorte ça n’augmente pas le coût de l’eau » rassure-t-il.  En perspectives, Monsieur SOMBIE compte agrandir son jardin. « Ce petit espace me permet d’avoir de la salade à tout moment. J’ai enlevé pendant la fête et tous mes invités ont mangé de la salade bio produite à la maison. Et tout le monde a apprécié. Ça m’a encouragé et je suis entrain de chercher un espace un peu plus grand pour essayer une exploitation à grande échelle comme ça ne demande pas assez d’eau. J’invite d’autres personnes à essayer. Ceux qui veulent partager cette passion avec moi, je suis disponible. Ils peuvent venir, on va échanger et essayer de s’accompagner » a-t-il souhaité.

L’internet facteur déclencheur du jardin suspendu

C’est grâce à l’internet que Mahamadou SOMBIE a pu mettre en place ce jardin. Par conséquent, il invite la jeunesse à utiliser l’internet sous le bon angle afin de profiter des diverses possibilités qu’il offre. « Ce qu’on peut dire à la jeunesse, c’est qu’il y a beaucoup de possibilités. Aujourd’hui on a l’internet mais malheureusement  la jeunesse exploite mal l’internet. Tous ces éléments, ce sont des éléments qu’on a vu sur internet et qu’on a reproduit. Sur les réseaux sociaux, sur internet, il y a beaucoup de bons exemples, il y a beaucoup de savoir qu’on peut avoir. Je les invite à tirer beaucoup plus d’exemples, et de mettre ces innovations en pratique. Ainsi, je pense que ça peut  résoudre un tant soit peu des problèmes » a conseillé Mahamadou SOMBIE.

En attendant que d’autres personnes se lancent dans cette aventure, c’est une expertise locale unique qui est mise en valeur au secteur N°3 de Gaoua et dont seul Mahamadou SOMBIE a le secret.

Dar Flavien DA



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