L’Association des blogueurs du Burkina (ABB) a tenu, le lundi 31 août 2026, la 5ᵉ édition de son Colloque national sur le numérique à l’Hôtel des Conférences Ouind-Yidé (HCOY), à Ouagadougou. Placée sous le thème « Confiance numérique et résilience informationnelle : quels défis pour un Burkina Faso sûr, inclusif et responsable ? », la rencontre a réuni plusieurs blogueurs ainsi que des acteurs de l’information, de la communication et du numérique issus de différentes structures.

À travers cette initiative, l’ABB entend favoriser la réflexion sur les mutations de l’espace numérique et les responsabilités qui incombent à ses différents acteurs. L’objectif est également de contribuer à une meilleure compréhension des enjeux liés à la confiance numérique, à la qualité de l’information et à la sécurité dans un environnement numérique en constante évolution.
Trois communications ont constitué les principaux temps forts de cette édition. La première, intitulée « La confiance numérique au Burkina Faso », a été présentée par Clovis P. Arnaud Djigma, chef de service Audits, Expertise, Normes et Renforcement des capacités de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) du Burkina Faso. Son intervention s’est articulée autour de quatre axes principaux : la définition de la confiance numérique, l’état des lieux du numérique au Burkina Faso, les enjeux et les perspectives.
La deuxième communication a porté sur un sujet particulièrement actuel : « L’intelligence artificielle, désinformation et résilience informationnelle : comment préserver l’intégrité de l’information ». Elle a été animée par Thomas Ouédraogo, consultant en transformation digitale. L’intervention a permis d’ouvrir la réflexion sur les effets de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’information. Si cette technologie offre de nouvelles possibilités, elle soulève également des interrogations quant à la fiabilité des contenus, à la propagation de la désinformation et à la capacité des citoyens à distinguer l’information fiable des contenus manipulés.

« En 2026, avec l’ère de l’intelligence artificielle, tout le monde peut créer de la désinformation à zéro franc. », a relevé Thomas Ouédraogo. Une réalité qui traduit les nouveaux défis auxquels sont confrontés les utilisateurs des réseaux sociaux. Dans un environnement où la production et la diffusion des contenus sont de plus en plus rapides et accessibles, la capacité à vérifier, analyser et contextualiser l’information devient un enjeu majeur pour les citoyens et, plus largement, pour l’ensemble de la société.
La troisième communication, assurée par El Hadji Y. Diaby Kassamba, informaticien et chargé d’études à la Commission de l’informatique et des libertés (CIL), était consacrée à la « Cybersécurité, protection des données personnelles et lutte contre la cybercriminalité ». Cette communication a permis d’aborder les différents enjeux liés à la sécurisation de l’environnement numérique, notamment la protection des données personnelles et les menaces liées à la cybercriminalité.

Après les différentes présentations, les participants ont eu l’occasion d’interagir directement avec les communicateurs. Questions, contributions et points de vue ont permis d’approfondir les différentes thématiques abordées au cours des communications. Cette phase d’échanges a également permis de confronter les réflexions présentées aux réalités auxquelles sont confrontés les acteurs du numérique et de l’information dans leurs activités quotidiennes.
Au terme des travaux, des recommandations ont été formulées à l’endroit des pouvoirs publics et des différentes parties prenantes afin de contribuer à une meilleure prise en compte des enjeux liés au numérique. Les blogueurs ont également adopté des résolutions visant à promouvoir un usage responsable des réseaux sociaux et à renforcer leur contribution à un environnement informationnel plus fiable.

Au-delà des outils et des innovations technologiques, cette 5ᵉ édition du Colloque national sur le numérique aura ainsi mis en évidence une nécessité : renforcer la responsabilité de tous les acteurs dans la production, le partage et la consommation de l’information. Dans un espace numérique où l’information circule à une vitesse toujours plus grande, la confiance ne peut se construire sans vigilance, la liberté numérique sans responsabilité et la résilience informationnelle sans une véritable culture de l’information. La rencontre prit fin officiellement sur une invite du président du Conseil d’administration de l’ABB, Koundjoro Gabriel Kambou : « Il nous revient maintenant, chacun à son niveau, institutions, plateformes, opérateurs, citoyens, jeunesse, de traduire ces échanges en actions concrètes. »
Dimanche Kambou, Correspondant/ Ouagadougou







