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Les Echos du Sud-Ouest

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Confrérie dozo du Poni : Homme de l’année  2019 de Bafujiinfos.com


Le lundi 07 Janvier 2019, les dozos de Dipéo mettent en déroute des présumés terroristes. Ils parviennent à blesser un assaillant. Dans leurs fuites, ils abandonnent des armes et des motos. Ce cas n’est pas isolé car les dozos appuient les forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme. La rédaction de Bafujiinfos a choisi la confrérie dozo de dipéo et de la région comme personnalité de l’année.Elle est allée à la rencontre du responsable provincial pour mieux connaitre la structure.

Présentez-vous à nos internautes ?

Sansan NOUFE, président de l’association des dozos du Poni par ailleurs  président de l’association Banju qui est une structure qui veille sur l’environnement. Cette association a été créée il y a longtemps, mais a été reconnue en 2014. Les instances se tiennent régulièrement. L’objectif est de veiller sur l’environnement. L’environnement dans sa globalité avec les arbres mais aussi avec les hommes dans les questions de sécurité, les questions de promotion socio-économique. L’association au niveau provincial compte plus de 200 membres et nous sommes entrain de mettre progressivement en place les démembrements dans les départements ou les communes pour plus de représentativité.

Etre dozo est-il reservé à une catégorie de personnes ?Comment devenir dozo

Non. Tout le monde peut devenir dozo. Il faut avoir la volonté, l’autorisation des parents éventuellement et approcher les notables dozo qui vont dire les éléments à mobiliser pour faire des rituels d’initiation. Après ça, on intègre le clan des dozo.

Quelles sont les principales activités  que mènent les dozos dans la région du sud-ouest ?

Nous menons des activités de sensibilisation sur les feux de brousse, de formation sur les par feu. Des sensibilisations sur les questions de changements climatiques, la résilience en matière de changement climatique. Il y a aussi, les séances de reboisement  depuis deux ans notamment, nous avons mis en terre plus de 2000 plants pour compenser un peu le manque à gagner dû à la désertification, à la coupe abusive du bois et autre. Nous avons mené des activités de promotion socio-économique des femmes lorsqu’on sait qu’elles sont souvent amenées à fabriquer du charbon de bois, à vendre du bois en compensation, on les a formés sur les techniques de production du miel, la dotation en matériel de production de miel ce qui va leur permettre de mener des activités génératrices de revenu qui vont permettre d’abandonner la coupe du bois la transformation et la vente du bois toute chose qui contribue à sauver notre environnement . L’association organise également des groupes de culture pour tourner chez les différents membres afin d’apporter un plus en main d’œuvre lors de la saison hivernale dans les différents champs. C’est des groupes qui tournent sous forme de solidarité ça permet à chacun de produire quelque chose.

Les dozos interviennent dans le domaine sécuritaire.Pouvez vous en parler ?

D’abord, c’est les informations, il faut veiller sur le quotidien. Il faut voir toutes les personnes étrangères qui arrivent dans le village et comme on a des membres un peu partout, lorsqu’on a des informations, sur les éventuels cas suspects, tout de suite, on se rend sur les lieux pour confirmer, on mène des patrouilles,  on fait des sorties sur les différents axes. On sensibilise également les membres à la collaboration. Nous aussi, on collabore avec les forces de défenses et de sécurité notamment la gendarmerie et la CRS. Il y a des activités qu’on mène ensemble.

En Janvier 2019, vos confrères de Dipéo ont mis en déroute des présumés terroristes, quel est votre commentaire ?

Il faut dire que les terroristes exploitent généralement les profondeurs des brousses pour implanter leurs bases. Mais avec la collaboration des populations, les dozos de la zone de Dipéo Loropéni ont pu avoir les informations et ont pu dans les meilleurs délais et les meilleures stratégies les prendre et les remettre aux forces de défense et de sécurité. Mais comme ce sont des questions de sécurité, on ne peut pas donner plus de détails. Il y a eu des cas notamment à Bousséra où il y a eu des attaques. Les dozos ont pris les différents axes pour essayer de contrer si non appréhender les terroristes mais vue la taille de la zone, et le nombre de dozo qui est un peu réduit. Il y a eu des blessées du côté des assaillants sans pour autant les appréhender physiquement. Ça les a amenés à comprendre qu’il y a des groupes qui existent et qui sont prêts à défendre notre région.

