Femmes battantes du Djôrô : Dabiré Nifabaséota Sandrine, le combat d’une vie pour l’émancipation féminine

« Aucune femme ne doit rester en marge du développement. » Par cette déclaration forte, madame Dabiré née Nifabaséota Sandrine Dabiré donne le ton de son engagement. Dans la province de la Bougouriba, région du Djôrô, cette actrice du développement local s’impose aujourd’hui comme une figure de proue de la promotion féminine.

À Diébougou, sa commune de référence, son nom est étroitement associé à la lutte pour l’épanouissement et l’autonomisation des femmes. Très tôt engagée dans la vie associative, elle s’est forgé une solide expérience au sein de plusieurs organisations locales, avant de franchir un cap décisif en 2018 avec la création de l’association « Signorta » des femmes . Un nom tiré de la langue birifor qui signifie unissons-nous pour le développement.

Née d’un constat préoccupant, la faible représentation des femmes dans les instances décisionnelles et leur méconnaissance de leurs droits , cette structure se veut un cadre de mobilisation et de synergie d’actions. « Nous avons voulu créer un espace où les femmes peuvent s’unir pour relever ensemble les défis du développement local », a-t-elle expliqué.

Basée dans le village de Loto, l’association regroupe aujourd’hui 325 membres issus de plusieurs localités de la Bougouriba. Son ambition est de renforcer le leadership féminin, promouvoir l’éducation des jeunes filles et encourager la participation active des femmes à la gouvernance locale. Pour y parvenir, l’organisation s’appuie sur des contributions internes et le soutien de partenaires.

Sur le terrain, les actions menées sont multiples et structurantes : sensibilisation au leadership féminin, promotion de la cohésion sociale, appui à l’entrepreneuriat agricole, autant d’initiatives qui traduisent une vision pragmatique du développement. À cela s’ajoutent des activités génératrices de revenus telles que le maraîchage sur un périmètre d’environ un hectare, la fabrication de savon, la production de soumbala, la vannerie ou encore la transformation des produits locaux.

Les résultats sont palpables. Plusieurs femmes, autrefois en marge, s’affirment désormais comme des leaders dans leurs communautés. Certaines ont investi les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, tandis que d’autres occupent des postes au sein des comités de gestion de l’eau, des instances locales de règlement des conflits ou encore des conseils villageois de développement (CVD). « Aujourd’hui, voir ces femmes évoluer et témoigner de l’impact de nos actions constitue pour moi une grande satisfaction morale », a-t-elle confié.

Malgré ces avancées, des défis subsistent. L’insuffisance de moyens financiers, le déficit de compétences administratives ou encore le manque d’équipements adaptés freinent parfois la dynamique enclenchée. Toutefois, grâce à l’appui des services techniques de l’État et de partenaires tels que le Fonds pour la consolidation de la paix, l’ONG italienne Progettomondo ou encore Mercy Corps, l’association parvient à maintenir le cap.

Selon la coordinatrice, le périmètre maraicher de l’association SIGNORTA a un besoin en eau pour son bon fonctionnement

Ces accompagnements ont notamment permis de renforcer les capacités des femmes en gouvernance politique, d’organiser des activités de cohésion sociale et de soutenir des initiatives structurantes comme la réalisation de forages pour le maraîchage.

L’engagement de Dabiré Nifabaséota Sandrine n’est pas passé inaperçu. En décembre 2024, elle a été décorée de la médaille de l’Ordre du mérite burkinabè par le ministère en charge de la promotion de la femme, en reconnaissance de son action en faveur de l’émancipation féminine.

Aujourd’hui, celle qui est perçue comme une ambassadrice des femmes dans la Bougouriba entend aller plus loin. Elle ambitionne, dans les cinq prochaines années, de renforcer le réseau féminin à l’échelle provinciale et régionale, de multiplier les périmètres aménagés et de promouvoir la transformation ainsi que la commercialisation des produits forestiers non ligneux, tant au niveau national qu’international.

Dans cette dynamique, elle lance un appel à la mobilisation générale : « Les femmes doivent s’engager davantage, faire preuve de courage et de solidarité. C’est ensemble que nous pourrons relever les défis. »

Coordonnatrice de l’association « Signorta » des femmes de la province d la Bougouriba et agent en service à la direction provinciale de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle de la Bougouriba, Dabiré Nifabaséota Sandrine incarne une génération de femmes déterminées à conjuguer engagement social et responsabilité professionnelle au service du développement.

Wonomana DA

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