La saison agropastorale 2025 bat son plein au Burkina Faso. Dans la région du Djôrô (ex-Sud-Ouest), la campagne agricole se déroule dans de bonnes conditions, selon Aboudou Barro, directeur régional en charge de l’Agriculture, de l’Élevage et des Ressources halieutiques. Lors d’un entretien accordé à Bafujiinfos le 24 septembre 2025, il est revenu sur les objectifs de production fixés pour la saison, les appuis fournis par l’État ainsi que les défis rencontrés sur le terrain.

La répartition des pluies dans la région demeure inégale. Sur les 13 postes pluviométriques que compte le Djôrô, les cumuls enregistrés varient de 592,8 mm en 38 jours à Midebdo à 837,5 mm en 39 jours à Loropéni.« Sur les 13 postes, cinq affichent un déficit pluviométrique, le plus important étant observé à Dano avec -249,5 mm », précise le directeur régional.
Malgré ces disparités, les perspectives agricoles restent globalement positives, à en croire M. Barro.
Pour cette campagne 2025, la région vise une production de 441 307 tonnes de céréales, 81 094,10 tonnes de cultures de rente et 79 542 tonnes de cultures vivrières (niébé, igname, patate douce, etc.).
Afin d’atteindre ces objectifs, l’État burkinabè a mis à disposition des producteurs du Djôrô des intrants agricoles en quantité suffisante :
●883,87 tonnes de semences toutes spéculations confondues,
●4 592 tonnes de fertilisants (urée, NPK, fumure organique),
●90 596 boutures de manioc,
●5 000 plants de manguiers.
« Ces dotations sont largement supérieures à celles de la campagne précédente », souligne le directeur régional.
Mécanisation et aménagements agricoles en progression
Pour soutenir les producteurs, 29 tracteurs ont été mobilisés et répartis dans les 28 communes de la région. Grâce à cette mécanisation, 3 356 hectares ont été labourés, dont 1 195 hectares à un tarif subventionné de 10 000 F CFA l’hectare.
Sur les 7 614 hectares de bas-fonds aménagés, 6 968 hectares sont actuellement exploités. Une poche de sécheresse d’un mois a été observée dans certaines localités, occasionnant quelques dommages, mais favorisant aussi le nettoyage des bas-fonds.
Le directeur régional recommande aux producteurs de diversifier leurs cultures et d’échelonner les semis afin de réduire les risques liés aux variations climatiques.
Un appui renforcé au secteur de l’élevage
Le sous-secteur de l’élevage a également bénéficié d’un appui conséquent :
●52,8 tonnes de semences fourragères,
●385 tonnes d’aliments pour bétail.
La vaccination du bétail se poursuit à prix subventionné, et divers produits vétérinaires sont mis à la disposition des éleveurs.
« Le secteur de l’élevage se porte bien dans le Djôrô. Nous disposons d’aires de pâturage et d’un fourrage abondant. Nous encourageons les éleveurs à faucher et à conserver le fourrage, et à rendre leurs animaux disponibles lors des campagnes vaccinales », conseille M. Barro.
Alors que les conflits entre agriculteurs et éleveurs demeurent récurrents dans certaines régions, le directeur régional plaide pour une meilleure intégration des deux sous-secteurs : « Celui qui se contente uniquement de la production végétale n’a pas encore amorcé le chemin du développement. L’intégration de l’agriculture et de l’élevage est une voie durable pour réduire les tensions.
Un potentiel agricole à valoriser
Bien que dotée de ressources minières importantes, la région du Djôrô peut devenir un pôle de croissance agricole contribuant à l’autosuffisance alimentaire nationale.
Le directeur régional invite les populations à s’investir davantage dans la production afin de tirer profit des efforts déployés par le gouvernement.
Il appelle également les bénéficiaires d’intrants à honorer leurs engagements : « La SONAGES met en place une approche permettant aux producteurs de vendre leurs surplus à des prix compétitifs. »
Antoine BICABA & Wonomana DA











