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Les Echos du Sud-Ouest

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Habillement de la gent féminine dans les églises : Ces tenues pas du tout catholiques


A chaque situation sa tenue, des maillots de bain respectueux pour la plage ou la piscine, des jeans pour le jardinage et des vêtements chics pour les occasions formelles. Mais les femmes, notamment chrétiennes, ont du mal à assimiler cette logique. C’est du moins ce que certaines laissent croire vu les tenues qu’elles portent pour se rendre dans les lieux de culte. Constat sur le terrain.

Samedi 16 décembre 2017. 18h. Nous sommes à la paroisse Notre-Dame des apôtres de la Patte-d’oie. Vêtus qui de tenues à l’effigie de la sainte Famille, de la Vierge marie, de Jésus-Christ, qui de tenue de ville, les fidèles convergent vers l’entrée de l’église. Une jeune fille, la vingtaine révolue, attire notre attention : de grosses tresses lui descendant jusqu’au bassin, une jupe moulante rouge qui couvre à peine la moitié des cuisses, un haut blanc fourré dans une jupe ceinte d’une mince ceinture blanche, avec aux pieds des talons à aiguille blanche pailletés et une pochette rouge à la main et, pour couronner le tout, des lèvres badigeonnées de rouge, telle était-elle.

La destination d’Anita T., puisque c’est d’elle qu’il s’agit : l’église pour adorer le Seigneur. Comme visiblement voulu, elle s’attire plus d’un regard. « Comme c’est samedi, je dois aller retrouver des amis après pour boire un coup. Du coup je me suis habillée pour les deux situations », nous confie sans aucune gêne Anita T. avec un sourire radieux. A la question de savoir si elle ne trouve pas que son habillement pourrait gêner la prière des autres, elle répond par une hésitation : « Euh ! Non je ne pense pas. Ils sont venus pour prier, pas pour regarder les autres. En plus, à l’église, on est libre de s’habiller comme on veut. »

Et d’ajouter avant de faire son signe de croix pour marquer son entrée dans la « maison de Dieu : « Ce qui est bien dans l’Eglise catholique est que nous sommes modernes, les fidèles ne s’attardent pas sur des considérations archaïques.» Loin d’être un cas isolé, c’est celui de nombreuses jeunes filles et femmes qui portent des tenues extravagantes non pour aller dans les maquis ou autres lieux de réjouissance mais pour se rendre dans un lieu de culte. Sont-elles conscientes qu’elles indisposent les autres ? A en juger par la réaction de notre interlocutrice, certaines n’en sont pas conscientes même si on sait que beaucoup le font à dessein quitte à perturber les autres.

« Franchement, il y a des tenues qui perturbent la concentration », déclare le fidèle Aimé Nikièma à la sortie de la messe. Cet homme d’une quarantaine d’années trouve qu’il y a des « femmes qui exagèrent. On ne peut pas aller dans la maison du Seigneur comme si on partait en boîte de nuit ou dans un maquis », estime-t-il. Et comme solution, ce dernier propose que l’on impose un vêtement décent pour avoir accès à l’église. La maman catéchiste Jeanne Kaboré trouve que tout est une question d’éducation. « Si on éduque son enfant à respecter son corps quel que soit le lieu où il va, il sera toujours décent.

Nous devons aussi éduquer les enfants à respecter l’église et à s’y rendre sains de corps et d’esprit », a-t-elle dit. Dame Kaboré fait remarquer que le phénomène de l’habillement extravagant à l’église a pris des proportions assez démesurées, citant même le cas de mariées qui viennent à l’église pour bénir leur union avec des robes décolletées, sans bras. « C’est un péché que de perturber la prière des autres », fait-elle noter. Des mesures doivent être prises au plus vite pour la sensibilisation et l’implication de tous dans la résolution du problème, car il y a aussi des hommes, avec des pantalons flottants, qui laissent voir ce qui en principe doit être caché. « Pourquoi bien s’habiller pour rencontrer une autorité et ne pas en faire autant pour son Créateur ? » a-t-elle demandé.

Sachant celui en qui il a cru comme dirait l’apôtre Paul, Olivier Ouédraogo nous confie qu’aucune tenue ne peut ébranler sa foi et il se veut plus tolérant : « Moi, ça ne me gêne pas. De toute façon quand je viens à l’église j’ai tellement de problèmes que je n’ai pas la tête à regarder ailleurs. A chacun son style pour prier Dieu. »

Qu’à cela ne tienne, les autorités ecclésiastiques en sont préoccupées, même si elles n’y ont pas de solution miracle.

