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Les Echos du Sud-Ouest

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Burkina Faso : La liberté de presse en léger recul


En partenariat avec la Deutsche Welle Akademie, le Centre National de presse Norbert Zongo (CNP/NZ) a commandité une étude sur l’état de la liberté de la presse au Burkina Faso pour l’année 2016. Des résultats présentés le 14 décembre 2017, un constat s’est dégagé : les menaces sécuritaires ont eu raison de la liberté de presse qui s’est contractée par rapport à 2015.

Pour l’année 2016, l’étude sur l’état de la liberté de la presse a été confiée aux Docteurs Koffi Amétépé et Lassané Yaméogo. Les deux chercheurs ont adopté une méthode à la fois quantitative et qualitative qui a concerné 59% des médias tout en tenant compte de la diversité du paysage médiatique.

Pour cette évaluation, cinq critères ont été retenus à savoir la liberté de parole et le libre accès aux informations publiques, la professionnalisation des journalistes, la diversité des médias et le pluralisme de l’information, la gouvernance des médias ainsi que les organisations professionnelles d’aide aux médias. Il ressort de cette étude que si des acquis ont été engrangés en 2015 sur le plan législatif, l’application des lois n’a pas été effective. De plus, l’environnement économique dans lequel les médias évoluent ne plaide pas pour leur épanouissement. Les chercheurs en veulent pour preuve le fait que plusieurs journaux de la presse écrite notamment ont mis la clé sous le paillasson à cause de difficultés économiques.

Situation « plutôt bonne »

Avec une note de 2,37 sur 4 les chercheurs analysent que la note du Burkina Faso est « plutôt bonne » ainsi que le confirme le rapport 2017 qui classe le pays cinquième (5e) sur le plan africain et quarante deuxième (42e) au niveau mondial. Une performance due à l’amélioration de la liberté de parole et de l’accès aux informations publiques. Des recommandations ont été faites aussi bien aux autorités politiques qu’aux organisations professionnelles des médias ainsi qu’au Centre National de Presse Norbert Zongo dans le sens de l’amélioration de la liberté de presse.

L’étude s’est aussi intéressée à la « place et image de la femme dans les médias burkinabè ». Elle révèle que bien que majoritaires dans la société, les femmes sont minoritaires dans la corporation des journalistes dans laquelle elles ne représentent que le quart des effectifs. Dans certaines entreprises de presse-28% de l’ensemble- elles sont tout simplement absentes. Cette situation de minorité se confirme encore dans les postes de responsabilité. L’étude révèle qu’au niveau de ces postes la proportion des femmes chute à 5%. La faible représentation des femmes trouve son explication dans les pesanteurs socioculturelles, les contraintes familiales très ancrées dans une société conservatrice. Là aussi, des recommandations ont été faites pour trouver une solution à cette anomalie numérique.

Lefaso.net




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