Musique : « Je suis un rasta. Et un vrai rasta est toujours un patriote » Ras Afriyam Dandy artiste reggaemaker

Fela Kuti, musicien et compositeur Nigérian, précurseur de la musique Afrobeat disait de la musique qu’elle est « une arme ». En tant que telle, la musique a toujours été utilisée depuis des millénaires pour défendre des causes, promouvoir des valeurs et apporter l’espoir. Certains artistes au regard des injustices sociales décident de prendre le micro, d’entrer en studio et de donner de la voix. Parmi ces artistes engagés, nous pouvons ajouter un nom peu connu des mélomanes burkinabè mais bien connu dans le milieu syndical des années 2000. Il se fait appeler Ras Afriyam Dandy mais à l’état civil, il se nomme Martin Yaméogo. Il a milité durant plusieurs années dans le monde syndical au niveau des Bâtiment Travaux Publics avant de se lancer dans la musique reggae. Pourquoi la musique reggae ? Quel est l’actualite de Ras Afriyam Dandy ? Quelles sont ses projets ? Bafujiinfos.com est allé à la rencontre de l’artiste engagé pour vous le faire découvrir. Lisez plutôt !

Bafujiinfos : Qui est Ras Afriyam Dandy ?

Ras Afriyam Dandy : Avant de répondre à cette question, je voudrais tout d’abord traduire toute ma reconnaissance à l’endroit de Bafujiinfos pour la fenêtre ouverte sur ma modeste personne. Je voudrais également avec votre permission adresser mes vœux les meilleurs à toute votre équipe et à l’ensemble des patriotes. Vivement que la paix nous revienne au Faso.

Pour répondre à votre question, je suis Martin Yaméogo, natif de Koudougou, la cité du cavalier rouge. J’ai fait ma tendre enfance dans cette paisible ville avec mes camarades de l’époque. J’y ai fait le primaire et le collège. Pour diverses raisons, j’ai dû quitter les bancs pour affronter la vie active.

Vous avez décidé de devenir indépendant financièrement assez jeune, dans quel domaine vous vous étiez lancé ?

Oui c’est vrai. J’ai pris très tôt mon destin en main. J’ai beaucoup évolué dans le milieu des Bâtiments Travaux Publics ( BTP). Mon premier contrat c’était avec la société SENOUSIAP Burkina où j’avais été recruté comme agent suivi de trafic. Après cette société j’ai rejoins, la société SATOM. Là-bas j’ai été recruté comme pointeur précisément en 1998. Nous avons travaillé à l’époque sur la travaux de la route Boulsa- Tougry. J’ai rejoint par la suite la société SOGEA comme chef d’équipe. Nous avons travaillé sur la construction du barrage de Ziga. Ainsi de suite… Bref, j’ai travaillé dans les travaux publics avec plusieurs sociétés.

Vous avez été leader syndical dans ces différentes entreprises de BTP où vous avez travaillé. Parlez nous un peu de votre engagement syndical.

Je suis quelqu’un qui a horreur de l’injustice. J’aime surtout me battre pour les autres. Dans le privé en général et dans le milieu des BTP, il y a trop souvent d’injustices. Des sanctions, des licenciements abusifs sont légions dans ces sociétés. A notre époque aussi, les salaires étaient aussi très dérisoires. Il fallait alors des gens pour défendre la cause des travailleurs. C’est en 1998 que j’ai intégré le syndicat des travailleurs des travaux publics et du bâtiment ( SYTTPBA). Après 4 ans d’engagement, j’ai été nommé en 2001 secrétaire général du comité syndical du chantier de la RN4. Nous travaillions à l’époque sur l’axe Ouagadougou -Koupéla-Fada-Piéla.

En 2004, j’étais le secrétaire général du comité syndical CGTB du chantier de la RN 6 Bobo-Dédougou.

On voit que vous avez été aux devants des luttes syndicales dans le domaine des BTP. Mais est ce que vous n’avez pas été combattu ?

Bien sûr que nous avons été combattu par le patronat. Mais notre détermination était telle que les menaces n’y pouvaient rien. D’ailleurs en 2006, j’ai été même licencié d’une manière arbitraire. J’ai porté plainte contre la société en question mais malheureusement je n’ai pas eu gain de cause.

Vous êtes également un acteur de la veille citoyenne…

Oui, depuis un certain temps surtout avec l’avènement de notre guide éclairé le camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, je participe fréquemment à des actions de sensibilisation et de mobilisation populaire. Je suis un rasta, et un vrai rasta est toujours un patriote. Je travaille depuis quelques années avec l’association Russo burkinabè « African Initiative » dans ce sens pour l’éveil de conscience de la jeunesse africaine. Nous luttons pour une souveraineté véritable et une vraie indépendance pour l’Afrique en général, le Burkina Faso en particulier.

«Un vrai rasta est toujours un patriote.»

Un engagement pour la cause syndicale et aussi pour la mère Patrie, est-ce cette passion qui vous a conduit dans la musique reggae ?

Tout à fait. De l’engagement syndical à la musique, il y a eu qu’un seul pas. La musique est une arme contre les maux de la société. Le reggae est un instrument contre Babylone, contre les injustices, la mauvaise gouvernance et la corruption. J’utilise la musique pour poursuivre mon combat syndical.

Pourquoi le nom d’artiste Ras Afriyam Dandy ?

Ras Afriyam Dandy est un nom qui a un sens profond pour moi. « Ras » comme vous le savez est d’origine éthiopienne. Cela veut dire le « prince ». « Afriyam » est une contradiction de Afrique et yam. « Yam » qui est un mot mooré qui veut dire sagesse où intelligence. Et enfin « Dandy » est un terme français qui veut dire sublime . Ras Afriyam Dandy, c’est le prince élégant pour la gloire de l’Afrique en quelques sortes.

En quelle année vous vous êtes lancé dans le domaine de la musique ?

Je suis né dans une famille où la musique était déjà pratiquée. Ma grande mère était cantatrice. Elle chantait pendant les cérémonies coutumières et traditionnelles. Je peux donc dire que la musique est dans le sang. Mais c’est carrément en 2008 que j’ai commencé à rédiger mes tous premiers textes dans le style reggae.

« La musique est dans le sang»

Des textes déjà en 2008, mais à quand remonte votre première œuvre musicale ?

C’est en 2008 que je devrais enregistré ma toute première chanson. Malheureusement j’ai fait un accident qui a tout déprogrammé. C’est finalement en 2009 que j’ai pu entrer en studio pour mon premier single intitulé « Mon Faso ». En 2012 avec mes modestes cotisations, je suis reparti en studio pour mon deuxième son que j’ai titré « Yes we can kemet ». Ce deuxième tube était aussi engagé que le premier. J’ai fait sortir mon maxi en 2017 puis un album en octobre 2018.

Mon deuxième album est intitulé « l’heure de l’Afrique a sonné ». C’est un album de 8 titres. Je chante dans trois langues notamment le français, l’anglais et le mooré. En plus de la musique d’engagement et de conscientisation, je parle aussi d’amour, de paix, de vivre ensemble dans mes chansons.

Quels sont vos projets musicaux ?

Je viens juste de finir le tournage de mon premier clip vidéo. Il me reste à le promouvoir partout au Burkina. J’ai d’autres clips vidéos aussi que je compte faire si les moyens sont réunis.

Votre mot de fin.

Merci encore à Bafujiinfos pour la lucarne. Je profite lancer à toute bonne volonté qui voudrait participer à la production de nos œuvres pour une Afrique grandie et fière à nous contacter pour une collaboration. Je reste également disponible pour des prestations sur des scènes à Ouagadougou comme partout au pays.

Romial Patrice Toé

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