Gaoua : Le cri d’alarme du CHR face à l’explosion de l’insuffisance rénale et des hépatites

À l’occasion de ses Journées de promotion de la santé et de l’excellence lancées ce vendredi 19 décembre 2025, le Centre Hospitalier Régional (CHR) de Gaoua a mis en lumière une situation sanitaire préoccupante sur l’insuffisance rénale et les hépatites virales. Lors d’une conférence publique, les spécialistes de la santé et les populations ont discuté des enjeux, des défis et des stratégies de prévention et de lutte contre ces maux dans la région du Djôrô.

Après la montée solennelle des couleurs ce vendredi, le CHR de Gaoua a lancé ses Journées de promotion de la santé et de l’excellence de la structure. Au cœur des échanges de cette conférence publique, il était question de l’insuffisance rénale et des hépatites, deux tueurs silencieux qui frappent durement la population locale.
Les chiffres présentés par les spécialistes sont alarmants. Actuellement, le CHR suit plus de 1 000 patients en consultation externe. Parmi eux, 400 ont atteint le stade 5 (stade terminal). Les patients en dialyse chronique sont au nombre de 18 et 5 patients sont en dialyse aiguë. Pourtant, la capacité d’accueil maximale du centre est de 90 patients.

Le Dr Thierry Kiendrebéogo, médecin néphrologue, pointe le refus de soins, un autre défi majeur. « Beaucoup de patients n’adhèrent pas à la dialyse au stade 5 par manque de compréhension de la maladie », regrette-t-il. Rappelant que l’hypertension, le diabète et les hépatites sont les principaux déclencheurs, il insiste sur l’urgence du dépistage précoce.

Dr Thierry Kiendrebéogo

Face aux préjugés, la voix des survivants porte l’espoir. Longtemps soigné à Bobo-Dioulasso avant de bénéficier des soins offerts à Gaoua, Sié Youl se souvient de l’enfer avant le traitement. « Ma tension était montée à 20. J’avais les pieds enflés, une fatigue totale et je ne dormais plus. » Contre les rumeurs qui prédisaient sa mort s’il commençait la dialyse, il a choisi la médecine. « C’est après mon premier jour de dialyse que j’ai pu enfin manger et dormir. Aujourd’hui, je me sens mieux que beaucoup de gens parce que je suis bien suivi », confie-t-il avec soulagement.

Sié Youl

Les statistiques sont tout aussi préoccupantes du côté des hépatites virales. L’hépatite B est la plus fréquente avec une prévalence de 8,9 % dans la région du Djôrô. Pour l’hépatite C, les chiffres sont au-dessus et se situent à environ 13 %.
Pour le Dr Stéphane Ilboudo, la meilleure stratégie est de prévenir plutôt que guérir. « Le meilleur traitement pour les hépatites est la prévention, et elle passe par le dépistage. Après le dépistage, les agents de santé évaluent l’état de santé des cas positifs pour déterminer si le patient doit être mis sous traitement », explique le médecin gastro-entérologue.

Dr Stéphane Ilboudo

Un appel à l’action immédiate

Placées sous le thème « CHR de Gaoua : Des soins de qualité au profit des communautés au-delà des frontières du Burkina Faso », ces journées de promotion de la santé et de l’excellence visent à briser les barrières entre l’hôpital et les citoyens. La direction du CHR et les autorités régionales rappellent que la prise en charge de ces pathologies est onéreuse et complexe.

Elles lancent un appel pressant à la population à se faire dépister ces 19 et 20 décembre au sein de l’établissement. La journée du 19 décembre se termine par un cross populaire qui a réuni les populations afin de poursuivre les séances de sensibilisation à travers la ville.

Antoine BICABA

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Da Dalou Mathieu
Da Dalou Mathieu
3 mois il y a

C’est vraiment alarmant il faut que quelque chose soit fait

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