Transparence dans le secteur extractif : le rapport ITIE 2024 présenté à la société civile à Gaoua

Le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Burkina Faso (ITIE-BF) a réuni, ce jeudi 09 avril 2026, les organisations de la société civile de la région du Djôrô pour leur présenter le rapport ITIE 2024. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de dissémination dudit rapport, menée sur l’ensemble du territoire afin de renforcer la transparence et la redevabilité dans le secteur extractif.

Comme à l’accoutumée, l’ITIE-BF élabore chaque année un rapport détaillant la gestion des industries extractives au Burkina Faso. Véritable outil de référence, ce document met à la disposition des citoyens et des institutions des données fiables et accessibles sur les activités minières. Après un processus rigoureux d’élaboration, le rapport est ainsi porté à la connaissance des populations à travers des rencontres régionales, dont celle de Gaoua.

Selon Bruno Zongo, chargé d’étude au Secrétariat permanent de l’ITIE-BF, cette session se veut un espace d’échanges constructifs. « Le rapport contient des informations sur l’ensemble des paiements effectués par les sociétés minières les titres miniers. », a-t-il précisé, invitant les participants à s’approprier son contenu.

Le rapport ITIE 2024 révèle que, sur la base des données fournies par les régies de recettes de l’État, les revenus nets générés par le secteur extractif en 2024 s’élèvent à 635,58 milliards de FCFA, pour une production de 60,77 tonnes d’or. Ces recettes enregistrent une hausse de 40,76 milliards de FCFA par rapport à 2023, où elles s’établissaient à 594,82 milliards de FCFA.

Parmi les principales entreprises contributrices figurent IAMGOLD Essakane avec 152 milliards de FCFA, Houndé Gold Operation SA (91,828 milliards de FCFA) et SOMISA (67,026 milliards de FCFA). Le secteur extractif demeure également un important pourvoyeur d’emplois, avec 108 436 personnes employées directement et indirectement soit 0,7% des emplois du Burkina Faso.

Pour Mme Kabré Lucie, représentante de la société civile au comité de pilotage de l’ITIE-BF, la vulgarisation du rapport constitue un enjeu majeur. « L’intérêt de cette dissémination est de permettre aux populations de mieux comprendre le fonctionnement des compagnies minières, les revenus générés et leur utilisation par l’État », a-t-elle expliqué. Elle a, par ailleurs, exhorté les participants à jouer pleinement leur rôle de relais d’information auprès des communautés.

Au niveau local, les retombées du secteur extractif sont également perceptibles. Dans la région du Djôrô, les collectivités territoriales ont bénéficié d’un montant global de 1 341 390 139 FCFA, issu notamment de la taxe superficiaire et du Fonds minier de développement local. Représentant le président de la délégation spéciale de la commune de Gaoua, Koumba Traoré, président de la commission aménagement du territoire et gestion foncière, estime que cette initiative contribuera à une meilleure gouvernance locale. « Avec la présence de nombreux sites miniers dans la région, ce rapport est un outil essentiel pour sensibiliser les populations sur la gestion des ressources, tant au niveau national que territorial », a-t-il souligné.

Disponible sur le site de l’ITIE-BF et traduit en plusieurs langues locales, le rapport ITIE 2024 est le 16ᵉ publié par l’institution. Il se veut un levier de transparence et de participation citoyenne dans la gestion des ressources extractives du Burkina Faso.

Antoine Bicaba

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