Depuis le 05 février, le Centre universitaire de Gaoua porte officiellement le nom de Sié Faustin Sib, devenant ainsi l’Université Sié Faustin Sib, en hommage à l’illustre scientifique et enseignant burkinabè. À travers cette dénomination, les autorités académiques consacrent la mémoire d’un homme dont le parcours a profondément marqué l’enseignement supérieur et la recherche scientifique au Burkina Faso. À cette occasion, Bafujiinfos vous propose le portrait de celui qui fut un véritable baobab de la science.
Né le 8 novembre 1939 à Kampti, dans la province du Poni (région du Sud-Ouest), le professeur Sié Faustin Sib appartient à cette génération de pionniers qui ont posé les fondations de l’université moderne au Burkina Faso. Très tôt, son parcours scolaire le distingue. Après des études primaires à Kampti, il poursuit son cursus secondaire à Bobo-Dioulasso puis à Ouagadougou, où il obtient le BEPC puis le baccalauréat scientifique.
En 1961, il s’envole pour la France afin de poursuivre des études universitaires en sciences physiques. Il obtient une licence à l’Université de Toulouse, puis un DEA en chimie organique en 1969, avant de soutenir, en 1974, un doctorat d’État en sciences physiques à l’Université Paris VI. Une formation scientifique de haut niveau qui façonnera durablement son approche de l’enseignement et de la recherche.
De retour au pays, le Pr Sié Faustin Sib s’engage résolument dans la construction de l’enseignement supérieur national. En 1975, il rejoint l’Université de Ouagadougou, où il enseigne la chimie organique. Il gravit progressivement les échelons académiques : maître de conférences en 1977, puis professeur titulaire en 1986. Dans les amphithéâtres comme dans les laboratoires, il se distingue par sa rigueur intellectuelle, son exigence scientifique et son sens aigu de la transmission du savoir.
Scientifique reconnu, il contribue également à la structuration institutionnelle de la recherche. Il est notamment fondateur de l’Institut de mathématiques et de sciences physiques (IMP), qui jouera un rôle central dans la formation des cadres scientifiques au Burkina Faso. À l’échelle régionale, il participe à la dynamique scientifique ouest-africaine en cofondant, en 1994, la Société ouest-africaine de chimie (SOACHIM), dont il sera le premier secrétaire permanent.
Au-delà de l’université, le Pr Sib met aussi son expertise au service de l’État. De 1980 à 1982, il occupe le poste de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, contribuant à l’organisation et à la consolidation du système universitaire burkinabè. Une responsabilité exercée avec la même sobriété et le même sens du devoir qui ont marqué toute sa carrière.
Pour ses étudiants et collègues, Sié Faustin Sib demeure un maître exigeant mais profondément humain, attaché à l’éthique scientifique, à la discipline intellectuelle et à la formation de l’esprit critique. Plusieurs générations de chercheurs, d’enseignants et de cadres scientifiques se réclament de son enseignement et de son influence.
Le professeur Sié Faustin Sib s’est éteint le 6 septembre 2019 à Ouagadougou, à l’âge de 80 ans. Sa disparition a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire nationale et internationale.
En baptisant l’Université de Gaoua du nom de Sié Faustin Sib, le Burkina Faso immortalise l’héritage d’un baobab de la science, dont la vie et l’œuvre continuent d’inspirer la jeunesse estudiantine et de rappeler que l’excellence académique reste l’un des piliers du développement.
Dalou Mathieu Da










