.
.

Les Echos du Sud-Ouest

.

Albert Oussé: « J’ai été voir le Mogho Naaba pour qu’il demande pardon à François COMPAORE… »


C’est un homme aux multiples casquettes. Entrepreneur, politicien, orpailleur, bref. Albert OUSSE puisque c’est de lui qu’il s’agit est propriétaire de débits de boissons, actuellement  président régional des orpailleurs du sud-ouest et président directeur général du complexe hôtelier les cauris de Diki. Qui est –il ? Pourquoi s’est-il engagé dans l’orpaillage alors que c’est interdit en pays Lobi.  Bafujiinfos.com est allé à la découverte de l’homme dans cette interview portrait.

Bafujiinfos : Qui est Albert OUSSE?

O.A : Je suis OUSSE Bankoèté  Albert, Président régional des orpailleurs du sud-ouest. Je n’ai pas un cursus scolaire éloquent. En effet j‘ai abandonné dès le CP1 en 1973, lorsque mon père m’a inscrit  à l’école Tielkan. Je précise que mes parents ont tout fait pour me ramener à l’école mais j’ai catégoriquement refusé.

Bafujiinfos : Qu’avez-vous fait après votre abandon ?

O.A : Mes parents m’ont envoyé à Ouagadougou pour faire la mécanique. J’ai fait successivement deux garages mais  J’ai abandonné parce que je trouvais que c’était de l’exploitation. Mon séjour dans la capitale Burkinabé n’a duré que 06 mois.

De retour à Gaoua, j’ai commencé à pousser les charrettes. Les petites économies de cette activité m’ont permis d’avoir une porcherie et j’avais plus de 100 porcs. Par la suite j’ai vendu des porcs pour aller à Bobo faire mon permis de conduire en 1986. De là-bas, j’ai continué à Ouagadougou ou j’ai travaillé avec Charles Taylor comme ouvrier avant de travailler  avec un Gabonnais qui possédait un camion. Ce dernier m’a remis le véhicule que j’ai envoyé à Gaoua. Quelques temps après j’ai travaillé avec quelques entreprises tels que jean de fer et Colas. J’étais payé 750f jours. Peu satisfait, je suis revenu à Gaoua pour travailler quelques temps avec Nako wourou wourou. Il m’a envoyé au mali ou j’ai passé deux ans avant de revenir au pays suite à des plaintes de ma mère. Quelques mois après j’ai eu un test avec un projet basé à Banfora. Là-bas nous avons fait deux ans et suite à une grève, nous avons tous été renvoyés.

Poursuivant mon chemin, j’ai travaillé comme chauffeur dans Plusieurs structures pederso. Ce, jusqu’à ce qu’un autre projet m’ait proposé un salaire de  de 600.000F CFA. C’est ainsi que j’ai économisé pour créer mes propres entreprises. Il s’agit de l’actuel Diki solution, une entreprise de collage et de ventes de pneus.

Bafujiinfos : Vous dites que vous êtes le président régional des orpailleurs du sud-ouest. Comment êtes-vous rentré dans l’orpaillage ?

O.A :Ce sont des amis comme sawadogo Mohammed qui m’ont amené dans l’orpaillage. Ils étaient à Kampti. Pour eux si je me joins à eux, les populations comprendront. J’ai refusé au départ. Quelques années après, ils ont découvert de l’or sur la colline du secteur n°1. Ils sont revenus me voir et me supplier de me joindre à eux. J’ai hésité avant d’accepter. Mais  avant, j’ai demandé l’avis de mon père qui m’a juste demander de faire beaucoup attention. En effet, il était réticent au regard de l’image que les Lobi ont de l’or.

La colline dont il était question, faisait partie des propriétés de notre famille. Ainsi, ai-je suis allé voir les autorités pour l’obtention d’une autorisation d’exploitation. Ils nous ont autorisées en nous disant qu’il n’y a pas de souci. Mais, par la suite les autorités nous ont interdit l’exploitation vue la proximité du site avec la ville de Gaoua. Ainsi, nous avons fermé et je suis allé à Djikando voir les populations. C’était une résistance farouche, mais il a fallu que je procède par des stratégies diverses pour qu’ils acceptent finalement. Nous avons mené des actions sociales telles que la construction du pont, et des forages pour le village.

Aujourd’hui je ne regrette pas puisque j’y gagne ma vie. Mieux  j’ai obtenu  un titre minier. Je suis à la recherche de partenaires pour commencer la recherche et les travaux sont très avancés.

Quel est le regard que les Lobi avaient de vous ?

Ils étaient inquiets. Ils me traitaient de voyou et de tous les mots. Mais j’ai dit que la vie c’est le courage. Ce qui m’a motivé c’est que les étrangers qui s’adonnaient à l’activité d’orpaillage étaient financièrement mieux que nous. Il n’était pas rare de voir quelqu’un qui arrive, quelques mois après, se paie une voiture et achète des parcelles alors que les jeunes de la localité croupissent dans la misère. Je me suis dit si eux ils exploitent c’est que je peux le faire. Et, sans être arrogant je peux dire que grâce à moi beaucoup de jeunes de la région (lobi, Birifor, dagara et autres) sont dans l’orpaillage.

Bafujiinfos : Vous êtes aujourd’hui propriétaire d’un complexe hôtelier. De quoi s’agit-il exactement ?

