Le football s’est une nouvelle fois révélé comme un puissant vecteur de rapprochement entre les communautés à Gaoua. Dans le cadre de la deuxième édition du tournoi Alliance Multi-Services, deux matchs de gala placés sous le signe de la parenté à plaisanterie ont réuni, le lundi 17 août 2026, les communautés Bissa, Gourounsi, Bobo et Peulh autour des valeurs de fraternité, de convivialité et de cohésion sociale.

Au-delà de l’enjeu sportif, ces deux rencontres ont surtout offert un espace de retrouvailles et de taquineries entre des communautés liées par des relations traditionnelles de parenté à plaisanterie.
Les Bissa prennent le dessus sur les Gourounsi aux tirs au but
La première rencontre a opposé les Bissa aux Gourounsi. Après un match disputé, les deux équipes n’ont pas réussi à se départager lors du temps réglementaire. La décision s’est finalement faite lors de la séance des tirs au but, remportée 1-0 par les Bissa.
Mais pour les participants, l’essentiel était ailleurs. Le match a surtout permis aux deux communautés de se retrouver dans une ambiance détendue, fidèle à l’esprit de ce patrimoine culturel.
Bako Balélé, représentant de la communauté gourounsi, a salué une initiative qui, selon lui, permet de renforcer les liens entre les populations. Il a estimé que la cohésion sociale constitue aujourd’hui un impératif pour le Burkina Faso et a appelé à multiplier ce type d’initiatives. « Il faut cultiver la cohésion sociale, on n’a pas d’autre choix », a-t-il notamment souligné, estimant que ces rencontres contribuent à renforcer l’unité et le vivre-ensemble.

Bobo et Peulh : une rencontre riche en symboles
Le deuxième match de gala a mis aux prises les Bobo et les Peulh. Là encore, le football a servi de prétexte à une rencontre placée sous le signe de la fraternité.
Après un temps réglementaire particulièrement animé, les deux formations se sont séparées sur un score de parité (2-2). Il a donc fallu recourir aux tirs au but pour désigner le vainqueur. À cet exercice, les Bobo se sont montrés plus efficaces et se sont imposés 2-0.

Pour Ibrahima Diko, cette initiative du promoteur du tournoi est particulièrement salutaire. Il a salué la volonté de faire de la culture, du sourire, de l’épanouissement et du vivre-ensemble des leviers de rapprochement entre les peuples. « La cohésion sociale, la paix et l’entente ne se gagnent pas dans les querelles », a-t-il fait remarquer, appelant à davantage d’initiatives favorisant le dialogue et la fraternité.

De son côté, Seydou Sanon, issu de la communauté Bobo-Mandaré du Poni, a insisté sur la valeur de la parenté à plaisanterie comme « ciment social ». Pour lui, ce patrimoine joue un rôle crucial dans la prévention et l’apaisement des conflits. Il a appelé chaque communauté à préserver et à transmettre ces liens aux générations futures, particulièrement dans un contexte national où la cohésion sociale demeure un enjeu majeur.

Quand la compétition cède la place à la fraternité
À travers ces deux matchs, le tournoi Alliance Multi-Services démontre ainsi que le sport peut aller bien au-delà de la simple compétition. À Gaoua, les crampons ont laissé place aux sourires et aux retrouvailles.
La présence de Boubacar Tarnaguida, issu de la communauté bissa et ayant des attaches gourounsi par sa mère, illustre cette imbrication entre les communautés. Pour lui, il n’y avait véritablement « pas de camp », les deux équipes étant victorieuses dès lors que l’esprit de fraternité avait prévalu.

Ces matchs de gala auront été moins une affaire de score que de cohésion et de dialogue. Ils rappellent surtout que la parenté à plaisanterie demeure un précieux patrimoine culturel burkinabè, capable de rapprocher les populations et d’apaiser les tensions.
À travers cette initiative, le promoteur du tournoi, Issoufou Zongo, entend ainsi donner au sport une dimension sociale et culturelle, en faisant du terrain de football un véritable espace de rassemblement.
Wonomana DA







