Bac 2026 au Djôrô : deux amis, une même ambition, un même succès

Colocataires, camarades de classe et animés par les mêmes centres d’intérêt, ils ont construit au fil des années une complicité nourrie par les études, les débats sur l’actualité et leur passion commune pour le football. Aujourd’hui, ils partagent aussi les deux premières places de la série C dans la région du Djôrô, au baccalauréat session de 2026. Au Lycée Scientifique Régional de Gaoua, l’histoire de Hien Sié Fildan Geoffroy et de Dakuyo Othniel ressemble à une démonstration grandeur nature d’un proverbe bien connu : « Ceux qui s’assemblent se ressemblent. » 

Admis avec respectivement 15,15/20 et 15,04/20, les deux jeunes bacheliers ont décroché la mention Bien et se positionnent parmi les meilleurs élèves de la région. Une performance remarquable qui porte l’empreinte du travail, de la persévérance, mais surtout d’une amitié construite autour de l’entraide et de la confiance mutuelle.

Contrairement à l’image d’une compétition acharnée souvent associée aux filières scientifiques, Geoffroy et Othniel ont choisi la coopération plutôt que la rivalité. Colocataires, ils ont transformé leur cadre de vie en un véritable laboratoire de réussite.

Selon Geoffroy, cette proximité a joué un rôle déterminant dans leur parcours scolaire. « Lorsqu’il y avait des incompréhensions en classe, nous arrivions ensemble à les résoudre. Nous avancions main dans la main », explique-t-il.

Geoffroy

Quant à Othniel, il souligne que chacun devenait tour à tour le soutien de l’autre. « Quand l’un ne comprenait pas un chapitre, l’autre pouvait l’expliquer. Nous faisions souvent les exercices ensemble avant d’avancer », confie-t-il.

Une dynamique qui rappelle cet autre adage : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Dans leur cas, cette solidarité les a conduits jusqu’au sommet du classement régional.

Des objectifs élevés, mais une gratitude intacte

Malgré leurs excellents résultats, les deux lauréats reconnaissent que leur objectif initial était encore plus ambitieux. Tous deux visaient la mention Très Bien.

Pour Geoffroy, le rêve n’a été qu’effleuré. « Je m’étais fixé pour objectif d’obtenir la mention Très Bien. Je m’étais donné les moyens pour y parvenir, mais je reste reconnaissant envers Dieu pour ce résultat », affirme-t-il.

Même sentiment chez Othniel. « L’objectif n’est pas totalement atteint, mais nous rendons grâce à Dieu parce que ce que nous avons obtenu reste une belle performance », déclare-t-il.

Othniel. Bachelier 2026 série C avec 15,04.

Les deux élèves évoquent notamment certaines difficultés rencontrées lors des épreuves de mathématiques et de sciences physiques, disciplines dans lesquelles ils espéraient des notes plus élevées.

Le secret : travail, discipline et persévérance

À la question du secret de leur réussite, leurs réponses convergent naturellement. Selon Geoffroy, la persévérance demeure une qualité essentielle. « On peut connaître des échecs ou des moments de découragement, mais il faut toujours garder son objectif en tête », conseille-t-il.

Othniel insiste pour sa part sur la régularité dans l’effort. « En série C, il faut travailler constamment et ne jamais se laisser décourager par une mauvaise note », soutient-il. À l’endroit de la génération future, les deux bacheliers conseillent de ne pas laisser les cours s’accumuler mais de les lire au fur et à mesure ; de suivre les cours de vacances si possible.

Leur parcours confirme une vérité souvent répétée mais rarement aussi bien illustrée : la réussite n’est pas un éclair de génie, mais l’aboutissement de milliers de petites victoires quotidiennes.

Une rivalité absente, une admiration réciproque

Premier régional avec 15,15 de moyenne, Geoffroy devance légèrement son ami Othniel. Pourtant, entre les deux jeunes hommes, aucune trace de jalousie.

« Nous avons travaillé ensemble et nous avons réussi ensemble », résume simplement Othniel.

Cette attitude traduit une maturité remarquable. Là où certains auraient vu un adversaire, ils ont choisi de voir un partenaire de progression. Leur histoire donne tout son sens à cette maxime : « Le fer aiguise le fer ; un homme aiguise le visage de son prochain. »

Des ambitions tournées vers l’avenir

Après le baccalauréat, chacun nourrit des rêves à la hauteur de ses efforts. Geoffroy ambitionne d’intégrer le domaine de l’aéronautique et de l’espace, avec un intérêt particulier pour les technologies liées au contrôle spatial. À défaut, il envisage de poursuivre des études en informatique. Othniel, lui, souhaite s’orienter vers l’ingénierie, un domaine qui le passionne depuis plusieurs années.

Hommage aux parents et aux enseignants

Les deux nouveaux bacheliers n’oublient pas ceux qui les ont accompagnés tout au long de leur parcours.

Parents, enseignants et camarades occupent une place importante dans leur réussite. Soutien moral, accompagnement pédagogique, encouragements dans les moments difficiles : chacun a contribué à sa manière à l’édifice.

Geoffroy adresse une pensée particulière à ses enseignants qui, selon lui, « se battent jour et nuit pour former des élèves performants ». Othniel, quant à lui, exprime une profonde gratitude envers ses parents pour les sacrifices consentis durant toute sa scolarité.

Une leçon pour toute une génération

Au-delà des moyennes obtenues, Geoffroy et Othniel offrent une précieuse leçon aux jeunes élèves. Leur réussite démontre qu’il est possible d’exceller sans écraser les autres, de progresser sans cultiver la rivalité et de réussir sans avancer seul.

Dans une époque où la compétition est souvent présentée comme le seul chemin vers l’excellence, les deux premiers de la série C au Djôrô rappellent une vérité simple : l’amitié peut aussi être un moteur de performance.

Au-delà des équations, une passion commune pour le football et l’actualité

Lorsque les cahiers se referment et que les calculatrices se taisent, les deux amis continuent pourtant d’alimenter leurs échanges. Dans leur chambre de colocataires, les discussions ne tournent pas uniquement autour des théorèmes, des fonctions ou des lois de la physique. Geoffroy et Othniel partagent également une passion pour l’actualité nationale et internationale.

Selon Geoffroy, leurs débats portent fréquemment sur les grands enjeux géopolitiques du moment, notamment les conflits internationaux et les questions politiques qui façonnent le monde. « Cela nous cultive et nous informe », explique-t-il. Une curiosité intellectuelle qui dépasse largement le cadre scolaire et contribue à forger leur esprit critique.

Mais il existe un autre terrain où les deux brillants bacheliers se retrouvent sans la moindre divergence : le football. Supporters assumés du Real Madrid, ils suivent avec attention les performances de la Maison Blanche et n’hésitent pas à prolonger leurs soirées par des discussions passionnées sur les matchs, les tactiques ou les joueurs du moment.

Ces moments de détente ont aussi participé à leur équilibre. Car derrière les moyennes de 15,15 et 15,04 se cachent deux jeunes qui ont compris qu’une réussite durable ne se construit pas uniquement dans les livres, mais aussi dans l’ouverture au monde, le partage d’idées et les passions communes. Comme quoi, entre une équation différentielle et un débat sur le Real Madrid, il est parfois possible de bâtir une amitié solide et un brillant avenir.

Et si leur histoire devait se résumer en une phrase, ce serait sans doute celle-ci : deux amis, une même vision, un même combat et, au bout du chemin, une même victoire.

Somé Sansan ✍️

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