Le complexe hôtelier les cauris de Diki est composé de 24 chambres avec toutes les commodités (restaurant, night-club, super marché, salle de conférence etc.).  De passage je précise que Diki c’est le nom de mon grand-père. C’est une manière pour moi de l’honorer.Les cauris comme vous le savez sont un symbole pour le peuple Lobi.Il faut  dire que c’est un projet de longue date. Mais c’est surtout dû au faite que nous, fils de la localité, n’avons pas de réalisations visible à Gaoua.

Bafujiinfos : Des indiscrétions affirment que vous n’êtes pas l’auteur du complexe hôtelier. Confirmez-vous cela ?

O.A : (rire). J’ai entendu les gens dire que c’est Watao qui a construit l’hôtel. J’aimais ça parce que ça me couvrait. Certains même sont allés jusqu’à vérifier les documents. Watao c’est un ami, il n’était même pas au courant que je construisais cet hôtel. Même si Watao me donne quelque chose, c’est pour moi.

Bafujiinfos : Il semble que vous ne reculez pas, Quel qu’en soit la situation. D’où tirez-vous ce courage ?

O.A : C’est peut être lié à mon enfance. J’ai vécu beaucoup de situations. Le courage c’est depuis mon enfance. Je suis très ambitieux. Quand je tiens à quelque chose, je ne lâche pas. Il faut que ça se réalise.

Bafujiinfos : Vous êtes engagé dans la politique. A quand remonte vos débuts  dans la politique et votre parcours politique ?

O.A : J’étais au PAI. Le petit frère de mon papa était à l’ODPM-T. Par la suite, j’ai rejoint ce dernier afin de battre campagne pour lui. Au départ ceux du PAI n’ont pas accepté. Lorsque l’ODPM-T est devenu CDP nous avons été à un congrès et Sali Diallo m’a pris comme son bon petit et je lui fournissais les informations de la région.  AU CDP J’ai occupé le poste de secrétaire général de la  province du Poni pendant 10 ans. Je n’ai pas besoin de poste politique. Mon souhait est que les hommes politiques contribuent au développement de notre cité.

Bafujiinfos : Actuellement vous êtes au MPP. Racontez-nous ?

O.A : Mon entrée au MPP n’était pas facile, mais salif Diallo a tout fait. Il a convaincu tous ceux qui ne voulaient pas de moi au MPP. Je précise que J’ai failli être tué, on m’a menacé de mort. J’ai été voir le Mogho Naaba pour qu’il demande pardon à François COMPAORE et c’est ainsi que j’ai eu la vie sauve. Il y a des hommes qui me surveillaient dans mes vas et viens. Quand je rentrais à Ouaga, je ne dormais pas à l’hôtel mais en brousse. La politique c’est de la sorcellerie, de la mesquinerie, il y a tout dedans.

Bafujiinfos.com : Mais vous êtes cas même dedans ?

O.A : Oui. Si vous ne faites pas la politique, elle va vous faire. Il faut avoir les hommes. Un politicien est un rassembleur. Il y a des hommes politiques qui chassent les hommes. J’invite nos politiciens  à se mettre ensemble et surtout trouver un consensus lorsque c’est tendu. Nous sommes tous des frères. Il faut qu’on évite de s’entredéchirer

Bafujiinfos.com : Quels sont vos projets ?

O.A : J’ai un projet de construction d’une grande école avec internat y compris une école de foot. Le budget total s’élève à près de deux milliards et je suis à la recherche des fonds. Sur ce projet, je travaille avec un ami qui est aux USA. L’idée du projet c’est d’avoir une école moderne avec toutes les commodités et nous comptons recevoir des candidats des pays voisins. D’ici fin Janvier, les travaux vont commencer.

L’autre projet c’est avoir une mine industrielle. Je travaille avec plusieurs partenaires tels que des chinois, des canadiens et de Doubai. J’ai obtenu un titre minier qui s’étend sur une superficie de 203km² et va  de Gaoua à Batié. Sur ce projet je travaille avec des géologues pour que cela soit une réalité.

Bafujiinfos : Votre message à l’endroit des jeunes ?

O.A : Les jeunes ne travaillent pas. Le sport favori de beaucoup de jeunes c’est l’alcool, rien d ‘autres. Ils sont toujours dans les cabarets ou les débits de boisson. Le travail d’abord, la réjouissance après. Il faut que les jeunes du sud-ouest se battent. Certains ne s’approchent pas pour demander vos stratégies ou s’associer à vous pour vous aider afin d’avoir leur part. Lorsque certains vous approche c’est juste pour résoudre les problèmes « Je ne suis pas raciste… J’aime celui qui travaille »

Aux cadres de la région, il faut qu’on s’accompagne. Il faut qu’il pense à réaliser quelque chose dans leur région. SI vous êtes dans des postes. Il faut accompagner les cadres moyens afin qu’ils atteignent le sommet.

Dalou Mathieu Da



Articles similaires

3 thoughts on “Albert Oussé: « J’ai été voir le Mogho Naaba pour qu’il demande pardon à François COMPAORE… »

  1. Kambou Sié Elie

    Quel temoignage! C’est vraiment inspirant. Que Dieu benisse ce monsieur qui travaille pour la la visibilité de la ville de Gaoua.

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *