Un an après son installation dans la cité du Bafuji, la quinzième compagnie de la Brigade nationale de sapeurs-pompiers (BNSP) dresse un bilan opérationnel dense. Entre sauvetages héroïques et contraintes diverses, la 15ᵉ Compagnie d’incendie et de secours de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers de Gaoua s’est imposée comme un gardien indispensable de la protection des personnes et des biens dans la région.

Inaugurée le 13 mars 2025, la 15ᵉ Compagnie d’Incendie et de Secours de la Brigade Nationale de Sapeurs-Pompiers vient de franchir le cap de sa première année d’opérationnalisation dans la région du Djôrô. Durant cette année, les sapeurs-pompiers totalisent 1 531 interventions, soit une moyenne de plus de quatre sorties quotidiennes. Au total, ce sont 1 516 victimes qui ont été secourues ou évacuées par les soldats du feu, au prix de 26 000 kilomètres parcourus sur des axes parfois éprouvants. Pour le commandement, ces statistiques ne sont pas de simples données froides. Elles illustrent « l’importance capitale » d’une présence permanente dans cette partie du Burkina Faso.

Si le secours à personne constitue le cœur du métier, le capitaine Sié Pascal Landry Ouattara, commandant de l’unité, insiste sur la polyvalence de ses hommes. Au-delà des sirènes et de l’urgence, la compagnie investit le champ de la prévention par des visites de sécurité, des sessions de formation au secourisme. Une stratégie de « défense en amont » visant à réduire les risques avant même l’éclosion du sinistre.
Sur le front de l’urgence, la typologie des interventions reste dominée par le bitume. « Les accidents de la circulation arrivent en tête, suivis des incendies domestiques, souvent imputables à des installations électriques défaillantes ou à une manipulation imprudente du gaz butane », analyse le capitaine Ouattara, commandant de la 15e Compagnie d’incendie et de secours de la Brigade nationale de sapeurs-pompiers de Gaoua.
Des interventions marquantes restent gravées dans les registres de l’année 2025. Le sauvetage d’une chaîne de magasins à Batié en juin, ou encore la désincarcération complexe lors d’un grave accident de transport à Banlo en décembre.
L’adhésion populaire : le contrat de confiance
Sur le terrain, la greffe a pris. Les témoignages recueillis auprès des populations de Gaoua reflètent une gratitude profonde. Gilbert Kambou, un habitant, souligne une qualité rare : le suivi post-intervention. « Ce qui m’a marqué, c’est qu’ils s’enquièrent de l’évolution de la santé du patient deux jours après l’évacuation. C’est un supplément d’humanité qui rassure », a-t-il confié. Même avis chez Moussa Hien, sinistré lors d’un incendie, qui salue la réactivité d’une unité « qui ne traîne pas lorsqu’elle est alertée » malgré la pression opérationnelle.

Des défis structurels dans le rétroviseur
Toutefois, ce tableau encourageant ne doit pas occulter les zones d’ombre. Le capitaine Ouattara pointe du doigt des obstacles persistants qui rognent sur les précieuses minutes du « quart d’heure de survie ». L’encombrement du numéro d’urgence par des appels malveillants ou non pertinents demeure une plaie ouverte. L’éloignement de certaines zones rurales et le mauvais état des routes ralentissent également les délais d’intervention.
Si le professionnalisme des effectifs est salué, le renforcement du parc d’engins et des équipements techniques reste le défi majeur pour optimiser le maillage territorial.
L’ambition est de consolider les acquis de cette année de baptême pour offrir une couverture de secours optimale.

Le commandant de la 15ᵉ CIS/BNSP de Gaoua a lancé un vibrant appel à la responsabilité citoyenne. Car si les soldats du feu sont prêts à risquer leur vie, la sécurité reste, avant tout, une affaire de comportement individuel et de promptitude dans l’alerte.
En rappel, la région du Djôrô était autrefois secourue par les unités de Bobo-Dioulasso ou de Boromo. Cette mutation stratégique, selon le commandant, le capitaine Sié Landry Pascal Ouattara, prouve qu’en matière de sécurité civile, la proximité est le premier rempart contre la fatalité.
Wonomana DA











