Dans le but d’engager une participation active des jeunes et de femmes dans la gouvernance des collectivités territoriales, le Réseau Burkinabè des Jeunes Leaders pour l’Intégrité (RBJLI), soutenu par le Fonds des Nations Unies pour la Démocratie (FNUD) a organisé ce 11 février 2025, un atelier d’échanges à Gaoua. Cette rencontre vise à briser les barrières de la gestion locale entre jeunes, femmes et autorités et instaurer un dialogue direct.
Depuis mars 2025, le projet « Amélioration de la participation des Jeunes et des Femmes à la gouvernance locale au Burkina Faso » redessine les contours de l’implication citoyenne. À Gaoua, cet atelier a servi de pont entre la société civile et les délégations spéciales. Momo Ollo Christian, coordonnateur du réseau Burkinabè des Jeunes Leaders pour l’Intégrité décline les enjeux de cette rencontre. « Le présent atelier vise à créer un cadre d’échange entre les différents acteurs, aussi bien de la société civile que le pouvoir public notamment les délégations spéciales pour discuter sur le fonctionnement de la délégation spéciale. Et ensuite se pencher sur la contribution des acteurs de la société civile à la mise en œuvre des politiques publiques dans notre contexte de développement endogène. », a-t-il précisé.

La redevabilité : un contrat à double sens
Da Ollo Kô, consultant en gouvernance locale, a rappelé que le contexte de la décentralisation exige l’appropriation de la dynamique de la Révolution Populaire Progressiste par les populations. Selon lui, l’implication des populations est conditionnée par la compréhension des politiques menées. « Lorsqu’on parle de redevabilité, il y a en amont l’engagement du citoyen qui soutient l’autorité, mais qui, en retour, attend que celle-ci lui rende compte de ses actions », a expliqué le formateur, satisfait de la qualité des échanges avec les participants. Cette synergie est, selon les experts présents, la clé pour relever les défis actuels de la région.

L’atelier ne compte pas rester au stade des discours. Le RBJLI cible une inclusion totale, intégrant activement les jeunes, les femmes et les Personnes Déplacées Internes (PDI) dans la vie communale et régionale. Au soir de cette session de formation, les attentes du coordonnateur sont précises : « Nous espérons voir par la suite ces acteurs issus de la jeunesse, des femmes et des déplacés internes, impliqués dans les différentes activités d’initiatives endogènes au niveau communal et au-delà au niveau régional. » a ajouté Momo Ollo Christian.
L’un des prochains tests majeurs de cet engagement citoyen sera le lancement imminent des travaux de l’agence Faso Mêbo dans la région. Une opportunité pour ces nouveaux acteurs de la gouvernance de passer de la théorie à la pratique sur le terrain du développement local.
Alors que le Burkina Faso mise sur ses forces propres pour se reconstruire, cette initiative de Gaoua prouve que la transparence n’est plus une option, mais le moteur d’une résilience véritablement portée par la base.
Antoine BICABA











