Le 2ᵉ Sommet des États du Sahel tenu à Bamako le 23 décembre 2025 a marqué un tournant majeur dans la dynamique de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). À l’issue des travaux, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a été désigné président en exercice de la Confédération, succédant à son homologue malien, le Général d’Armée Assimi Goïta, qui a assuré cette responsabilité durant une année.
Cette transition intervient dans un contexte régional complexe, caractérisé par des défis sécuritaires persistants, des pressions économiques multiformes et, surtout, une volonté affirmée des États membres de renforcer leur souveraineté, leur coopération stratégique et leur autonomie décisionnelle. À Gaoua, chef-lieu de la région du Poni, l’annonce de cette désignation a suscité un vif intérêt. À travers un micro-trottoir réalisé dans plusieurs quartiers de la ville, les populations ont exprimé leurs ressentis, mêlant fierté, espoir et sens aigu des responsabilités.
Une désignation saluée comme une reconnaissance nationale
Pour de nombreux citoyens rencontrés, la désignation du Capitaine Ibrahim Traoré à la tête de l’AES est avant tout perçue comme une reconnaissance du rôle croissant du Burkina Faso au sein de la Confédération. « C’est une fierté pour nous et pour la Nation. Le président Ibrahim Traoré porte un discours de souveraineté et de dignité qui parle aux peuples du Sahel », affirme Bosco Sié Somé, visiblement satisfait de ce choix.

Dans les milieux estudiantins, la nouvelle est accueillie avec le même enthousiasme. Plusieurs y voient un symbole de continuité dans la vision portée par l’AES depuis sa création. « Nous pensons qu’avec le dynamisme enclenché par l’Alliance des États du Sahel, la désignation du Capitaine Ibrahim Traoré à la tête de l’AES marque un signal fort qui montre que les chefs de l’AES avancent ensemble, avec toujours les mêmes objectifs », estime Eric Nacoulma, étudiant à Gaoua.

Entre continuité assumée et responsabilités accrues
Si la passation de charges avec le Général Assimi Goïta est globalement saluée, les populations n’en demeurent pas moins conscientes de l’ampleur des défis qui attendent le nouveau président en exercice de la Confédération. « Quand on te porte un chapeau de la sorte, c’est une invite non seulement au président, mais aussi à la population, à former un bloc pour la réussite de cette mission. Nous devons taire toutes les divergences pour relever ce défi afin qu’au terme de cette année, de nouvelles décisions fortes puissent être prises », confie René Hien.

Un avis partagé par Hien Sié Joseph, plus connu sous le sobriquet de Djo Papy. Pour lui, cette désignation consacre un leadership, mais appelle surtout à une mobilisation collective. « La désignation du Capitaine Ibrahim Traoré à la tête de la Confédération est une consécration de son leadership et de son exemplarité. Mais c’est aussi un énorme défi. Nous, le peuple, devons comprendre qu’il ne peut pas le relever sans notre soutien. C’est à nous de l’aider, parce qu’au bilan, on ne dira pas seulement Ibrahim Traoré, mais le Président du Faso », souligne-t-il.

Un leadership attendu au tournant
En accédant à la présidence de la Confédération de l’AES, le Capitaine Ibrahim Traoré hérite d’une responsabilité lourde, à la hauteur des espoirs qu’elle suscite. À Gaoua, comme dans plusieurs localités du Burkina Faso, les populations placent de grandes attentes dans cette nouvelle phase de l’organisation, notamment autour de projets structurants, au premier rang desquels figure la création de la monnaie de l’AES.
Au-delà des annonces et des symboles, les voix de Gaoua appellent à l’unisson à un accompagnement sans faille du Président en exercice pour la réussite de sa mission. Entre fierté assumée et exigence de résultats, les populations rappellent que l’AES sera jugée à l’aune de ses actions concrètes.
Car pour les peuples du Sahel, le véritable sommet à atteindre reste celui du mieux-être quotidien, fondement ultime de toute ambition souveraine.
Wonomana DA











