Gaoua : Leaders religieux et coutumiers en retraite pour renforcer la cohésion sociale et la paix

Dans le cadre du projet Djama Béog-Néré, l’Ittihad Islami du Burkina, en partenariat avec l’Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la promotion de la santé et du développement (URCB/SD), organise les 21 et 22 juillet 2026 à Gaoua une retraite des communautés religieuses et coutumières. Cette rencontre vise l’appropriation du document de plaidoyer et de sensibilisation sur le vivre-ensemble, la cohésion sociale et la paix au Burkina Faso.

Une quarantaine de participants, composés de leaders religieux et coutumiers venus de différentes confessions et communautés, prennent part à cette session de réflexion et d’échanges. Pendant deux jours, ils discuteront des mécanismes susceptibles de renforcer le vivre-ensemble, de consolider la cohésion sociale et de prévenir l’extrémisme violent dans le contexte sécuritaire actuel du Burkina Faso. Pour les organisateurs, cette retraite répond à une nécessité de dialogue et de rapprochement entre les différentes composantes de la société burkinabè. Selon El Hadj Kadrou Ba, représentant du président de l’Ittihad Islami du Burkina, l’objectif est de permettre aux Burkinabè de se retrouver régulièrement afin de partager leurs expériences et promouvoir la tolérance. « Notre motivation ici, est que, dans le contexte actuel de notre pays, tout le monde a besoin de se retrouver de temps en temps et de mettre toutes nos expériences au service du vivre-ensemble. Nous voulons sensibiliser l’ensemble de nos populations afin de réaliser véritablement la cohésion sociale, lutter ensemble contre l’extrémisme religieux et faire en sorte que chaque Burkinabè se sente dans un environnement où il a des droits mais aussi des devoirs », a-t-il déclaré.

El Hadj Kadrou Ba, représentant du président de l’Ittihad Islami du Burkina

Présidant la cérémonie d’ouverture, le gouverneur de la région du Djôrô, Siaka Barro, a souligné l’importance que les autorités accordent à ce type d’initiative. « Ma présence ici témoigne de l’intérêt particulier que les autorités du pays accordent à la tenue de cette activité. Je voudrais saluer l’Ittihad Islami d’avoir initié cette rencontre et d’avoir porté son choix sur la région du Djôrô afin que les communautés religieuses et coutumières parlent le même langage », a-t-il indiqué.

Le gouverneur a estimé que cette retraite s’inscrit pleinement dans la vision des autorités nationales en matière de renforcement de la cohésion sociale, de promotion de la paix et de lutte contre l’extrémisme violent. « Rien ne peut être construit durablement sans la paix, la cohésion sociale et le bon vivre-ensemble », a-t-il insisté, tout en réaffirmant la disponibilité de l’administration régionale à accompagner les initiatives œuvrant en faveur de la stabilité sociale.

Gouverneur du Djôrô, Siaka Barro, président de la cérémonie.

Il a par ailleurs salué la collaboration qu’il juge exemplaire entre les confessions religieuses et les autorités coutumières de la région, les invitant à préserver cet esprit de solidarité.

Du côté des participants, l’accent est mis sur la nécessité d’un dialogue sincère entre les différentes sensibilités religieuses. Le pasteur Achim Zongo voit dans cette retraite une occasion de lever les incompréhensions qui peuvent parfois nourrir les tensions. « C’est une très belle initiative qui permet de dialoguer, de s’entendre et surtout de s’écouter. Généralement, les problèmes naissent lorsque nous ne nous comprenons pas », a-t-il expliqué.

Pasteur Achim Zongo, participant.

Pour lui, les divergences observées entre communautés religieuses ne proviennent pas nécessairement des textes sacrés, mais souvent des interprétations personnelles qui en sont faites. « L’autre religion n’est pas mauvaise. Ce sont parfois les interprétations qu’un groupe ou un individu peut en faire qui créent les difficultés », a-t-il souligné.

Le responsable religieux attend que les participants s’expriment avec franchise durant les travaux afin que les préoccupations réelles puissent être abordées et que des solutions concrètes émergent des échanges.

 

Créée dans les années 1990 par le Cheikh Dr Aboubakar Doukouré, l’Ittihad Islami du Burkina est une association à caractère religieux présente dans plusieurs régions du pays. Elle mène des actions d’éducation, de sensibilisation et de promotion des valeurs de paix et de tolérance.

À travers le projet Djama Béog-Néré, l’association entend renforcer les capacités des leaders religieux et coutumiers afin qu’ils deviennent davantage des relais de prévention de l’extrémisme et des acteurs de consolidation de la cohésion sociale au sein de leurs communautés.

Antoine BICABA

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