Pour Vincent Ilboudo, curé de la paroisse cathédrale de Ouagadougou, le problème est devenu une préoccupation qui suscite beaucoup de discussions, d’échanges et d’interpellations dans bien des paroisses, y compris la sienne. Selon cet homme d’Église, en plus de la sensibilisation à travers les homélies, plusieurs groupes qui interviennent dans l’église pendant les célébrations seront formés pour une synergie d’actions entre les services d’ordre, du protocole et de sécurité. Des groupes seront chargés de filtrer les fidèles qui ne seront pas bien habillés pour soit les inviter à repartir se changer, soit leur trouver de quoi se couvrir le temps de la célébration. « L’homme, dans sa relation avec l’autre, ne doit pas être l’objet de tentation ni de scandale pour les faibles », a-t-il affirmé.

Le vicaire de la paroisse Saint-André de Saaba, l’Abbé Innocent Kobendé, cite saint Paul dans sa première lettre à Thimotée : « Que les femmes sachent se revêtir et se parer de grâce et de bon sens plutôt que de coiffure, d’or, de perles, de vêtements. » Et d’inviter les Chrétiens à un examen de conscience qui se résume à ce questionnement : « Qu’est-ce qu’on vient chercher à l’église ? Qui est-ce qu’on vient y rencontrer ? Est-ce un lieu de rendez-vous ? » Sa conclusion est sans concession : une femme qui est digne d’éloges, c’est une femme qui craint Dieu et est respectable.

Encadré

Le sermon du pasteur Philippe

La tenue vestimentaire en question. Que se passe-t-il dans les églises évangéliques au Burkina Faso ?

L’église – l’ensemble de ceux qui reconnaissent Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu comme leur Sauveur et soumettent leurs vies à la volonté de Dieu par l’observation de sa Parole – ne peut se soustraire à certaines observances, notamment porter des vêtements décents pour couvrir notre nudité, conséquence du péché (Genèse 3:21) ; aujourd’hui, on assiste malheureusement à une surexposition sexuelle avec ces tenues extravagantes qui, au lieu de couvrir la honte de ceux ou celles qui les portent, l’exposent au contraire aux autres. Cette triste réalité est beaucoup plus remarquable chez nos sœurs. Le phénomène est si répandu que nos assemblées n’en sont pas épargnées. L’Eglise, qui devait donner l’exemple, est, il faut le reconnaître, le théâtre de ces comportements déviants, dégradant ainsi la dignité humaine. Si, de plus en plus, nous rencontrons dans nos églises évangéliques des tenues vestimentaires qui déshonorent la femme, cela traduit une méconnaissance, voire un rejet, de Dieu. Etre chrétien, donc enfant de Dieu, est un honneur impliquant une lourde responsabilité, car, comme le dit Jean 16:33, nous sommes dans le monde sans être du monde. C’est pourquoi nous invitons les responsables des églises à revenir de temps en temps sur la question pour donner les conseils utiles, et encourager les fidèles à honorer Dieu dans leur habillement. 1 Corinthiens 10:31 nous conseille ainsi à juste titre : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » Nous ne devons pas nous attacher aux réalités temporelles, parce que nous poursuivons une réalité intemporelle.

De la responsabilité des parents

L’Eglise ne peut, à elle seule, se dresser face au problème sans l’implication des parents. En effet, ceux et celles qui s’habillent mal viennent de nos maisons. Souvent, c’est avec notre argent qu’on a acheté ces vêtements, et quelquefois dans notre indifférence totale. L’Eglise ne peut qu’exhorter, conseiller et motiver. Mais si des personnes venaient à mettre à l’épreuve la communauté, les responsables devraient prendre des dispositions pour protéger les autres des actes contraires aux bonnes mœurs.

Au-delà de tout ce que nous pouvons dire sur cette question, le lecteur assidu de la Parole de Dieu se souviendra que ces comportements dégradants font partie des signes annonciateurs du prochain retour de Jésus. Soyons donc prêts, car nous ne savons ni le jour ni l’heure du retour de Jésus, alors que ces choses contraires à ce qui est normal se multiplieront de jour en jour.

 

Wendyam Philippe Yaméogo,

Pasteur principal de l’église locale

des Assemblées de Dieu de la Zone 1

zouratazphil@yahoo.fr

l’observateur paalga



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