Doctorat en linguistique : la thèse de Bagboulissan KAMBOU éclaire la diversité dialectale du birifor

Ouagadougou, 13 novembre 2025 – À l’Université Joseph KI-ZERBO, Bagboulissan Gilbert KAMBOU a franchi une étape décisive dans sa carrière académique en soutenant avec succès sa thèse de doctorat unique en linguistique. Son travail, salué par le jury qui lui a décerné la mention Très honorable, apporte une contribution scientifique majeure à la connaissance et à la valorisation du birifor, langue parlée dans la région du Djôrô.

Bagboulissan Gilbert KAMBOU intègre officiellement le cercle fermé des enseignants chercheurs  ayant conduit des travaux de recherche sur la langue birifor. Il est en effet le deuxième à soutenir sa thèse de doctorat unique sur cette langue. Bagboulissan Gilbert KAMBOU intègre officiellement le cercle restreint des enseignants-chercheurs ayant consacré des travaux scientifiques à la langue birifor. Il devient ainsi le deuxième chercheur à soutenir une thèse de doctorat unique sur cette langue parlée au Burkina Faso,  aussi Ghana et en Côte d’Ivoire.

Intitulée « Étude dialectologique et dialectométrique du birifor », la recherche répond à un besoin réel : la quasi-absence de travaux dialectologiques approfondis sur cette langue et la nécessité de mieux comprendre ses importantes variations internes, souvent sources de difficultés d’intercompréhension entre locuteurs.

Dans son résumé, l’impétrant explique avoir mobilisé une combinaison d’outils dialectologiques, dialectométriques et de tests de compétence linguistique pour analyser et hiérarchiser l’aire dialectale birifor. Les calculs dialectométriques ont permis de classer les variétés existantes en six grands groupes : Sidoumoukar, Malba/Hello, Ponalatéon/Batié, Batié blé/Goran, Talière/Bamako et Kpuéré.

Sur la base des distances linguistiques et des seuils établis, l’étude retient quatre dialectes principaux composés de sous-dialectes et parlers :

●le dialecte ŋmálbá (Sidoumoukar, Malba, Hello),

●le dialecte bàcíélbé (Ponalatéon, Batié, Batié blé, Goran),

●le dialecte tálɩ́ɛ́rbɛ́ (Talière, Bamako),

●le dialecte kpéré (Kpuéré).

Les résultats indiquent également un taux de ressemblance lexicale remarquable de 92,74 %, pour seulement 7,26 % de divergence sur un corpus de 813 mots. Les tests de compétence linguistique confirment l’existence d’une intercompréhension globale, bien que variable selon les variétés. La variété de Sidoumoukar, rattachée au dialecte ŋmálbá, se distingue comme la plus intelligible.

L’étude met par ailleurs en lumière des correspondances phonétiques rares et fréquentes, ainsi que des différences morphologiques significatives, offrant un éclairage nouveau sur la structure interne du birifor.

À l’issue de sa soutenance, Docteur Bagboulissan KAMBOU s’est dit satisfait des résultats obtenus :

« Comme tout travail scientifique, il peut y avoir des divergences d’opinions, mais l’appréciation générale a été très positive. Je rends grâce à Dieu pour cette réussite et remercie sincèrement mes frères, parents et amis pour leur soutien indéfectible », confie-t-il.

La réussite de cette thèse consolide les efforts de la recherche burkinabè pour la documentation, la sauvegarde et la valorisation des langues nationales. Elle offre surtout au birifor une nouvelle visibilité scientifique, en posant les bases d’études futures sur ses dynamiques internes et son développement.

Dalou Mathieu Da

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Sié+Elie+Kambou
Sié+Elie+Kambou
28 jours il y a

Félicitations au Dr KAMBOU pour cette brillante recherche. Bonne suite de carrière dans la recherche pour lui.

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