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Les Echos du Sud-Ouest

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Procès drame du site d’or de Gongonbiro : Les réquisitions du substitut du procureur Seydou Ouèdraogo du TGI de Gaoua


Ce mardi 05 Avril 2022, le Tribunal de Grande Instance de Gaoua a procédé à l’ouverture du procès sur le drame de Gongonbiro. Cinq présumés coupables étaient à la barre pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Bafujiinfos.com a suivi pour vous ce procès, lisez !

Après près de 9h d’audience, le substitut du procureur  près le tribunal de grande instance de Gaoua Seydou Ouèdraogo dans sa réquisition demande au tribunal de déclarer les accusés coupables des faits qui leur sont reprochés. Il invite le tribunal à prononcer des sanctions qui soient à la hauteur des actes posés afin que cela serve de leçon pour ces derniers et aussi dissuader d’éventuelles personnes qui seront tenter de poser ces mêmes actes. Ainsi, il requiert sept (07) ans de prison ferme et une amende ferme de dix (10) millions de FCFA pour Monsieur B.H, propriétaire du magasin et cinq (05) ans de prison assorti de deux (02) ans de sursis et une amende ferme de dix(10) millions FCFA pour les autres accusés.

Retour sur la tenue du procès

Après les formalités administratives, le premier accusé, B.H, propriétaire du magasin qui contenait les engins explosifs couramment appelés « Faarawé » est appelé à la barre. Cinq chefs d’accusations pèsent sur lui. Il est poursuivi pour achat, transport, stockage illégal d’engins explosifs, usage illicite d’engins explosifs, homicide involontaire, blessures involontaires et pour dommages involontaires causés sur des biens meubles et immeubles. Pour tous ces faits, l’accusé plaide coupable.

Sieur B.H, propriétaire de l’entrepôt d’engins explosifs pour sa défense, relate les faits : « Cela fait environ sept ans que je suis sur le site d’or de Gongonbiro. Au début je vendais les engins explosifs(Faarawé) et j’utilisais aussi dans mes galeries. Je commandais ces engins au Ghana et je partais récupérer le colis au bord du fleuve. Mais il y’a un certain temps j’ai arrêté la commercialisation de ces engins mais je continue de les utiliser dans mes galeries. Au moment où je les commercialisais, quand le colis était là, j’attachais un fil au niveau de mon magasin et tous ceux qui sont initiés au code, une fois qu’ils voient ce fil ils comprennent le message. Au moment des faits de ce 21 février, j’étais sur le site et quand l’incendie s’est déclenché je me suis levé et mettre ma voiture à l’abri et revenir aider ceux qui éteignaient le feu qui avançait vers mon magasin ».

Monsieur B.H si vous étiez réellement sur le site et vous étiez là  à éteindre le feu, par quelle magie êtes-vous arrivé à vous échapper sans être blessé ni même décédé car toutes ces victimes étaient ceux qui étaient en contact direct avec le feu ? demanda le Procureur. Silence radio de l’accusé. Sur insistance du procureur, l’accusé répond :’’ je ne sais pas comment j’ai pu m’en sortir mais je n’ai rien fais de magie’’. Quelle aurait été  la réaction de ces personnes qui venaient vous aider à éteindre le feu, si au départ vous aviez crié ‘’Faarawé’’ s’interroge le procureur. L’accusé répond ; «  je ne savais pas qu’il y avait des engins explosifs dans le magasin car ils étaient censés être utilisés dans les galeries » Et les bouteilles de gaz et les barriques d’huile et d’essence qui s’y trouvaient ou selon vous la vie humaine n’a pas de sens face à l’argent ? interroge le procureur. « Non monsieur le procureur, rien ne  vaut la vie humaine » a laissé entendre l’accusé.

Les quatre autres, eux sont poursuivis pour complicité d’achat, transport, stockage illégal et usage illicite d’engins explosifs. Ils plaident tous ‘’non- coupable’’. Alors le tribunal leur pose la question, si vous dites ne pas reconnaître les faits qui vous sont reprochés, que faîtes-vous donc à la barre ?

Ces accusés, chacun essaie de se défendre pour démontrer sa non culpabilité. Mais face aux multiples interrogations du parquet et du tribunal, les explications des accusés démontrent le contraire. Ils sont tous complices du fait de leur ignorance et silence, toute chose qui a conduit malheureusement à cet incident du 21 février qui aura causé malheureusement plus d’une soixantaine de morts et une centaine de blessés.

Après cette série d’interrogatoires, la parole a été donnée aux différentes familles des victimes et des blessés pour des réclamations. Tous à la barre disent n’avoir aucune réclamation à formuler mais elles s’en tiennent à la décision que va prononcer le tribunal. Pour leur dernier mot, les accusés ont présenté leurs excuses aux familles des victimes. Ils prient pour le repos des âmes et un prompt rétablissement aux blessés.

Le délibéré final du tribunal sur le dossier est prévu ce 12 Avril 2022. Il faut noter que tous ces accusés sont  du comité de gestion du site d’or de Gongonbiro.

Sié Gildas Nazaire PALENFO



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