En visite dans la région du Djôrô, le Pr Moumouni Zoungrana, ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique a rencontré, le lundi 9 mars 2026, les acteurs du monde éducatif. Cette rencontre a permis au ministre d’avoir des échanges francs et directs et d’encourager les acteurs dans la mise en œuvre des réformes engagées par le département.
Dans le cadre des réformes engagées par le ministère, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre. L’immersion patriotique, expérimentée durant les mois d’août et de septembre, a bénéficié à 2 035 élèves. Par ailleurs, entre janvier et février 2026, 18 769 élèves des classes intermédiaires ont pris part à des séances d’encadrement civique et patriotique. L’une des réformes majeures du département reste l’implémentation de neuf établissements polyvalents, dans lesquels huit filières techniques sont désormais enseignées. De plus, l’initiative d’initiation aux métiers a permis de toucher 7 070 élèves dans l’ensemble des quatre provinces de la région.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, la direction régionale de l’enseignement secondaire fait face à plusieurs défis dans la mise en œuvre des réformes. Elle souligne notamment le besoin d’appui en ressources humaines, financières, matérielles et logistiques afin d’assurer le succès des différentes initiatives dans la région.
Par ailleurs, l’abandon scolaire au profit de l’orpaillage demeure l’un des principaux défis. En 2024, par exemple, 700 cas d’abandon scolaire ont été enregistrés, dont 338 dans la province du Ioba.
La région fait également face à un déficit d’environ 440 enseignants, notamment en Histoire-Géographie, Mathématiques et Éducation physique et sportive (EPS). Pour combler ce manque, les autorités régionales ont recours à des enseignants vacataires, une situation qui pèse fortement sur le budget des établissements.
Pour y faire face, le directeur régional de l’enseignement secondaire, Pawin Somé, propose plusieurs pistes de solution. Il suggère notamment la réalisation d’une cartographie actualisée des besoins réels en enseignants par établissement et par discipline, afin de renforcer le redéploiement interne conformément aux orientations du ministère. Il préconise également la rationalisation des enseignants disponibles, à travers l’optimisation des emplois du temps et la mutualisation de certains enseignants entre établissements voisins. Il recommande en outre la réduction progressive des heures de vacation, en privilégiant d’abord la mobilisation des enseignants titulaires. Enfin, le responsable régional plaide pour la mise en place d’un mécanisme régional de suivi des besoins en enseignants, afin d’anticiper les déficits et orienter efficacement les décisions de redéploiement, ainsi que pour l’affectation prioritaire de nouveaux enseignants dans les disciplines les plus déficitaires.

Le ministre salue les efforts des acteurs éducatifs
Prenant la parole à l’issue des échanges, le Pr Moumouni Zoungrana a salué la qualité des discussions et l’engagement des acteurs du secteur éducatif. « Ce fut une rencontre très riche. Nous sommes venus remercier et témoigner notre reconnaissance à tous les acteurs de l’éducation. Dans la région, les écoles sont ouvertes, le travail se déroule bien et la continuité pédagogique est une réalité », a-t-il déclaré.
Le ministre a également réaffirmé la volonté du gouvernement de mettre un accent particulier sur la formation professionnelle et technique, tout en veillant à renforcer la place des femmes dans la gouvernance du système éducatif.
Profitant de l’occasion, le ministre a annoncé que la région du Djôrô bénéficie du projet de promotion de l’éducation dénommé « Demousso Kalan Yirwa ». Ce projet vise à soutenir la scolarisation des filles, notamment à travers la distribution de kits scolaires, de vélos, ainsi qu’un accompagnement financier destiné à la restauration, aux frais de scolarité et à des cours de soutien.
Vers une complémentarité entre enseignement général et professionnel

Tout en réaffirmant l’importance de l’enseignement général, le ministre a insisté sur la nécessité d’une complémentarité entre les deux ordres d’enseignement. « Je lance un appel à tous les promoteurs du système éducatif à penser à ouvrir des établissements de formation professionnelle et technique. Les promoteurs privés sont également invités à mettre en place des classes polyvalentes. Nous voulons que nos enfants ne sortent pas de l’école seulement avec des diplômes, mais aussi avec des compétences. C’est à ce prix que nous pourrons développer notre pays », a-t-il conclu.
Cette rencontre aura donc servi de cadre de dialogue direct entre le ministre et les acteurs éducatifs de la région. Un échange jugé nécessaire pour consolider les acquis, identifier les défis et envisager des solutions durables pour un système éducatif plus performant.
Antoine BICABA











