Valeurs ancestrales : « il ne faut jamais causer avec sa femme sur le lit conjugal », Édouard Somda.

Dans le Djôrô, comme partout ailleurs au Burkina Faso, les paroles des anciens sont des phares qui éclairent nos vies. Une sagesse ancestrale, partagée par Édouard Somda, résonne avec une pertinence particulière : « Il ne faut jamais se coucher et causer avec sa femme sur le lit conjugal. »

Cette affirmation n’est pas une interdiction de communiquer, mais un appel à l’extrême vigilance. Le lit conjugal est, selon cette tradition, un moment de faiblesse psychologique pour l’homme. Une fois allongé, relâché, le jugement s’épuis. La femme, profitant de cette intimité profonde, peut demander tout ce qu’elle désire, et l’homme, désarmé, se sent incapable de refuser.
« Tout ce qu’elle va dire, demander, tu vas dire oui. Et tu ne pourras plus revenir en arrière », rappelle Édouard Somda.

Aussi, l’homme risque de faire des promesses allant au-delà de ses capacités financières ou sociales, ou pire, de dévoiler des secrets familiaux gardés depuis des années, trahissant involontairement la confiance de son clan. En somme, l’homme n’est plus maître de lui-même dans cet espace sacré et vulnérable.

La nuance est d’écouter, sans trahir

Faut-il pour autant instaurer un silence total au coucher ? Certainement pas. La femme africaine est souvent le pilier du foyer, une conseillère précieuse dont l’intuition et la clairvoyance sont des atouts majeurs pour son mari. Les échanges nocturnes ne sont pas proscrits. Au contraire, ils peuvent être une source de bons conseils et de renforcement du lien.
Le message essentiel des aînés n’est donc pas d’éviter l’épouse, mais d’adopter une vigilance accrue. Le mari doit apprendre à discerner le moment de l’échange affectif du moment de la décision stratégique. Il est impératif d’éviter de prendre des engagements cruciaux ou de divulguer des informations sensibles lorsque le corps et l’esprit sont dans cet état de profonde vulnérabilité.

En fin de compte, cette sagesse nous exhorte à l’équilibre notamment chérir l’intimité conjugale tout en protégeant l’honneur de sa famille et l’intégrité de sa parole. La vigilance est le prix de la sérénité.

Somé Sansan

Facebook
Twitter
LinkedIn

ARTICLES SIMILIARES

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

En savoir plus sur Bafujiinfos.com

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x