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Les Echos du Sud-Ouest

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Kossi Wenceslas kambou: « j’ai été persécuté puisque certains missionnaires croyaient et faisaient croire que les rythmes traditionnels africains étaient sataniques »  


Après quinze ans de carrière musicale couronnée de trois albums, Kossi wenceslas KAMBOU se révèle un  artiste musicien chrétien confirmé qui a su maintenir la flamme des rythmes traditionnels lobi. A travers ses chansons empreintes d’originalité et de talent insoupçonnables, il exalte le « Biir » et le « Gompiir ». Voici la vie et le parcours musical de l’instituteur et du comédien relatés par lui-même dans un entretien que Bafujiinfos a eu avec lui.

 

 

Comment votre carrière musicale a-t-elle débuté ?

Le début de ma carrière musicale est toute une histoire. Quand j’étais très petit    , j’aimais chanter et faire du théâtre avec mes camarades lors des festivités comme la noël ou la fête de fin d’année. C’est par ces occasions que j’ai découvert que j’avais un talent musical. Mais de façon professionnelle c’est en 2003 que ma carrière débute avec la parution de mon premier album.

Pourquoi avez-vous décidé de chanter pour Dieu ?

Si je chante pour Dieu, c’est parce qu’il est tout pour moi. Mon existence est tout un témoignage au regard de ce que Dieu a fait et continu de faire dans ma vie. Et même s’il arrive que je compose un ou deux chants dans lesquels je donne des conseils qui ne sont pas purement religieux, Dieu demeure le centre et le fondement de mes compositions musicales.  Je ne peux chanter que pour Dieu.

Que représente la musique pour vous ?

La musique c’est ma vie. C’est par elle que j’exprime ma joie et ma tristesse. Je ne fais pas la musique pour des raisons financières. J’ai décidé d’être musicien pour pouvoir extérioriser ce que je ressens ou pense à travers des chansons. Quand je n’arrive pas à m’exprimer musicalement je sens un poids en moi-même.

Quelle est votre source d’inspiration ?

Comme je le disais tout à l’heure, ma principale source d’inspiration, ce sont les circonstances de la vie. Qu’elles soient heureuses ou douloureuses je m’en inspire beaucoup pour composer des chansons. Mais il y a quelques rare fois que j’ai eu des chansons dans un rêve.

Quelles sont les langues dans lesquelles vous chantez ?

La plupart de mes chansons sont en lobiri, birifor et français. Mais souvent je chante en mooré et dioula, ce qui n’est pas du tout fréquent.

Quelles sont vos perspectives pour votre carrière musicale ?

Mon ambition, c’est la valorisation des rythmes du terroir. Aujourd’hui quand je vois qu’on peut chanter et danser dans nos rythmes traditionnels dans nos églises, je m’en réjouis énormément car c’est un rêve que j’ai caressé depuis fort longtemps. A l’époque j’ai été « persécuté » puisque certains missionnaires croyaient et faisaient croire que les rythmes traditionnels africains étaient sataniques. Mais je disais que c’est plutôt Satan qui a volé à Dieu ces rythmes et qu’il fallait que les chrétiens se les réapproprient et les valorisent pour la gloire de Dieu. Je n’étais pas bien compris mais je ne me suis pas laissé faire. Et il a fallu assez de temps pour que les gens comprennent les choses de la sorte. Vous le savez bien, le Sud-ouest a un patrimoine culturel et artistique assez riche et varié et je suis écœuré de voir que certains préfèrent les rythmes importés. Ce n’est pas si mauvais mais ils doivent savoir que c’est le traditionnel de quelqu’un d’autre qui a été valorisé. Donc moi mon rêve, c’est de valoriser et moderniser les rythmes traditionnels lobis afin qu’un artiste qui émerge puisse adopter le « Gompiir » ou le « Biir » dans ses chansons et sans complexe. C’est de pouvoir louer Dieu en mes rythmes traditionnels et dans mes prochaines chansons je vais beaucoup d’y mettre l’accent.

Vous êtes instituteur, artiste musicien et comédien, comment arrivez-vous à combiner ces trois fonctions ?

L’enseignement étant ma profession, je fais la musique et le cinéma pendant mes temps libres. Mais pour moi ces trois fonctions s’accompagnent puisqu’un bon chanteur est forcément un enseignant à travers les conseils qu’il donne dans ses chansons. Je pense que chanter est un prolongement de mon métier d’instituteur surtout que maintenant je suis au bureau. A travers mes chants je communique la morale et les vertus à la société pour un changement de comportement. Et surtout inculquer aux gens qu’il y a un Dieu qu’il faut adorer ; celui qui a créé le ciel et la terre et qui a envoyé son unique fils pour sauver les hommes de la mort.

Pouvez-vous parler un peu de votre carrière d’artiste comédien ?

Je suis entré dans le cinéma de façon naturelle. En effet, j’ai rencontré un de mes anciens maitres d’école qui est réalisateur. Il m’a proposé de jouer dans un film qu’il tournait si toutefois le cinéma m’intéressait. Et c’est ainsi que je me suis lancé dans le cinéma puisque j’avais les aptitudes pour être un bon comédien.

Quel message avez-vous pour ces jeunes qui désirent embrasser une carrière musicale ?

Pour mes jeunes frères qui rêvent de devenir artistes musiciens, mon conseil est le suivant : qu’ils fassent la musique par amour et avec amour. Qu’ils n’y aillent pas dans l’idée d’en faire une profession ou d’avoir de l’argent. Ici au Burkina, ce n’est pas facile de faire de la musique une profession mais si on la fait par amour, on peut y trouver son compte.

Quel est votre message à l’endroit des jeunes du Sud-ouest ?

En ce qui concerne les jeunes de Sud-ouest, je vais d’abord m’adresser à ceux qui veulent embrasser une carrière musicale. Il faut qu’ils pensent à valoriser et à s’inspirer de nos rythmes traditionnels parce que c’est au Sud-ouest qu’on trouve assez de rythmes beaux et variés. Et pour tous les jeunes j’aimerais qu’ils aient un esprit d’union et d’entraide. Depuis longtemps le Sud-ouest a été ignoré et si nous nous mettons ensemble nous pouvons changer beaucoup de chose dans la région. C’est aussi l’occasion pour moi d’inviter les uns et les autres à soutenir les artistes musiciens qui émergent car tout artiste a besoin d’encouragement pour exceller dans son art.

Abdias Farma correspondant à Ouagadougou

 

 

 



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