Combattants de l’ignorance : CEG de Gogoba, parcours marqué par l’adversité et la persévérance

Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, le Collège d’Enseignement Général (CEG) de Gogoba, situé dans la province du Ioba, fait figure d’exemple. Fermé pendant un temps pour des raisons sécuritaires, l’établissement a rouvert ses portes en 2024 avec une détermination renouvelée et un objectif clair : offrir une éducation de qualité aux enfants du village et contribuer à la construction d’un Burkina Faso résilient

 

Créé en janvier 2018 par l’arrêté N°2018-0023/MENA/SG/DGESS/DPPO, le CEG de Gogoba n’a pas été épargné par les conséquences de l’insécurité. Contraint à la fermeture lors de la rentrée 2022-2023, l’établissement a rouvert en 2024-2025 dans des conditions modestes mais avec une détermination inébranlable.
Sans bâtiment administratif, ni latrines, logé dans les locaux de l’école primaire du village, le CEG s’est appuyé sur la rigueur, la discipline et la résilience pour maintenir le cap.

Des résultats exemplaires malgré les difficultés

Les résultats académiques sont impressionnants :

■6e : 57,14 % de réussite

■5e : 100 %

■4e : 88,88 %

■3e : 100 %

Au total, le collège affiche un taux global de réussite de 70,37 %, un exploit remarquable au regard des conditions d’enseignement. Pour le chef d’établissement, ces performances traduisent la résilience des élèves et du personnel, mais aussi l’accompagnement constant des autorités éducatives provinciales.

La discipline et la rigueur comme boussole

Le succès du CEG de Gogoba repose sur un pilier essentiel : la discipline. « Nous nous sommes focalisés sur la rigueur et le respect des textes. Chaque élève était suivi avec attention, avec un contrôle strict des présences et de l’assiduité », explique le responsable du collège. L’effectif réduit a également favorisé un suivi individualisé : chaque élève avait près de neuf chances sur dix de passer au tableau, un facteur déterminant pour renforcer la participation et le niveau général.

Le chef d’établissement, très impliqué, multipliait les visites de classes pour évaluer l’évolution des apprentissages et identifier les difficultés, dans un esprit de collaboration étroite avec le corps enseignant.

Une équipe éducative engagée comme une famille

Malgré le manque de professeurs dans certaines disciplines, chaque membre du personnel a joué pleinement son rôle d’éducateur. « Chacun se considérait comme un père, un guide pour les enfants », confie le directeur. Cet esprit de solidarité a permis de transformer les contraintes en leviers de motivation.

Dans un environnement fragile, le CEG de Gogoba inculque aux élèves les valeurs cardinales de l’ordre, de la discipline et du patriotisme.
« Nous leur apprenons qu’ils sont les bâtisseurs de ce pays, qu’ils doivent être fiers de participer à son développement par le travail et le respect des règles », insiste le responsable.

Un appel à la résilience collective

Le directeur Saouyaba TIENDREBEOGO adresse un message fort aux autres établissements :« Soyons fiers de notre mission. Restons résilients et conscients que nous formons nos propres enfants, nos frères et sœurs. Ensemble, construisons un système éducatif solide, fondé sur le partage, la rigueur et la solidarité. »

Aux jeunes, il rappelle que la réussite passe par la discipline et l’effort :« C’est dans l’ordre et la rigueur que vous bâtirez votre avenir et celui de votre pays. »

Des perspectives d’avenir prometteuses

Pour l’avenir, le CEG de Gogoba entend consolider ses acquis et améliorer le cadre d’apprentissage. Les projets prioritaires concernent :

●La construction de latrines,

●D’un bâtiment administratif,

●D’une borne-fontaine pour l’accès à l’eau potable,

●Et le renforcement du personnel enseignant.

L’établissement adhère pleinement à l’initiative présidentielle pour l’éducation, qui promeut une gestion participative et inclusive via les conseils d’école.

Le CEG de Gogoba incarne aujourd’hui le courage et la foi en l’éducation. Son mot d’ordre est clair : résilience.
Malgré les défis, enseignants et élèves continuent de croire que le savoir est la meilleure arme contre l’ignorance et la peur.

Dalou  Mathieu Da

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