Valeurs africaines en danger : L’appel d’Edouard Somda à restaurer l’autorité des anciens

Le respect de l’aîné, pilier de la cohésion familiale et sociale en Afrique, est aujourd’hui menacé. Edouard Somda, observateur avisé des mutations sociétales, lance un vibrant appel au retour aux fondamentaux, soulignant que l’affaiblissement de cette valeur est une cause majeure des mésententes familiales contemporaines.

Edouard Somda

Dans de nombreuses cultures africaines, l’harmonie familiale reposait sur une sagesse ancestrale profonde. Face à un conflit entre un cadet et un aîné, la résolution suivait une règle d’or tacite. « On ne donne pas raison au petit frère devant son grand frère », affirme Edouard Somda. Selon lui, l’autorité et le respect de l’aîné étaient préservés publiquement. Ce n’est qu’en privé que les parents s’assayaient avec l’aîné pour lui signifier ses torts, garantissant ainsi que le secret de la critique restait entre adultes. Cette approche, invisible pour le cadet, maintenait le ciment familial en place notamment le respect.

Aujourd’hui, l’approche est radicalement différente. M. Somda regrette que, dans un souci d’égalité mal comprise, les parents « critiquent et insultent le grand frère en présence du petit frère ». En traitant tout le monde sur le même pied sans égard pour la hiérarchie d’âge, le respect mutuel disparaît. La jeunesse actuelle, dit-il, refuse ainsi nos « valeurs ancestrales », conduisant à une multiplication des conflits.

Ce manque de considération ne se limite pas aux relations fraternelles. Il s’étend au non-respect généralisé des personnes âgées, dont l’expérience est pourtant une richesse inestimable. « On peut tout voler à quelqu’un, sauf ses pensées, ce qu’il a dans sa tête », rappelle M. Somda. Les aînés détiennent des conseils précieux qui peuvent « sauver » la jeune génération, mais celle-ci, malheureusement, « s’en fout des aînés ».

La modernité ne doit pas signifier l’anéantissement de l’héritage culturel. L’enjeu, selon Edouard Somda, est de concilier le progrès et les traditions. Un retour en arrière, non pas un rejet du monde moderne, mais une réaffirmation du respect de l’aîné comme boussole sociale, est indispensable pour préserver la cohésion et retrouver la voie de l’entente familiale.

Somé Sansan 

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