Au regard de votre contribution, est ce que vous bénéficiez du soutien des autorités ?

Le soutien moral, beaucoup, techniquement également on bénéficie des conseils. Mais maintenant, parlant de soutien matériel ou financier, on ne peut pas dire que c’est consistant. Parfois, on bénéficie du carburant pour faire les patrouilles. Mais déjà, ce sont nos propres motos  qu’on utilise, ce sont nos propres moyens de défense qu’on utilise  ça fait que ce n’est pas toujours facile d’autant plus que les dozos dans la majorité ne sont pas des salariés.  Donc, il faut laisser ses petites activités économiques qui nous permettent de prendre en charge les familles et puis veiller sur l’environnement, sur les questions sécuritaires. C’est un peu délicat donc ça fait que ça limite beaucoup nos actions

Toute œuvre n’est jamais sans difficulté. Quelles sont les difficultés que rencontrent les dozos ?

Il faut dire qu’on n’a pas encore fini de nous organiser. Il y a beaucoup de dozo qui sont dans les villages, dans les communes, mais pour les organiser, il faut des moyens. Il faut arriver à les identifier, à les enregistrer, il faut les organiser peut-être par département en organisant des assemblées générales. Tout ceci nécessite une mobilisation des moyens pour les déplacements et même pour les former.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis des autorités ?

Aussi bien des autorités que des partenaires, c’est de nous permettre s’il y a des opportunités de nous donner l’information qu’on peut peut-être soumettre des projets pour être mieux organisés mais également pour avoir les moyens pour pouvoir former les membres et les mettre à la disposition de nos forces de défense et de sécurité. Autre moyens également, il faut dire déjà que nous même on a des initiatives. On a dit qu’on a fait des ruches pour nos femmes mais on a également avec l’appui d’un partenaire, on a pu donner des arbres fruitiers à des groupes de dozos pour pouvoir faire des vergers qui à la longue permettront d’avoir  des revenus. On a pu s’acheter une paire de bœufs. On est entrain de s’organiser pour avoir des charrues pour commencer comme on le disait tantôt, c’est des associations de cultures, on tourne dans les champs des camarades avec ces bœufs là peut-être on pourra agrandir les surfaces. On pourra avoir des champs collectifs et à la longue c’est comment on peut avoir un tracteur qui va non seulement travailler dans nos propres champs mais également qu’on pourra louer à des gens pour avoir des revenus toute chose qui va nous permettre de mobiliser des moyens pour pouvoir mieux organiser le travail de sécurisation de la province. Donc s’il y a des partenaires qui peuvent déjà accompagner l’achat de tracteurs ou bien la dotation en charrue, en bête de trait tout ça serait la bienvenue.

Quel est votre appel à l’endroit de la population ?

Aujourd’hui dans les villages, les gens se connaissent mieux que dans la ville. Ça veut dire qu’à tout moment, où on verra une personne  étrangère, il faut tout de suite toucher le CVD, les conseillers municipaux, les dozo les plus proches . C’est l’occasion pour  de leur dire en tout cas qu’on a trouvé quelqu’un qui est étranger dans le village . Lorsque l’information est donnée  et remontée on pourra s’assurer  si c’est une personne de bonne foi ou de mauvaise foi et avec les forces de défense et de sécurité à appréhender éventuellement la personne. Donc, on demande à la population de collaborer véritablement et de ne même pas hésiter et surtout de ne pas trainer parce que lorsqu’on traine on permet à d’éventuels djihadistes et terroristes de s’organiser, de s’implanter parce que eux ils sont souvent très rapides dans leurs actions.

Pour terminer, quels sont vos vœux du nouvel an

Les vœux de santé, de paix de cohésion et puis de dialogue inter générationnel et de dialogue inter religieux, de dialogue inter communautaire. C’est ça qui peut être le gage pour une cohésion sociale une paix durable et un développement escompté. Lorsqu’on s’accuse mutuellement , lorsqu’on se défie au lieu de s’apprêter sur les qualités on en vient à la déchéance donc il faut que les différentes religions arrivent  à dialoguer à se comprendre.

Dar Flavien Da

 



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