Entrepreneuriat : Sako Ousseni, un étudiant devenu esthète des murs au Burkina Faso

De la rigueur des archives à la précision du pinceau, Sako Ousseni trace un parcours atypique. Jeune entrepreneur originaire de Gaoua, cité de Bafudji et basé à Bobo-Dioulasso, il s’impose aujourd’hui comme une figure montante de la peinture décorative moderne, exportant son talent bien au-delà des frontières burkinabè.

Sako Ousseni sur un chantier

Un virage audacieux : de la licence au chantier

Rien ne prédestinait ce diplômé de l’Université Nazi Boni à finir les mains tachées de peinture. Titulaire d’une licence en Sciences Humaines et Sociales (option Histoire) obtenue en 2021, Sako aurait pu suivre une voie académique classique. Pourtant, il a choisi de prendre son destin en main par l’entrepreneuriat manuel. « Après ma licence, j’ai marqué une pause pour me lancer. Je voulais un domaine où exprimer ma créativité tout en gagnant ma vie honnêtement », confie-t-il.

Aujourd’hui, il manie le rouleau avec une dextérité qui force le respect. Pour lui, ce choix n’est pas un renoncement, mais une affirmation de soi.

Sako Ousseni en travail de finition

L’école du terrain et l’exigence de l’art

Autodidacte résilient, Sako a appris le métier au contact des anciens. De chantier en chantier, il a observé, expérimenté et affiné son savoir-faire pour maîtriser les finitions les plus complexes : satinées, mates, texturées ou effets décoratifs.

Pour cet entrepreneur, la peinture transcende la simple rénovation de bâtiment. C’est une discipline artistique. « Qui parle de peinture parle de créativité, et donc d’art », souligne-t-il. Cette vision lui a permis de se forger une réputation basée sur trois piliers, la précision technique (harmonie des teintes), la ponctualité, la propreté exemplaire des chantiers.

Une renommée internationale : d’Accra à Ouagadougou

Désormais semi autonome, Sako Ousseni exécute plusieurs projets à travers le pays. Ses clients se recrutent à Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Banfora et jusqu’à Accra, au Ghana.

Ce passage à l’international est sa plus grande fierté : « Voir que son travail est apprécié au point d’être sollicité hors du pays est une immense satisfaction », se réjouit-il. Qu’il s’agisse de résidences privées ou d’hôtels de standing, sa signature est reconnaissable à l’équilibre parfait des couleurs qu’il compose.

Un modèle de persévérance pour la jeunesse

Nominé à deux reprises dans la catégorie « Meilleur étudiant entrepreneur » lors de la Nuit des Étudiants, Sako est devenu une référence. Pourtant, le chemin n’a pas été sans embûches : manque de moyens initiaux, scepticisme de l’entourage et exigences parfois complexes des clients.

Sako Ousseni

Son message à ses pairs diplômés est que le diplôme n’est pas une fin, mais un outil. « À mes frères et sœurs qui attendent avec leurs diplômes, je les encourage à oser l’entrepreneuriat. On peut tomber, c’est vrai, mais le plus important est de ne pas rester à terre. »

Regarder l’avenir en couleurs

Sako Ousseni ne compte pas s’arrêter là. Son ambition, ouvrir un atelier moderne de peinture et de décoration pour transmettre son savoir et former la relève. Il veut briser le cliché selon lequel les métiers manuels sont des voies de garage.

En transformant les murs du Burkina, Sako Ousseni écrit surtout sa propre histoire : celle d’un jeune homme qui a troqué la plume de l’historien pour le pinceau de l’artisan, prouvant que la dignité se trouve au bout de l’effort et de la passion.

Wonomana DA

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