La région du Djôrô a enregistré un taux de réussite de 94,77 % à l’examen du Certificat d’études primaires (CEP), session 2026. Une performance saluée par le Directeur régional de l’Éducation préscolaire, primaire et non formelle (DREPPNF), Sié Palé, qui y voit le résultat des efforts conjugués des acteurs du système éducatif et des réformes engagées dans le secteur.

Comparativement à l’année précédente, où le taux de réussite était de 88,56 %, la région réalise une progression de plus de six points. Une évolution que le premier responsable régional de l’éducation de base juge encourageante. « Nous enregistrons un bond de six points par rapport à l’année passée. Il y a donc de quoi être satisfait », a-t-il indiqué.
Des actions préparatoires déterminantes
Pour expliquer cette performance, Sié Palé met en avant les nombreuses initiatives déployées dès le début de l’année scolaire 2025-2026. Des campagnes de sensibilisation ont notamment été menées auprès des enseignants, des élèves et des communautés afin de renforcer leur engagement autour de la réussite scolaire.
Selon lui, l’implication du personnel enseignant a constitué l’un des principaux leviers de cette réussite. Les enseignants se sont fortement investis dans l’accompagnement pédagogique des élèves tout au long de l’année, contribuant ainsi à améliorer les apprentissages et les performances scolaires.

Une réforme de l’encadrement pédagogique porteuse de résultats
Parmi les innovations ayant marqué l’année scolaire figure la nouvelle organisation de l’encadrement pédagogique mise en œuvre par le ministère en charge de l’Éducation. Celle-ci repose sur la structuration des Circonscriptions d’éducation de base (CEB) en zones et unités d’encadrement pédagogique.
Cette approche a permis un suivi plus rapproché des enseignants et des élèves grâce à une plus grande proximité entre les encadreurs pédagogiques et les établissements scolaires. « Cette proximité a facilité les visites d’encadrement et le suivi pédagogique sur le terrain », a expliqué le directeur régional.
À cela s’ajoutent les initiatives locales développées par les enseignants eux-mêmes. Malgré la disparition officielle des groupes d’animation pédagogique, plusieurs équipes éducatives ont maintenu des cadres d’échanges et de partage d’expériences. Ces rencontres ont favorisé l’amélioration des pratiques professionnelles à travers des présentations de leçons et des réflexions collectives sur les méthodes d’enseignement.
Examens blancs et contrôle de présence
Les examens blancs organisés à différents niveaux ont également contribué à préparer efficacement les candidats. Des évaluations ont été conduites dans les écoles, les CEB ainsi qu’au niveau provincial afin de familiariser les élèves avec les conditions réelles de l’examen.
Le DREPPNF souligne par ailleurs l’impact positif du contrôle de présence instauré par les autorités éducatives. Cette mesure a permis de réduire sensiblement les absences et les heures de cours perdues, assurant ainsi une meilleure continuité des apprentissages.
Il a également relevé les effets positifs des réformes relatives à la gestion des carrières des agents publics, notamment les mesures de reclassement et d’ajustement de certaines indemnités. Selon lui, ces dispositions ont contribué à renforcer la motivation du personnel éducatif.
Des performances contrastées selon les CEB
Si plusieurs CEB ont enregistré des résultats remarquables en battant leurs propres records, à l’image de Gaoua et Bousséra, d’autres ont affiché un repli. C’est notamment le cas de la CEB de Boussoukoula, dont le taux de réussite est passé de 98 % en 2025 à 80 % en 2026.
Selon Sié Palé, cette baisse a eu un impact sur le taux global régional, même si la performance d’ensemble demeure largement satisfaisante.
L’orpaillage et l’insécurité, des défis persistants
Malgré ces résultats encourageants, la région reste confrontée à plusieurs défis. Le premier concerne les déperditions scolaires liées à l’orpaillage. « Comme la région regorge d’importants sites aurifères, beaucoup d’enfants abandonnent l’école au profit de l’orpaillage », a regretté le directeur régional.

Au cours de l’année scolaire 2025-2026, le taux de déperdition scolaire a atteint 8 % dans la région.
L’insécurité constitue également une préoccupation dans certaines localités. La CEB de Djigoué, par exemple, n’a présenté que 71 candidats au CEP cette année, illustrant les difficultés auxquelles sont confrontées certaines zones.
Des progrès enregistrés dans l’accès à l’éducation
Sur le plan de l’accès à l’éducation, le bilan est jugé globalement satisfaisant. En plus des structures préscolaires déjà existantes, 48 nouveaux Centres d’éveil et d’éducation préscolaire (CEEP) ont été ouverts au cours de l’année scolaire 2025-2026, renforçant ainsi l’offre éducative destinée à la petite enfance.
Des avancées significatives ont également été enregistrées dans le domaine de l’éducation non formelle. Le nombre de candidats à l’évaluation certificative est passé de 730 en 2025 à 1 260 en 2026. Dans le même temps, le taux de réussite a progressé de 56 % à 81 %.
Le bilinguisme appelé à se généraliser
L’année scolaire écoulée a également été marquée par l’expérimentation de l’enseignement bilingue dans plusieurs écoles du pays. Dans la région du Djôrô, cette innovation a concerné 55 établissements répartis dans les 28 circonscriptions d’éducation de base, avec l’utilisation des langues Dagara et Lobiri.
Pour Sié Palé, malgré les défis rencontrés, les premiers résultats sont encourageants et ouvrent la voie à une généralisation progressive du dispositif. « Nous sommes déjà à pied d’œuvre afin que toutes les écoles disposant de classes de CP1 sur l’ensemble du territoire régional puissent mettre en œuvre l’éducation bilingue dès la prochaine rentrée scolaire », a-t-il annoncé.

Maintenir la dynamique
Au regard des mutations en cours dans le système éducatif burkinabè, le Directeur régional entend poursuivre les efforts engagés. Les priorités portent notamment sur la mise en œuvre des réformes inscrites dans les onze chantiers majeurs de l’éducation, l’amélioration des infrastructures scolaires et le renforcement des actions d’alphabétisation.
L’objectif est également d’accroître le nombre de candidats aux programmes d’éducation non formelle et de maintenir les excellentes performances enregistrées cette année.
À l’issue de la proclamation des résultats, Sié Palé a adressé ses félicitations aux élèves admis, aux enseignants, aux directeurs d’écoles ainsi qu’à l’ensemble des acteurs de la communauté éducative. Il a également exprimé sa reconnaissance aux parents d’élèves, aux autorités administratives, coutumières et aux partenaires de l’éducation pour leur accompagnement constant. « Je suis convaincu que sans leur accompagnement, nous ne pourrions pas conduire à bon port le système éducatif dans la région du Djôrô », a-t-il conclu.
Wonomana DA







