Cinq panélistes issus de différents horizons ont animé, ce samedi 23 mai 2026, à l’Université de Gaoua, un panel autour du thème : « Contribution de l’étudiant relais de l’UF2S au renforcement des capacités des VDP agricoles : analyse d’un modèle de transmission de compétences ». Cette rencontre initiée par l’université UF2S, a permis d’évaluer l’apport des étudiants dans la formation des VDP agricoles tout en proposant des pistes d’amélioration pour renforcer l’efficacité du dispositif d’apprentissage.

Premier intervenant, le Dr Gaston Dabiré est revenu sur la vision qui a guidé la création du centre universitaire de Gaoua. Selon lui, l’ambition était de rompre avec les formations purement générales pour privilégier des filières professionnalisantes adaptées aux réalités du terrain. C’est dans cette dynamique que des filières comme l’aviculture, l’horticulture et les cultures de plantes à tubercules ont été développées. Cependant, il reconnaît que l’aspect pratique des formations faisait face à plusieurs difficultés, notamment le manque d’infrastructures adaptées aux travaux de terrain. « Le côté pratique souffrait parce qu’on n’avait pas d’infrastructures pour mener à bien les travaux de terrain », a-t-il expliqué. Pour lui, l’initiative de formation des VDP agricoles a constitué une opportunité pour renforcer les capacités opérationnelles de l’université.

Abondant dans le même sens, Dr Neya B. Fidèle a expliqué que l’université a fait le choix de miser sur l’expertise de ses propres étudiants afin d’assurer l’encadrement des VDP agricoles. « Les formateurs sont des enseignants-chercheurs qui n’ont pas toujours le temps d’être aux côtés des VDP agricoles. Nous avons donc choisi des étudiants en fin de cycle de licence, capables de transmettre des connaissances pratiques », a-t-il souligné.

Le panel visait ainsi à mesurer la contribution des étudiants relais dans le renforcement des capacités des VDP agricoles, à identifier les forces et les insuffisances de cette approche pédagogique, mais aussi à tirer des leçons pour améliorer les prochaines cohortes.
Étudiante relais en horticulture, Barry Sarata a témoigné des bénéfices de cette expérience. Elle affirme avoir été motivée par un engagement patriotique et par la volonté de renforcer ses compétences professionnelles. « C’est vrai qu’on effectue un stage de fin de cycle, mais le temps est souvent insuffisant pour découvrir toutes les réalités du terrain. Grâce à cette initiative, nous avons eu la chance de manipuler plusieurs spéculations agricoles et d’apprendre à communiquer efficacement avec les VDP agricoles », s’est-elle réjouie.

Pour sa part, le Dr Zongo André a mis en avant les retombées positives de cette initiative pour l’université. Il a notamment cité l’acquisition d’infrastructures et d’équipements, dont un bassin piscicole, destinés à améliorer la qualité des formations pratiques. Il a également indiqué que cette année, dix étudiants effectuent leur stage au sein de l’université dans différentes filières.
Le troisième panéliste a, quant à lui, détaillé l’approche pédagogique adoptée dans cette formation. Celle-ci repose sur trois axes : l’immersion en milieu réel, une approche horizontale où le formateur joue davantage le rôle de facilitateur plutôt que celui de détenteur exclusif du savoir, et enfin une approche appliquée fondée sur la pratique.

Prenant la parole au nom des VDP agricoles de Gaoua, leur délégué Dembélé Issouf a résumé l’apport des étudiants relais en trois points : leur disponibilité, leur ouverture d’esprit et l’absence de barrières linguistiques dans les échanges. « Après cette formation, nous allons valoriser ce que les relais nous ont appris ici, parce que c’est ce que le président attend de nous. Nous devons faire en sorte que, dans les années à venir, on ne parle plus de faim dans notre pays », a-t-il déclaré.

Il a toutefois invité ses camarades à davantage d’assiduité et de discipline afin de favoriser une meilleure collaboration avec les étudiants relais. Il a également plaidé pour un renforcement des méthodes pédagogiques afin de faciliter la transmission des connaissances.
À l’issue des échanges, Dr Zongo André a recommandé de mieux prendre en compte les besoins réels des VDP agricoles selon leurs communes d’origine. Il a aussi insisté sur la nécessité de renforcer le matériel pédagogique pour permettre aux apprenants de maîtriser l’ensemble des itinéraires techniques malgré le temps limité de formation. Enfin, il a plaidé pour un suivi des bénéficiaires après les 70 jours de formation afin d’évaluer la mise en pratique des connaissances acquises sur le terrain.

Plusieurs stratégies sont annoncées pour pérenniser cette initiative selon Dr Dabiré T Gaston. « Nous allons renforcer la formation pratique de nos étudiants. Nous allons également mettre en place des centres de formation continue pour qu’à défaut des VDP, les populations se feront former », a rassuré le vice-président de l’université UF2S.
Ce panel, qui a mis en lumière les acquis et les défis de cette initiative, ouvre ainsi la voie à une amélioration continue du modèle des étudiants relais dans la formation des VDP agricoles.
En marge des échanges, une conférence sur l’entrepreneuriat à également été présentée aux VDP agricoles et aux étudiants par Dr Tiétiambou Fanta R. S. afin de mieux les préparer au monde entrepreneurial.
Antoine BICABA







