Jeune miroir du Djôrô : Dr Stéphane Kossi, Un parcours forgé dans l’adversité

Dans la région du Djôrô, certains visages incarnent à eux seuls l’engagement et le sens du devoir envers la communauté. Dr Sitapha Stéphane Kossi, pharmacien et promoteur de la pharmacie Israël, fait partie de ces figures. Par son parcours semé d’embûches, son leadership inspirant et ses initiatives concrètes, il s’impose aujourd’hui comme un modèle de jeunesse engagée et un acteur incontournable du développement local.

Après une enfance et une partie de sa scolarité en Côte d’Ivoire, Dr Kossi arrive au Burkina Faso en 2003-2004 pour poursuivre ses études. Il intègre le Lycée Provincial Bafuji de Gaoua où, grâce à la solidarité de ses camarades et de certains enseignants, il réussit à surmonter les obstacles liés à la perte de son père et à la précarité. En 2005, il obtient son baccalauréat série D avec succès, concrétisant des années d’efforts et de persévérance.

Inspiré par son défunt père, guérisseur traditionnel reconnu, il choisit de marcher dans ses pas, mais en s’orientant vers la médecine moderne. C’est ainsi qu’il intègre la faculté de pharmacie de l’Université de Ouagadougou (aujourd’hui Université Joseph-Ki-Zerbo). Après près de neuf années d’études et de sacrifices, il décroche son doctorat en pharmacie à seulement 26 ans.

Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, Dr Kossi exerce d’abord comme employé dans une pharmacie à Bobo-Dioulasso. Cette étape lui permet d’acquérir une expérience pratique précieuse et de mieux comprendre les réalités du métier. Fort de cet apprentissage, il choisit ensuite le chemin du retour à Gaoua pour bâtir un projet au service de sa communauté.

Entreprendre et servir sa communauté

Alors que beaucoup de jeunes diplômés aspirent à l’exil, Dr Kossi fait un choix audacieux : revenir investir à Gaoua, sa terre natale. Pour lui, « si les fils et filles partent ailleurs, qui viendra développer le Djôrô ? ». Animé par cette conviction, il fonde la pharmacie Israël, afin de répondre au besoin urgent d’accès à des produits de santé de qualité, et crée le Fitness Park, un espace moderne dédié à la remise en forme et à la promotion d’un mode de vie sain.

« La santé, c’est le moteur de tout développement. Mais elle ne se limite pas à la prise de médicaments ; elle passe aussi par une hygiène de vie équilibrée », affirme-t-il. Son double investissement en santé et en sport traduit sa vision globale du bien-être et son désir de voir une jeunesse forte, dynamique et en bonne santé.

Crédit photo: Umbrella concept

Au-delà de l’entrepreneuriat, Dr Kossi est reconnu pour son altruisme, son humilité et sa discrétion. Mais il est surtout engagé quand il s’agit du bien commun. Il accompagne régulièrement des initiatives locales et n’hésite pas à poser des actes concrets pour améliorer la vie collective. La réhabilitation du rond-point Thomas-Sankara au centre-ville de Gaoua en est une illustration marquante. Ce geste symbolique et utile montre son attachement à l’histoire et à l’identité de sa ville.

Des valeurs solides et un message fort à la jeunesse

Les valeurs qui guident Dr Kossi sont simples mais solides : honnêteté, franchise et confiance. « Mon seul meilleur ami aujourd’hui, c’est ma conscience », confie-t-il. Mais il ne cache pas les difficultés rencontrées, notamment l’incompréhension et les jugements hâtifs. « Beaucoup jugent sans connaître les réalités, mais j’ai appris à rester concentré sur mes objectifs et à laisser mes actions parler », dit-il avec philosophie.

À la jeunesse du Djôrô et du Burkina, son appel est clair : croyez en vous, aimez le travail et soyez persévérants. « Quittez l’oisiveté et prenez conscience. Le développement de notre région et de notre pays dépend de notre capacité à agir aujourd’hui », insiste-t-il. Pour lui, chaque jeune a un rôle à jouer dans la construction d’un Burkina meilleur.

À travers son parcours académique, ses entreprises et ses engagements citoyens, Dr Stéphane Kossi incarne l’image d’un jeune miroir du Djôrô : un modèle de résilience, d’humilité et de responsabilité. Son exemple résonne comme une invitation pressante aux jeunes générations à revenir, investir et bâtir, convaincu que l’avenir du Djôrô et du Burkina dépend d’abord de l’engagement de ses propres enfants.

 Wonomana DA & Antoine Bicaba

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