Voyage mouvementé : Flamousso réclame le silence et est rapidement prise à partie 

Le lundi 4 mai 2026, aux environs de 11 heures, un car a quitté Bobo-Dioulasso sous une chaleur accablante en direction de Gaoua. À l’intérieur, les passagers tentaient de supporter tant bien que mal la température. Mais très vite, un autre élément est venu troubler la tranquillité du voyage : le bruit.

Un groupe de femmes, visiblement à l’aise, discutait de tout et riait sans retenue. Leurs échanges, commencés dès le départ, ont continué tout au long du trajet. Le problème ? Elles n’étaient pas assises côte à côte. Résultat : pour se faire entendre, elles parlaient un peu fort, au point que tout le car suivait malgré lui leurs conversations.

Au bout d’un moment, une passagère, une peule excédée par le vacarme, a pris la parole en dioula : « Ayi sabari ka djé donni », autrement dit : « S’il vous plaît, faites un peu de silence. » Une demande simple, polie même. Mais visiblement mal reçue.

Le groupe de femmes a immédiatement haussé le ton. Elles ont reproché à la passagère de vouloir leur imposer le silence : « Flamousso, est-ce que tu as payé notre transport pour nous dire de nous taire ? » L’échange a pris une tournure tendue, avec des propos parfois déplacés.

Et l’argument suprême, celui qui clôt le débat selon elles : « Nos voisins immédiats n’ont rien dit et c’est toi qui parles ! » L’une d’elles alla plus loin, au bord de l’insulte : « Les gens de grande taille n’ont pas parlé et c’est toi de petite taille qui va réagir. »

Pendant ce temps, les autres passagers, notamment les hommes, sont restés silencieux, observant la scène sans intervenir.

Cet incident, banal en apparence, pose une vraie question : celle de la liberté dans les espaces publics, ici dans un car de transport.

La liberté est un droit fondamental. Comme l’expliquait John Stuart Mill, chacun est libre de faire ce qu’il veut, tant que cela ne nuit pas aux autres. De son côté, Jean-Jacques Rousseau rappelait que vivre en société implique des règles, même implicites, pour garantir le bien-être de tous.

Dans un car, parler n’est pas interdit. Rire non plus. Mais parler fort au point d’empêcher les autres de se reposer ou de voyager paisiblement devient un problème. Ce n’est plus seulement une liberté individuelle, c’est une nuisance collective.

Dans la situation décrite, Flamousso qui a demandé le silence n’a pas dépassé ses droits. Elle n’a insulté personne, elle n’a pas imposé, elle a simplement demandé un peu de calme. Sa réaction était légitime. En revanche, la réponse du groupe de femmes, basée sur l’idée que « chacun fait ce qu’il veut parce qu’il a payé son ticket », montre une mauvaise compréhension de la vie en communauté.

Payer son transport donne le droit de voyager, pas celui de déranger les autres.

Alors, que faire pour éviter ce genre de tensions ?

D’abord, chacun doit prendre conscience que le car est un espace partagé. Il ne s’agit ni de sa maison, ni d’un lieu de fête. Un minimum de respect est donc nécessaire : parler à voix modérée, éviter de crier, penser aux autres.

Ensuite, les transporteurs peuvent jouer un rôle. Un simple rappel des règles de courtoisie en début de voyage peut aider à prévenir ces situations.

Enfin, les passagers eux-mêmes doivent apprendre à dialoguer calmement. Une remarque peut être faite sans agressivité, et une critique peut être acceptée sans se sentir attaqué.

En résumé, tout n’est pas interdit dans un car, mais tout n’est pas permis non plus. Comme on le dit souvent, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Pour voyager ensemble dans la paix, chacun doit faire un petit effort. C’est cela aussi, vivre en société.

Somé Sansan ✍️

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