Une étape majeure vers l’apaisement social a été franchie dans la province du Ioba. Les représentants des adeptes de la religion traditionnelle et ceux des communautés évangéliques ont procédé, ce mercredi 20 mai 2026 à la mairie de Dano, à la signature officielle d’un engagement mutuel visant à prévenir les tensions et renforcer la cohésion sociale. La cérémonie a été présidée par le Haut-commissaire de la province, en présence des différentes parties prenantes et des acteurs impliqués dans le processus de médiation.

Cette initiative du Centre pour le dialogue humanitaire (HD Centre) intervient dans un contexte marqué par des incompréhensions et des tensions ayant opposé violemment, entre 2024 et 2025, les adeptes de la religion traditionnelle aux fidèles des religions révélées (évangélistes). À l’origine de cette crise : le non-respect des us et coutumes de la communauté Dagara, particulièrement lors des périodes de sacrifices traditionnels.

Ces divergences avaient progressivement dégénéré en affrontements dans plusieurs localités de la province, notamment à Sarba, Bolembar et Oronkua. Les incidents enregistrés avaient causé des blessés et suscité de vives inquiétudes au sein des populations quant au maintien de la paix et de la stabilité sociale.

Face à cette situation, L’ONG HD, spécialisé dans la gestion des conflits, a initié un processus de dialogue entre les différentes parties. À travers une série de concertations, l’organisation a travaillé à rapprocher les positions des protagonistes en élaborant un document d’engagement commun.
Selon les responsables du projet, cette démarche participative visait à créer un cadre consensuel permettant aux différentes sensibilités religieuses de cohabiter dans le respect mutuel des croyances et des valeurs culturelles locales. « Nous connaissons l’importance de la paix et de la cohésion sociale pour un pays. Il est alors primordial que nous œuvrions pour le vivre-ensemble entre les filles et les fils du Burkina Faso. Ces engagements qui ont été signés ici ont été couronnés de succès. C’est donc une joie pour nous, en tant qu’organisation ayant bénéficié de la confiance des communautés et des autorités administratives, d’aboutir à ces solutions alternatives à la violence », a confié Moussa Tall, chef de bureau du Centre pour le dialogue humanitaire.

La cérémonie de signature a ainsi constitué l’aboutissement de plusieurs mois d’échanges. En apposant leurs signatures sur ce document, traditionalistes et évangélistes ont exprimé leur volonté commune de privilégier le dialogue, la tolérance et la concertation comme mécanismes de règlement des différends. Cette signature marque la fin du processus de médiation entamé depuis septembre 2025. Un véritable ouf de soulagement pour le Haut-commissaire de la province, Innocent Ouattara. « Aujourd’hui, nous sommes d’autant plus heureux que ces engagements soient signés par les différentes parties. C’est un nouveau départ pour la paix et la cohésion sociale dans notre province, car nous avons l’espoir que le respect des points d’accord permettra d’apaiser durablement le climat social », s’est-il réjoui.

Ce processus favorisant la coexistence pacifique a été chaleureusement accueilli par les différentes communautés religieuses. Pour le pasteur B. Dominique Ayoro, président de la Fédération des Églises et Missions Évangéliques du Burkina Faso (FEME), section du Ioba et représentant la communauté évangélique, c’est un très grand pas vers la réconciliation dans la province et au-delà. « Chacun a mis son ego de côté et s’est engagé pour la vision d’une cohésion qui favorise une paix durable. En signant de tels engagements, nous affirmons notre volonté de vivre en harmonie afin que le Burkina Faso soit en paix. Ainsi, nous laissons de bonnes bases pour nos enfants. Si nous faisons un faux pas, nous allons désorienter la jeune génération », a-t-il déclaré.

Le représentant de la communauté des traditionalistes, le chef de canton de Dano, Naonfa II, estime que cet acte renforce une fois de plus le vivre-ensemble dans la province. Cependant, il appelle chaque communauté au respect mutuel et à la promotion de la tolérance religieuse, gage de la cohésion sociale.

Pour la consolidation de cet acquis, un comité de suivi composé de 15 membres issus de toutes les couches sociales a été mis en place pour veiller au respect des accords. Ainsi, les acteurs locaux espèrent tourner définitivement la page des tensions passées et jeter les bases d’un vivre-ensemble harmonieux, fondé sur le respect des identités culturelles et religieuses de chacun.
Wonomana DA






