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Les Echos du Sud-Ouest

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Lutte contre le covid19 à Gaoua : Une journée avec les orpailleurs du Site d’or de Djikando


Les marchés et yaars des sites d’orpaillages au sud-ouest et particulièrement dans la commune de Gaoua sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Au site d’or de Djikando dans les encablures de la commune, les mesures barrières sont foulées au pieds par les orpailleurs. Une équipe de Bafujiinfos a passé une partie de sa journée du 03 Avril 2020 avec les orpailleurs.

L’ambiance au site d’or de Djikando est morose. Les activités sont aux ralentis, certains orpailleurs affirment même avoir suspendu toutes les activités. La raison, situation sanitaire oblige.

Pour contrer la propagation de la pandémie, les autorités communales ont pris des mesures drastiques le 28 Mars dernier. Parmi lesquelles la fermeture des marchés, des yaars dans les sites d’or, servir les plats à emporter pour les restaurants et débits de boissons, et le respect de la distanciation entre individu.

Mesures diversement appréciées

Abdoulaye SANA vendeur de portable fait obligation à tous les usagers de son service : « J’ai déposé du savon et du lave main pour les clients. Je sensibilise tous les clients qui sont incrédules à prendre la maladie au sérieux et à porter des caches nez pour qu’ensemble on lutte contre la propagation de la maladie   »

A côté de lui, Moussa KONATE juge salutaire les mesures prises par le gouvernement. Toutefois il émet des inquiétudes « la fermeture des marchés, yaars et l’instauration du couvre-feu peuvent ouvrir la porte à d’autres maux. »

Des gens hostiles aux mesures

Si pour certains ces mesures sont pour l’intérêt de tous d’autres n’ont pas la même perception et ils n’hésitent pas à les fouler au pied, malgré les campagnes de sensibilisation initiées par les premiers responsables du site.

 Dans la majeure partie des restaurants que nous avons visités aucune mesure barrière n’est respectée. Les clients, vendeuses ont toujours les anciennes habitudes.  Pire les vendeuses qui veulent se conformer aux mesures prises par les autorités sont vite décriés par les clients.

« Au départ nous respections les mesures édictées par le gouvernement en servant uniquement les boissons à emporter mais il y a certains lorsqu’ils viennent et vous leur donnez les nouvelles mesures ils forcent rentrer et dressent eux même leur table. A l’entrée du maquis nous avions déposé de l’eau et du savon pour le lavage des mains mais certains se permettent de verser cette eau par terre soit disant que y’a des maladies qui tuent plus que le corona virus […] » déclare mademoiselle Awa gérante de débit de boisson.

Autre lieu même constat. Nous sommes sous le Hangar de restauration de Charlotte. Là elle maîtrise par cœur les mesures d’hygiène : « avec la maladie là on nous a dit de nettoyer proprement le lieu de notre commerce. Avoir de l’eau et du savon pour le lavage des mains, servir les plats à emporter… » . Malheureusement cette connaissance des mesures n’est que théorique. La réalité est tout autre. En effet pendant le peu de temps que nous avions passé aux côtés de cette vendeuse prouvent que la bataille contre le covid-19 au site d’or ne se gagnera pas à un clin d’œil. Les clients venus pour se restaurer étonnent par leur propos sur la question du respect de la norme de distanciation. Boubacar SAWADOGO est l’un d’eux : « Nous sommes bien au courant de l’interdiction de manger sur place au restaurant mais nous cinq que vous voyez on se connait, on travaille chaque fois ensemble c’est pourquoi on n’a pas trouvé de problème de manger ensemble. Si parmi nous il y’avait un étranger on ne le ferait pas ».

La plaie est plus profonde chez monsieur Diallo boucher. La main qui sert les clients, c’est cette main qui les encaisse. Bref les gestes barrières sont à peine respectées au site d’or de Djikando.

Face à ce refus de respecter les gestes barrières, le responsable du site d’or de Djikando Albert OUSSE entend accompagner les travailleurs du site avec du gel hydro alcoolique et d’autres matériels dont la commande n’est pas encore disponible.

Le Covid-19 est une réalité au Burkina. Du 09 mars au 04 Avril plus de 300 personnes ont été contaminées dont un cas à Dano.

Sié Michael DAH



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