La quatrième édition de la Nuit du balafon s’est tenue dans la soirée du vendredi 29 mai 2026 à Gaoua. Placée sous le thème « Construction d’une communauté de paix dans la diversité socioculturelle : rôle et place du balafon », cette initiative de l’Association pour le développement de la culture dans le Sud-Ouest a réuni artistes, autorités et amoureux de la culture autour d’un même objectif, celui de préserver et transmettre l’héritage culturel du terroir aux jeunes générations.

Au son envoûtant des balafons du rameau Lobi, la quatrième édition de la Nuit du balafon a tenu toutes ses promesses. Pendant plusieurs heures, les spectateurs ont suivi avec grand intérêt des prestations des troupes de Ossoro, de Holly et de Sierta de Batié, qui ont fait revivre les sonorités traditionnelles ayant jadis animé les communautés de la région du Djôrô.
La soirée a également été marquée par la prestation de Nani Palé Junior, figure reconnue du balafon, venu apporter sa touche artistique à cet événement culturel. À travers son talent, il a rappelé toute la richesse et la profondeur de cet instrument emblématique de l’identité culturelle locale.

Pour le président de l’Association pour le développement de la culture dans le Sud-Ouest, cette édition a porté deux messages majeurs à l’endroit de la jeunesse. « Le premier message est de dire aux jeunes qu’ils ne doivent pas avoir honte de jouer à ces instruments qui sont les nôtres. Le second est de démystifier l’apprentissage du balafon. J’invite les jeunes à apprendre à jouer cet instrument ancestral afin d’en assurer la pérennité », a déclaré Sié Dolokité Hien.

Dans cette dynamique de valorisation, les organisateurs ont innové en élargissant leur champ de recherche de balafonistes. Des artistes venus de différentes localités de la région du Djôrô ainsi que de la Côte d’Ivoire ont ainsi pris part à la manifestation. « À travers cette innovation, nous voulons montrer que le balafon dépasse les frontières d’une région et constitue un patrimoine partagé par plusieurs communautés », a expliqué le président de l’association.

Le président de la cérémonie, Siaka Ouattara, président de la délégation spéciale du Djôrô, a rappelé le rôle social et éducatif du balafon dans les communautés du rameau Lobi. « Nous félicitons les organisateurs pour cette belle initiative qui permet de magnifier le balafon dans notre cité. Le balafon est non seulement un instrument musical, mais aussi un symbole culturel qui fait partie de l’identité de cette région. Ce cadre favorise également la transmission des valeurs aux plus jeunes », a-t-il souligné.

Il a par ailleurs invité la jeunesse à s’intéresser davantage à la culture, estimant que la relève doit être préparée dès maintenant afin de garantir la continuité des traditions.
Le parrain de la cérémonie, Valère Dah, a quant à lui insisté sur la nécessité de concilier modernité et enracinement culturel. « Nous sommes la génération qui doit transmettre ce message aux plus jeunes afin qu’ils comprennent que nous devons toujours nous référer à nos racines pour avancer », a-t-il affirmé, justifiant ainsi son engagement en faveur de la promotion du balafon.

Ouverte à toutes les communautés du Burkina Faso pratiquant le balafon, la Nuit du balafon s’impose progressivement comme un véritable carrefour culturel. Au-delà du spectacle, elle constitue un espace de découverte de talents, de partage d’expériences et de transmission des savoirs traditionnels à la nouvelle génération.

À travers cette initiative, les promoteurs entendent faire du balafon non seulement un instrument de musique, mais également un puissant vecteur de cohésion sociale, de dialogue interculturel et de préservation du patrimoine culturel burkinabè.
Antoine BICABA











