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Les Echos du Sud-Ouest

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La tontine ou pari : Des Gaoualais se réalisent grâce à ce système d’épargne


A Gaoua, la tontine communément appelé pari est une pratique qui prend de l’ampleur. De nombreuses personnes y adhèrent afin de financer leur projet.

La tontine ou pari, système d’épargne est beaucoup pratiquée par des employés du système informel et parfois des fonctionnaires.

Issouf OUEDRAOGO coiffeur dans la cité de bafuji est dans ce système il y’a 20 ans. Pour lui ce système permet permet de faire des économies «  Lorsqu’on ne peut pas économiser par jour il faut faire la tontine, pour espérer être comme un fonctionnaire afin d’avoir quelque chose à la fin du mois. Cela pourra te permettre d’acheter une, deux ou même trois tonnes de ciments pour réaliser ses projets ».

La tontine est faite en tenant compte du pouvoir d’achat. « Les mises pour la tontine varient en fonction de la capacité financière des adhérents. Il y’a des tontines de 250 franc par jour, 1000 francs, 5000 milles frans et plus. Il y’a des tontines pour plats, vêtements, divan etc. » nous confie madame KAMBOU vendeuse de condiments.

Si ce système d’épargne permet aux adhérents d’économiser afin de pouvoir se réaliser, mais  il n’est pas rare de rencontrer des situations de déceptions.

« Moi personnellement je n’ai pas encore rencontré des cas malheureux dans la tontine mais j’ai vu des femmes qui ont cotisé  et au moment venu pour récupérer leur mise la tontinière leur a fait savoir qu’elle a déposé l’argent et ça s’est transformé en papier. D’autres  femmes ont dit que les tontinières ont eu à fuir avec leur cotisation. C’est un système plus proche et accessible mais risqué. » a laissé entendre M. OUATTARA promoteur de kiosque.

La tontine, préférée des populations ?

Et pourtant à Gaoua comme dans la plupart des villes du Burkina on rencontre des structures d’épargne formelles qui seraient plus sécurisées. A en croire Awa  Karambiri responsable d’une structure de la place « nous faisons la tontine dans notre structure basée à Gaoua et représentée dans certaines villes de la région. Nous avons recruté des agents qui sillonnent les marchés et autres lieux pour collecter le fond des membres. Le fond collecté est ensuite versé au siège. Il faut dire que la tontine aide beaucoup dans la scolarisation de leurs enfants et de répondre  en cas  de maladie. Nous avons aussi un système qui permet aux membres qui remplissent certaines conditions d’avoir accès à des micros crédit pour lancer leurs activités et ça aide vraiment les gens. »

En dépit de l’existence des structures formelles, et des institutions financières, les adhérents aux tontines préfèrent l’informel et cela pour diverses raisons. « Moi personnellement, je vois que c’est mal vu d’aller s’aligner à la banque avec 500 ou 1000f pour faire un dépôt. Aussi les intérêts que ces banques demandent souvent ne permettent pas à tout le monde de travailler avec elles.» explique Marièta. Et à Madame TRAORE d’ajouter. « Pour les tontines ce sont les tontinières qui se déplacent et viennent vers nous, donc au lieu de se fatiguer aller à la banque on préfère à côté. Il y’a des moments aussi si tu cotise et entre temps tu as des difficultés tu peux t’attendre avec la tontinière et récupérer ce que tu as cotisé mais à la banque ce n’est pas sure que cela est possible. »

La tontine ou pari est un système qui consiste à verser régulièrement un fond que chaque donateur utilise à tour de rôle.

En rappel, la tontine a été inventée par un banquier italien Lorenzo TONTIN en 1653 afin de trouver des fonds pour renforcer les caisses de la France sous le roi Louis XIV.

SIE MICHAEL DAH



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