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Les Echos du Sud-Ouest

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3 JANVIER 1966  A GAOUA: les syndicats déterminés à faire échouer l’application de l’IUTS sur les indemnités


Le monde syndical burkinabè commémoration ce 3 janvier 2020, le 54e anniversaire du soulèvement populaire ayant entrainé la chute de la première république dirigée par le Président Maurice YAMEOGO. Cette commémoration se tient dans un contexte assez particulier marqué par la volonté de l’application de l’IUTS sur les indemnités par le gouvernement. A Gaoua dans le sud-ouest les militants des syndicats de l’Unité d’Action Syndicale (UAS) ont au cours d’une assemblée générale marqué leur refus de l’application de cette mesure jugée anti-sociale et se disent déterminés à la faire échouer.

La coordination régionale de l’UAS a organisé ce vendredi 3 janvier 2020 à Gaoua une assemblée générale pour commémorer le 54e anniversaire du soulèvement populaire de 1966. Au programme de cette commémoration, il y a eu une conférence et la restitution de l’assemblée générale de l’UAS tenue le 18 décembre 2019 à Ouagadougou.
Cette conférence a eu pour thème  « 3janvier 1966 : Historique, Enseignements et perspectives ». Elle a été animée par Balélé dit Antoine BAKO de la F-SYNTER. C’est un véritable cours d’histoire que BAKO a donné aux militants de la coordination régionale de l’UAS sud-ouest. En 1966 a-t-il dit, le président Maurice YAMEOGO a pris des mesures antisociales ce qui a conduit à sa chute.  « Maurice YAMEOGO a perdu le pouvoir parce qu’il a voulu se retourner contre son propre peuple. Il a voulu prendre des mesures antipopulaires, des mesures auxquelles les structures syndicales devaient répondre de façon vigoureuse. Il n’était pas en phase avec le peuple, il pillait les deniers publics. Mais son peuple était plus en avance sur lui ». Entre autre mesures prises, le conférencier a relevé l’instauration du parti unique, les restrictions des libertés syndicales, la diminution des salaires la corruption, la dilapidation des ressources. En plus, il n’était pas en odeur de sainteté avec l’église catholique mais aussi avec la chefferie coutumière. Maurice YAMEOGO a mis tout le monde sur son dos. Face aux syndicats qui prônent le dialogue, il oppose un discours de fermeté teinté de menaces. « Je frapperai sans pitié tous ceux qui prétendent parler au nom du peuple » a-t-il dit dans son discours à la nation le 31 décembre 1965. Parlant de la situation actuelle du pays, le conférencier dira qu’elle présente des similitudes avec celle ayant entrainée le soulèvement de 1966. «  Il n’y a pas un seul jour où il n’y a pas un scandale de corruption dans ce pays. On a l’impression que la situation actuelle est pire que celle de 1966. Alors que ça ne devait pas être le cas parce que nous avons connu une insurrection populaire qui a suscité beaucoup d’espoir au sein de la population. Malheureusement ceux que nous avons portés au pouvoir n’ont pas encore compris les aspirations réelles du peuple. Nous devons alors nous assumer comme nos ainés l’ont fait en 1966 » a déclaré Monsieur BAKO. Parlant des similitudes, le conférencier est revenu sur l’application de l’IUTS avec rappel depuis mai 2018 qui entrainera ipso facto une diminution des salaires des travailleurs du public et du privé. Il estime que les ressources sont à rechercher ailleurs pas sur les salaires des fonctionnaires qui peinent déjà à joindre les deux bouts. « En fin janvier 2020, chacun va constater une diminution de salaire sur son bulletin. Ce que nous déplorons, c’est l’attitude de certaines structures syndicales qui malheureusement accompagnent le gouvernement dans cette forfaiture en estimant que c’est du devoir des travailleurs de relever l’économie nationale. Il y a suffisamment de l’argent à prendre ailleurs, c’est mieux de laisser les maigres ressources des travailleurs » a-t-il déploré.

Pour Aoué GOMGNIMBOU,  modérateur de cette conférence l’IUTS avait été institué pour résoudre une situation conjoncturelle. Il s’insurge contre son extension aux indemnités. « Les travailleurs n’ont pas autre choix, c’est de mener la lutte, une lutte âpre parce que ce que le pouvoir est entrain de nous présenter est extrêmement grave. Le pouvoir refuse d’aller prendre l’argent où il est ». Il estime qu’il y a de grandes sociétés qui doivent plus de 600 milliards à l’état qui peinent à être recouvrés, il y a les sociétés minières qui ne versent pas la contrepartie due et autres détournements tels le cas du charbon fin. Pour ce qui est de l’IUTS les syndicats sont déterminés à faire reculer le gouvernement. « Les syndicats depuis 1960 ont fait reculer plus d’un gouvernement. En 1966, on fait tomber un régime, en 1975, on a fait échouer le projet du Général Sangoulé Lamizana et en 1998, ce sont les syndicats qui ont contraint le gouvernement à admettre que Nobert Zongo a été assassiné. 2014 et 2015, les syndicats ont été au cœur de l’évolution socio politique du Burkina. Ce n’est pas ce régime qui pourra nous inquiéter. La force est de notre côté. Nous allons inviter les camarades à rester mobilisés. Nous avons la conviction que nous allons faire échouer ce projet » a dit BAKO.

C’est Sansan Bienvenu DA qui a fait le compte rendu de l’assemblée générale de l’UAS tenue le 18 décembre 2019 à Ouagadougou. Il est revenu de façon plus concrète sur l’incidence financière que chaque catégorie de fonctionnaires doit ressentir après l’application de l’UITS sur les indemnités. Il a aussi transmis aux militants le message du bureau national de l’UAS qui est la mobilisation en attendant d’éventuels mots d’ordre.
Une minute de silence a été observée en la mémoire des héros de 1966 qui ont déclenché ce mouvement.

Dar Flavien DA



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